Pour
ce n°, c’est Stephane de la liste de distribution PUNK
AS FUCK qui occupe les pages. L’interview aurait pu être
plus longue, mais Stéphane est pas mal pris en ce moment,
et n’est pas toujours sur la région. Sa liste est quant
à elle toujours aussi intéressante et disponible contre
1 timbre à 3F 50.
1/
Présente-nous tes activités :
He bien je m’occupe de la liste de distribution Punk
As Fuck, sur laquelle on peut trouver des vynils 45T,
33T, des CD, des K7, des T-shirts et des fanzines, voire
quelques badges, patches, dossards ou vidéos de temps
à autres. Je m’occupe également du label Riot Tapes,
principalement axé sur la réédition de vieilles démos,
live ou raretés difficiles à trouver.
2/
Qu’est-ce qui t’as poussé à faire une liste de distro
?
En fait, à l’époque, j’étais en contact avec pas mal
de monde et j’arrivais à choper de très bonnes productions
malheureusement quasi inconnues en France et donc non
distribuées. J’ai eu l’opportunité de le faire alors
j’ai foncé et commencé à prendre les productions en
plusieurs exemplaires pour mettre en place la liste
et diffuser ces groupes et d’autres. Ensuite, j’ai eu
aussi d’autre opportunités qui ont fait que la liste
est devenue ce qu’elle est aujourd’hui.
3/
As-tu déjà eu envie de diversifier tes activités vers
un label, ou vers un fanzine ?
Ce n’était pas vraiment une envie de diversifier mes
activités mais celle de monter un label, oui. Le problème,
c’est l’argent, qui bloque beaucoup de choses comme
c’est le cas trop souvent, ce qui fait que cela n’a
pas abouti. Pour le fanzine, cela ne m’a jamais branché
car je ne me sens pas du tout rédacteur dans l’âme et
je pense aussi que c’est vraiment beaucoup de temps
à consacrer à ce genre d’activités, et puis tout n’est
pas possible non plus.
4/
Quels sont les disques que l’on t’a demandé le plus
dernièrement ?
Ce n’est pas facile à exprimer car il y a quand même
pas mal de références différentes dans la liste, quelque
chose comme un millier, les gens ont donc le choix et
commandent rarement les mêmes productions. Mais dernièrement
ce doit être les nouveaux EP et LP d’OI POLLOI vendus
à environ 30 exemplaires depuis leur sortie. Sinon je
peux quand même t’indiquer la meilleure vente depuis
le début de Punk As Fuck qui est l’album de Defiance
"No future no hope" vendu à plus de 150 exemplaires
depuis sa sortie en 1996.
5/
Combien de commandes reçois-tu par mois en moyenne ?
En ce moment et depuis quelque temps déjà, je dois dire
que la distro tourne au ralenti, car je ne fais pas
de promo, n’envoie pas de listes systématiquement sauf
sur demande accompagnée de timbres, pour couvrir les
frais de port, ce qui fait donc que je dois gérer environ
une trentaine de commandes par mois, cela m’occupe déjà
beaucoup mais je compte bien essayer de mettre la liste
sur Internet et l’envoyer à toutes les personnes qui
ont pris contact depuis le début au moins une fois et
puis on verra par la suite.
6/
Comment se répartissent les ventes entre 45T, 33T et
CD ? As-tu noté
une baisse de la demande de vynil ces dernières années
?
Houlala, je ne pourrais pas te répondre concrètement
car je n’y fais pas réellement attention et ça dépend
de beaucoup de choses aussi. Certaines personnes préfèrent
largement le vynil, d’autre seulement les EP car ce
n’est pas une grosse somme d’argent, ou alors que des
CD car ne possédant pas de platine vynil. Enfin, ce
qu’il y a de sûr, c’est que je brasse plus de CD que
de vynils. D’abord parce que certains disques ne sortent
que sur support CD, et parce que je diffuse certains
CD qui sont justement des rééditions de vynils épuisés
et introuvables.
7/
Que penses-tu des prix collectors ?
Le prix "collector" a apparemment toujours existé et
dans tous les styles de musique. C’est un peu dommage
d’avoir à en parler pour le punk-rock, une musique dite
contestataire, mais il y a des collectionneurs aussi,
je n’en suis pas un, mais je pense qu’il y a des disques
à avoir. Il y a eu de bonnes rééditions très bien faites
à des prix très corrects, alors après le type de support
ou l’année de parution peuvent paraître facultatifs.
8/
D’où proviennent les bandes des rééditions K7 et des
lives de la vieille époque que tu ressors sur Riot Tapes
?
Ces bandes-là proviennent de certains vieux de la vieille,
dont une personne en particulier qui se reconnaîtra
au passage, et qui ont ça dans leurs fonds de tiroirs,
je récupère donc ça à droite à gauche.
9/
Ton opinion sur les grands festivals anglais type Holidays
In The Sun qui déterrent les fantômes du punk ?
J’ai eu l’occasion de faire plusieurs Holidays In The
Sun. C’est un festival qui porte bien son nom car l’endroit
et le cadre s’y prêtent très bien et c’est vraiment
un bon moment à passer. Voir en live les groupes jouant
les hymnes qui nous trottent dans la tête depuis des
années, c’est bien puissant. Certes, on peut aussi être
déçu du résultat par rapport aux enregistrements connus,
et puis je ne sais pas si c’est à cause de la proximité
de la mer, mais en tout cas l’addition est souvent très
salée pour ce genre de festival.
10/
Est-tu nostalgique de l’époque 82 en UK ? De l’époque
Chaos en France ?
La nostalgie, je m’en tape un peu. Par contre, pour
l’époque ça a beaucoup bougé, c’est sûr, c’était aussi
le début du DIY, beaucoup de groupes, de labels, de
public, de bonnes musiques, de bonne dégaine, de bons
bordels, de punk quoi. L’époque Chaos en France a été
la répercussion de tout ça dans nos contrées. Ça n’a
pu être que fameux.
11/
Qu’est-ce qui t’a fait devenir punk ? Est-ce que tu
t’imagines encore punk à 40 ans ?
En se rendant à l’évidence d’un dégout général et d’un
constat amer sur tout ce qui nous entoure, et puis l’envie
d’aller se prendre une grosse caisse et faire quelque
chose plutôt que de rester sagement devant la télé.
Pour la longévité, apparemment, le virus est bien implanté.
12/
Quelle est ta définition du punk ? Cette définition
a-t-elle évoluée au cours des années ?
Ma définition, c’est qu’il n’y en a pas. Il ne faut
peut-être pas trop se prendre au sérieux avec ce genre
de question. Il y a une façon de penser, un état d’esprit,
une attitude, une démarche qui je pense est semblable
chez tous les punks, mais moi je ne peux pas la définir.
13/
A ton avis, qu’est-ce qui manque le plus en France dans
la scène punk ?
Le manque dans la scène française doit être le public.
Dernièrement on a pu voir renaître un intérêt avec des
groupes, des endroits pour jouer, des labels donc des
disques, des distros, des fanzines, des feuilles d’infos,
mais les gens qui se procurent du punk-rock ne sont
apparemment pas si nombreux que ça, ni dans les concerts
d’ailleurs, ou alors j’étais fin rond. Et même si j’ai
pu souffrir de diplopie et ben franchement je n’ai pas
vu grand-monde.
14/
Quand te verrons-nous dans Rocksound ?
Question à laquelle je ne pourrais pas répondre car
je n’en sais foutrement rien. Je ne cours pas après
ce genre de presse, je ne vais pas m’étendre dessus
non plus car je crois que beaucoup de choses ont déjà
été dites concernant ce mag.
15/
As-tu d’autres projets de groupes depuis Kaotik System
?
Il y a eu d’autres projets, mais en fin de compte cela
n’a été que paroles car rien ne s’est concrétisé. Peu
de chances pour l’aboutissement de quelque chose car
ce n’est pas toujours facile de rassembler plusieurs
personnes à un moment donné dans un même endroit.
16/
Projets, anecdotes, mot de la fin...
Merci pour l’intérêt et à une prochaine. Maux de la
fin : Schnaps schön - schlaf schön !
Stephane
DECORET, 194 rue Youri Gagarine, 42153 RIORGES.
| Et
maintenant, que vais-je lire ? |
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