DYNAMITE N°14
Interview Punk as Fuck

Pour ce n°, c’est Stephane de la liste de distribution PUNK AS FUCK qui occupe les pages. L’interview aurait pu être plus longue, mais Stéphane est pas mal pris en ce moment, et n’est pas toujours sur la région. Sa liste est quant à elle toujours aussi intéressante et disponible contre 1 timbre à 3F 50.

1/ Présente-nous tes activités :
He bien je m’occupe de la liste de distribution Punk As Fuck, sur laquelle on peut trouver des vynils 45T, 33T, des CD, des K7, des T-shirts et des fanzines, voire quelques badges, patches, dossards ou vidéos de temps à autres. Je m’occupe également du label Riot Tapes, principalement axé sur la réédition de vieilles démos, live ou raretés difficiles à trouver.

2/ Qu’est-ce qui t’as poussé à faire une liste de distro ?
En fait, à l’époque, j’étais en contact avec pas mal de monde et j’arrivais à choper de très bonnes productions malheureusement quasi inconnues en France et donc non distribuées. J’ai eu l’opportunité de le faire alors j’ai foncé et commencé à prendre les productions en plusieurs exemplaires pour mettre en place la liste et diffuser ces groupes et d’autres. Ensuite, j’ai eu aussi d’autre opportunités qui ont fait que la liste est devenue ce qu’elle est aujourd’hui.

3/ As-tu déjà eu envie de diversifier tes activités vers un label, ou vers un fanzine ?
Ce n’était pas vraiment une envie de diversifier mes activités mais celle de monter un label, oui. Le problème, c’est l’argent, qui bloque beaucoup de choses comme c’est le cas trop souvent, ce qui fait que cela n’a pas abouti. Pour le fanzine, cela ne m’a jamais branché car je ne me sens pas du tout rédacteur dans l’âme et je pense aussi que c’est vraiment beaucoup de temps à consacrer à ce genre d’activités, et puis tout n’est pas possible non plus.

4/ Quels sont les disques que l’on t’a demandé le plus dernièrement ?
Ce n’est pas facile à exprimer car il y a quand même pas mal de références différentes dans la liste, quelque chose comme un millier, les gens ont donc le choix et commandent rarement les mêmes productions. Mais dernièrement ce doit être les nouveaux EP et LP d’OI POLLOI vendus à environ 30 exemplaires depuis leur sortie. Sinon je peux quand même t’indiquer la meilleure vente depuis le début de Punk As Fuck qui est l’album de Defiance "No future no hope" vendu à plus de 150 exemplaires depuis sa sortie en 1996.

5/ Combien de commandes reçois-tu par mois en moyenne ?
En ce moment et depuis quelque temps déjà, je dois dire que la distro tourne au ralenti, car je ne fais pas de promo, n’envoie pas de listes systématiquement sauf sur demande accompagnée de timbres, pour couvrir les frais de port, ce qui fait donc que je dois gérer environ une trentaine de commandes par mois, cela m’occupe déjà beaucoup mais je compte bien essayer de mettre la liste sur Internet et l’envoyer à toutes les personnes qui ont pris contact depuis le début au moins une fois et puis on verra par la suite.

6/ Comment se répartissent les ventes entre 45T, 33T et CD ? As-tu noté une baisse de la demande de vynil ces dernières années ?
Houlala, je ne pourrais pas te répondre concrètement car je n’y fais pas réellement attention et ça dépend de beaucoup de choses aussi. Certaines personnes préfèrent largement le vynil, d’autre seulement les EP car ce n’est pas une grosse somme d’argent, ou alors que des CD car ne possédant pas de platine vynil. Enfin, ce qu’il y a de sûr, c’est que je brasse plus de CD que de vynils. D’abord parce que certains disques ne sortent que sur support CD, et parce que je diffuse certains CD qui sont justement des rééditions de vynils épuisés et introuvables.

7/ Que penses-tu des prix collectors ?
Le prix "collector" a apparemment toujours existé et dans tous les styles de musique. C’est un peu dommage d’avoir à en parler pour le punk-rock, une musique dite contestataire, mais il y a des collectionneurs aussi, je n’en suis pas un, mais je pense qu’il y a des disques à avoir. Il y a eu de bonnes rééditions très bien faites à des prix très corrects, alors après le type de support ou l’année de parution peuvent paraître facultatifs.

8/ D’où proviennent les bandes des rééditions K7 et des lives de la vieille époque que tu ressors sur Riot Tapes ?
Ces bandes-là proviennent de certains vieux de la vieille, dont une personne en particulier qui se reconnaîtra au passage, et qui ont ça dans leurs fonds de tiroirs, je récupère donc ça à droite à gauche.

9/ Ton opinion sur les grands festivals anglais type Holidays In The Sun qui déterrent les fantômes du punk ?
J’ai eu l’occasion de faire plusieurs Holidays In The Sun. C’est un festival qui porte bien son nom car l’endroit et le cadre s’y prêtent très bien et c’est vraiment un bon moment à passer. Voir en live les groupes jouant les hymnes qui nous trottent dans la tête depuis des années, c’est bien puissant. Certes, on peut aussi être déçu du résultat par rapport aux enregistrements connus, et puis je ne sais pas si c’est à cause de la proximité de la mer, mais en tout cas l’addition est souvent très salée pour ce genre de festival.

10/ Est-tu nostalgique de l’époque 82 en UK ? De l’époque Chaos en France ?
La nostalgie, je m’en tape un peu. Par contre, pour l’époque ça a beaucoup bougé, c’est sûr, c’était aussi le début du DIY, beaucoup de groupes, de labels, de public, de bonnes musiques, de bonne dégaine, de bons bordels, de punk quoi. L’époque Chaos en France a été la répercussion de tout ça dans nos contrées. Ça n’a pu être que fameux.

11/ Qu’est-ce qui t’a fait devenir punk ? Est-ce que tu t’imagines encore punk à 40 ans ?
En se rendant à l’évidence d’un dégout général et d’un constat amer sur tout ce qui nous entoure, et puis l’envie d’aller se prendre une grosse caisse et faire quelque chose plutôt que de rester sagement devant la télé. Pour la longévité, apparemment, le virus est bien implanté.

12/ Quelle est ta définition du punk ? Cette définition a-t-elle évoluée au cours des années ?
Ma définition, c’est qu’il n’y en a pas. Il ne faut peut-être pas trop se prendre au sérieux avec ce genre de question. Il y a une façon de penser, un état d’esprit, une attitude, une démarche qui je pense est semblable chez tous les punks, mais moi je ne peux pas la définir.

13/ A ton avis, qu’est-ce qui manque le plus en France dans la scène punk ?
Le manque dans la scène française doit être le public. Dernièrement on a pu voir renaître un intérêt avec des groupes, des endroits pour jouer, des labels donc des disques, des distros, des fanzines, des feuilles d’infos, mais les gens qui se procurent du punk-rock ne sont apparemment pas si nombreux que ça, ni dans les concerts d’ailleurs, ou alors j’étais fin rond. Et même si j’ai pu souffrir de diplopie et ben franchement je n’ai pas vu grand-monde.

14/ Quand te verrons-nous dans Rocksound ?
Question à laquelle je ne pourrais pas répondre car je n’en sais foutrement rien. Je ne cours pas après ce genre de presse, je ne vais pas m’étendre dessus non plus car je crois que beaucoup de choses ont déjà été dites concernant ce mag.

15/ As-tu d’autres projets de groupes depuis Kaotik System ?
Il y a eu d’autres projets, mais en fin de compte cela n’a été que paroles car rien ne s’est concrétisé. Peu de chances pour l’aboutissement de quelque chose car ce n’est pas toujours facile de rassembler plusieurs personnes à un moment donné dans un même endroit.

16/ Projets, anecdotes, mot de la fin...
Merci pour l’intérêt et à une prochaine. Maux de la fin : Schnaps schön - schlaf schön !

Stephane DECORET, 194 rue Youri Gagarine, 42153 RIORGES.

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