DYNAMITE N°17
Chroniques zines

APATRIDE N°0 - 30p A4 - prix libre - Vendetta, P4 Alatak, AVIS, Chiasse prod.
Au niveau de la forme, Apatride fait très "jeune anarcho à fond d'dans", qui affiche dès la couverture tous les logos et symboles engagés utiles à sa crédibilité (5 références à l'anarcho-punk sont cachées dans cette couverture, sauras-tu les retrouver ?). Il y manquerait juste une mention "DIY", qui figure toutefois en page 2. Cette surrenchère inutile est toutefois contre-balancée par un texte d'Active Minds en dernière page sur le sujet "Punk is a ghetto". Entre les deux, on retrouve quelques interviews assez bien faites quoique pas très longues, 3 chroniques disques (!) et une partie chronique de bouquins beaucoup plus fournie, ce que j'ai grandement apprécié. La lecture en est d donc agréable, quoique assez rapide (tout doit être écrit en caractère 14, probablement un acte militant de lutte contre la discrimination des personnes ayant la vue basse, Dynamite faisant au contraire preuve d'une coupable intolérance à ce sujet !
Aurélie GAILLARD, 21A rue la Pégou, 31620 BOULOC

DEVIANCE N°9 - 44p A4 - 2,3  euros  pc - W5, P4 Alatak, Fuel Injected Kids, Lysteria, Zoop zine, squat l'Okara.
La particularité de Deviance est d'avoir toujours bon goût pour les interviews, et de privilégier les personnes dont on peut légitimement penser qu'ils ont des choses à dire. Eh là, ça ne rate pas, le zine est intéressant de bout en bout, particulièrement l'entretien avec des occupants des squatts l'Okara et Kamizole, où ils parlent beaucoup de leurs expériences respectives et de la difficulté de maintenir des alternatives solides en squat. On trouve également dans ce numéro un intéressant article sur le couple, qui surprend dans un zine punk, mais qui est en fait très pertinent et qui m'a permis de me remettre en question sur certaines choses. Stéphane Serrier, 1 rue du Capitaine Roos, 88000 Epinal.

FILS DE PUTES N°6 "Classe contre classe"- 84p A5 - 3  euros  pc - Un énorme pavé conseillé par l'équipe de Dynamite -
Panzer, le rédacteur de ce zine, n'a pas choisi la meilleure voie pour se faire des amis : il est farouchement anticapitaliste et internationaliste. Cela lui vaut donc de se mettre à dos à la fois les fafs et les apos, ainsi que les reds, auquel il consacre une chronique de plusieurs pages. A ces derniers il reproche entre autres leur goût pour le nationalisme basque ou zapatiste, ou pour l'anti-fascisme, qui détourne selon lui le prolétariat de l'unique source du problème, le capitalisme, et devient ainsi le meilleur gardien de la démocratie. Et tout le zine est comme ça, fouillé et argumenté (et avec de solides références historiques), avec en plus une bonne dose d'humour et d'ironie. Les chroniques sont également très nombreuses, avec beaucoup de skinhead reggae et d'anarcho-punk international. J'ai quand même regretté l'article d'un skin français en exil à Londres sur les skins anglais, car c'est assez beauf et à l'opposé des propos que tiendrais Panzer. A noter également que Panzer me fait dans ses chroniques l'honneur de la plus belle définition possible de Dynamite : "Humour, vannes à deux balles et dérision, haîne, rage et détermination" ! (Et là, on va dire que c'est moi qui copine !). Offrez-vous ce pavé qui vous fera rire et réfléchir à tour de rôle, les occasions ne sont pas si nombreuses dans le fanzinat. ROBOTNIK, BP 33291163 Longjumeau Cedex.

HUMAN DISASTER N°4 - 32p A5 - 1 euro pc - The Unseen, HAMS, Maloka, Bacchus Temple Addicts -
C'est déconcertant de voir avec quelles facilités certains peuvent faire des zines presque parfaits avec une aisance déconcertante. Les interviews font entre 4 et 8 pages (sauf pour Bacchus) et Philippe choisit ses invités parmi ceux qui ont des choses à dire. J'ai bien aimé celle de Maloka (avec une intéressante discussion croisée entre Elo et Philippe sur les squats non-mixtes (Au fait, Elo, si ça te fait tant chier que ça de parler de ta cause pour la Xème fois, arrêtes vite le militantisme, c'est perdu d'avance). Le zine se termine avec une très grosse interview de HAMS, presque sérieuse par rapport aux écrits habituels du bonhomme, même si quelques passages m'ont quand même fait bien marrer ("t'es jamais plus en forme que quand tu te marres bien et inversement. C'est un optimisme toutefois qui n'est que de façade puisque dans le fond je suis extremement pessimiste. Je pense qu'on ne s'en sortira pas. Les gens sont très moutonniers pour qu'il en soit autrement. Affreux. Rends-moi mon pistolet"). Par contre, je n'ai pas vu l'intérêt de citer ses groupes et auteurs préférés sur une pleine page bien tassée, il aurait pu se contenter de nous dire qu'il avait des goûts musicaux hétéroclites, on l'aurait cru sur parole ! Et comme d'habitude, le rédacteur nous propose 7 pages de chroniques pour tout savoir sur les dernières sorties street-punk et british-punk. Au niveau de la forme, on n'est pas déçu non plus, avec des pages bien condensées, et une jolie couverture qui tape à l'oeil. Philippe MOREY, chemin de Savoyan, La Bécatière, 38 540 HEYRIEUX.

L'OREILLE CASSEE N°16 - 32p A5 - 2,3   pc - The Business, Heroes Muertos, scene-reports Holidays in the Sun.
Ce n° nous annonce dès son édito une bien mauvaise nouvelle, à savoir l'arrêt définitif du zine. Vraiment dommage, car l'Oreille Cassée faisait des interviews intéressantes, et surtout regorgeait d'un nombre de chroniques assez hallucinant, et assez variées musicalement, car l'équipe de l'Oreille est hardie. Le principal sujet dans ce nouveau numéro est la dernière édition du festival Holidays in the Sun, avec 3 compte-rendus différents, tous très plaisants à lire, et bien complémentaires, car les concerts avaient lieu simultanément dans 3 salles, et chacun a vu des groupes un peu différents. Au niveau des chroniques, on est bien servi également, puisque l'auteur nous en déverse 14 pages, même s'il figure beaucoup de réeditions Captain Oi dont l'intérêt est pour moi assez limité. Par contre, je vais prendre le temps de revenir sur une phrase de Laurent Pallanca à propos de HAMS qui m'a fait bien rigoler, et où il reproche à HAMS de ne tourner que dans l'élite de la scène. Hé, ça ne te viens pas à l'idée que faire "profiter un max de gens" de son fanzine gratuit est plus difficile quand on fait un zine de 80 pages que quand il fait seulement 2 pages comme le tien ? Ou alors, en faisant un rapide calcul (80p de HAMS = 40 feuilles, donc 40 feuilles x 200 exemplaires=8000 feuillles), je déduis que tu tires également au moins 8000 exemplaires de I Want You to Be Punk, ce qui serait tout à ton honneur.
Laurent LALOUE, 7 Le Clos du Village, 76690 SIERVILLE.

PUNK SYSTEM #20 - 8p A5 - 1 timbre -
Ce Punk System est le dernier avant un petit moment, car le rédacteur est débordé entre le label et ses deux groupes. Pour ce n°, Jean a adopté le format Dynamite (8p A5 bien tassées), dont 4 sont consacrées à une interview de Pierre-André "Plus Rien", qui a pas mal de choses à dire. On y retrouve également les habituelles news, ainsi que les franches chroniques qui ont fait le succès de ce zine, qui va grandement me manquer. J'aurais quand même toujours le regret de ne pas avoir pu y lire une chronique du MCD d'Ironix ! (n'est-ce pas Fredz ?).
Jean MEUDEC, 20 rue Boussingeault, 29200 BREST.

QUE VIVE LE ROCK LIBRE N°22 - 8p A5 -
Pour tout savoir du punk-rock en France, quoi de mieux que cette petite feuille, qui continue son bonhomme de chemin dans la scène depuis 22 numéros. La tendance des rédacteurs à tout aimer me pèse toujours un peu, mais les notes d'humour qui parsèment les pages me font un peu oublier ça (au fait, très bon le jeu de mot "salade niçoise" sur la compil Gueulons sous les Palmiers j'en ai presque été jaloux !). Et pour la première fois depuis des années, les rédacteurs n'ont pas eu l'idée de déménager de nouveau. L'adresse reste donc : Florent FOREST, 2 rue du Limousin, 91220 Bretigny sur Orge.

RAD PARTY #27 - 84p A6 - 2 euros pc -
Il s'agit du dernier numéro sorti par le garçon dont vous avez lu l'interview dans ce zine il y a quelques minutes (à condition que vous vous soyez astreint à lire les pages dans l'ordre, sinon ça devient n'importe quoi !). Je me suis comme d'habitude jeté sur les petites histoires personnelles de l'auteur qui sont merveilleusement écrites. ma préférée est "2$ haircut blues", où Steph décrit avec beaucoup d'humour une anecdote qui semblerait insignifiante si je voulais la résumer ici. "Etre au meilleur de sa forme c'est..." est également bien trouvée, et chacun s'y retrouvera sur quelques points je pense. Par contre, j'avoue avoir survolé une grande partie des chroniques, dont la majorité est constituée de groupes Epitaph, Fat Wreck et consorts qui sont loin de mes goûts musicaux comme de ma vision du punk. J'ai d'ailleurs été étonné d'y trouver une chronique du nouvel album d'Unseen au détour d'une page

SIERRA MAESTRIA N°5 - 44p A5 -1,5 euro pc -
Trouvé sur le stand de la Brigada lors de leur concert à Lyon, ce zine red a réussi à me plaire et à m'horripiler à la fois. J'ai bien aimé les scene-reports sur Nices et Gênes, l'interview de Bolchoi et le ton très militant (un ton qui me manque parfois à la lecture de fanzines punks), mais des points m'ont considérablement énervé. On a premièrement l'impression de lire un fanzine pour ultra-initiés (les chroniques zines sont quasi-exclusivement les zines des différentes sections RASH de France et les privates-jokes et références entre eux sont omni-présentes), et ensuite le ton prétentieux me gonfle (fier d'être supporter ? y'a vraiment pas de quoi !). Je conseillerais ce zine pour le compte-rendu des "évenements de Gênes" qui est vraiment intéressant et fait froid dans le dos, mais le reste ne m'a vraiment pas marqué. RSRA, 12 rue Gambetta, 83160 La Valette du Var.

THE UPSETTER N°1 - 38p A4 - Prix ? - Hard-ons, Satanic Surfers, Weak, Unconmonmen-frommars, Western Special, 100g de tête.
The Upsetter est la nouvelle parution du rédacteur de No Cure. Les styles abordés tournent donc autour du punk mélodique et du ska, ce qui est particulièrement visible sur le choix des interviews, toutes réalisées live. Les interviewés n'ont d'ailleurs pas grand-chose à dire (comme souvent dans ces styles musicaux, la seule exception étant Western Special, dont les propos sont intéressants et très lucides. Les chroniques sont quant à elles assez détaillées et un peu plus variées.
Bart VASSEUR, 31 rue A. Barine, 17000 La Rochelle.

VENDETTA N° 4 - 56p A5 - 1,5 euros - Maloka, Bikini Men, Tekken.
Au bout de leur 4e numéro, on se demande déja comment les rédacteurs arriveraient à faire mieux. Les chroniques y sont nombreuses et diversifiées (punk, hardcore, crust et grind), pointues et assez diversifiées géographiquement, avec un petit penchant pour les groupes espagnols et sud-américains. A travers les 14 pages de chroniques, on dispose déja d'un bon panorama des sorties du moment. Au niveau des interviews, la plus intéressante est celle de Maloka, où Jean-Christophe nous parle en 12 pages du label, du fonctionnement des Tanneries, de l'APF, etc. L'interview du groupe grind Tekken n'est pas mal non plus, contrairement à celle de Bikini Men, qui confirme que les groupes surf-punk n'ont strictement rien à dire, même si il faut préciser à leur décharge que l'interviewer qui a posé les questions n'avait visiblement pas grand-chose à dire non plus ! Vendetta reste toutefois une des meilleures lectures possibles pour s'informer efficacement.
Vendetta, 9 rue des Champs-Elysées, 31000 Toulouse.

WORST N°11 - spécial Japon - 26p A5 - 4,5  euros pc -
Ce n° est un hors-série spécial Japon, où les interviewés sont tous des groupes ou labels japonais. On y trouve également un scene-report assez comique des aventures de Dick Spikie en Europe. Les interviews sont assez bien tournées pour nous présenter la scène punk japonaise et ses particularités. J'ai beaucoup rêvé en lisant l'interview du label/magasin de disques/salle de concert Straight-Up, où ils organisent quasiment un concert tous les soirs. Les interviews ne sont pas mal non plus, même si pour les groupes interrogés, le punk se résume principalement au look et à la zique, à l'exception de Disclose. A part ce point agaçant, j'ai trouvé ce numéro très dépaysant et enrichissant sur la situation économique et sociale du pays. Ce qui m'a quand même fait sourire dans ce numéro, c'est que même les labels qui prennent des pubs dans Worst sont passés à la mode orientale en utilisant des photos et des lettrages japonais !


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