DYNAMITE N°18
Interview Parapet

Toujours dans la série des activistes de la scène punk, j’ai choisi d’offrir cette fois-ci quelques pages à un webzine, à savoir le Parapet, qui est vraiment une étape incontournable pour ceux qui cherchent un bon point de départ vers des sites intéressants et mis à jour, ainsi que pour la qualité et la pertinence des articles rédigés par l’auteur. Désolé pour les réfractaires chroniques à l’informatique, vous devrez probablement vous accrocher dans les virages pour ne pas perdre le fil.

1/ Présentation de tes activités, et du principe du Parapet.
2/ Pourquoi le choix d'un webzine ? Et pourquoi "Parapet ?"

Fab : Bon, okay, là tu vas dire que j'abuse d'entrée, que de deux questions j'en fais qu'une, que j'exagère. En fait, c'est juste que tout est plus ou moins lié, donc pour ne pas faire dans le répétitif, je colle, je cimente, je joins.
Commençons donc par le début. Mes activités. Pour ce qui nous intéresse, mes activités se limitent à prendre des photos quand je vais dans les concerts (et quand il n'y a pas de fuc*** droit à l'image de mes cou***), à les mettre avec deux mois de retard (voire plus si affinités car c'est fou comme le temps passe vite) sur ma "zone punkaotique" (encore un nom de site bien con), et à y adjoindre une chronique si j'ai le temps. Et en ce moment, le temps, justement, y'en a pas tant (digression : bon, il ya aussi l'inspiration, parce qu'en général, après les concerts je prends des notes, donc je pourrais torcher un compte-rendu de concert à chaque fois, mais si ce que j'écris ne me plaît pas, alors je publie pas). Comme activités secondaires, je fais : ratages de concerts à Paris intra-muros (mais quand on devient expert, on se lasse), ratage de concerts des Brigitte Bop (pas encore eu l'occasion de crier " lalalala " sur Demain Sera, c'est vraiment la dèche), et propagandiste occasionnel des dAHUgAROU (je sais pas comment^ils se démerdent, mais à chaque fois que je redescend sur Toulouse, ils ont un concert, alors je passe la semaine les doigts dans la colle à placarder la ville rose).
Pour ce qui est du Parapet, l'histoire est assez simple. J'en avais un peu marre de me balader sur des sites ouaibes non remis à jour; l'impression de ramer sans fin pour trouver quelques perles de ci de là. Et puis un jour, un certain Lazuly (ex chroniques du menteur, menteur.com), a annoncé la création du "portail des copains" (rezo.net). Et là, ce fut la révélation (j'ai vu la cyber-vierge). Et je me suis dit "Je vais faire la même chose, mais dédié au punk. Les webmestres vont m'inonder de leurs mises à jour, je vais recenser la quintessence de la cyber-keuponie active, ça va être le pied". Sauf que. Evidemment, j'ai pas croulé sous les mises à jour, et même encore à l'heure actuelle, la plupart des entrefilets de chaque numéro sont le résultat de mes propres surferies. Je ne remercierai jamais assez ceux qui m'envoient leurs nouveautés, ceux qui ont mis en place une newsletter ou équivalent, bref ceux qui m'informent ; je vous embrasse, je vous aime. Donc voilà, le principe du Parapet est fort simple ; recenser ce qui s'est fait de neuf dans la cyber-keuponie entre chaque numéro. Dès le départ, j'ai fait le choix d'un truc simple, dépouillé, qui se ferait facilement avec le premier éditeur achtemeuleu venu, et dont la mise en page serait souple. Je savais que si je devais être emmerdé par la technique, j'aurais vite la flemme de m'y mettre. Là, c'est vraiment pas le cas !! Le problème technique réglé, il ne reste plus qu'à trouver le compromis contenu/périodicité. S'il y a trop de temps entre chaque numéro, les infos perdent de la fraîcheur, et si les numéros sont trop rapprochés, ça fait vide. Donc ça fluctue, mais le rythme actuel, c'est environ 3 semaines. Quant aux éditos, à l'origine du concept je ne comptais pas en mettre, mais comme les premiers numéros faisaient vraiment pauvres, j'ai comblé de ma plume. Et puis j'en ai gardé l'habitude. C'est pourquoi ce n'est pas vraiment un portail, mais plutôt un webzine. Quand on m'envoie l'info, je la publie telle quelle (où alors coup de pouce positif parce que ça m'a plu), et là c'est le rôle "portail", neutre. Mais comme la plupart des infos, je la trouve tout seul comme un grand, l'information retransmise est alors subjective, et là c'est le rôle "webzine". Donc, effectivement, il est préférable, dans l'ensemble de parler de webzine.
Pour l'anecdote, PARAPET, Passage Aubligé du Rock Alternatif du Pounk Et de Toutes ces sortes de choses..., c'est un clin d'oeil à Gotlib et à la société d'édition de Fluide Glacial, AUDIE, Amusement Umour Dérision Ilarité Et toutes ces sortes de choses...

3/ Le principe même du Parapet nécessite que tu passes beaucoup de temps sur le net. Comment trouves-tu le paysage webpunk hexagonal ?
C'est vrai que je passe pas mal de temps sur le net, mais je suis somme toute assez casanier. J'ai mes petites habitudes, mes forums de prédilections, etc... en fait j'attendais pas mal du Parapet que l'on me fît découvrir de nouveaux horizons, mais de ce côté là, c'est encore un peu limite.
Sinon, je ne pense pas qu'il y ait un "webpunk" à proprement parler. Disons que de plus en plus de gens en rapport avec le punk envahissent la toile, mais il n'y a pas d'unité à tout cela. Chacun essaye de faire son truc dans son coin, arrive avec tout plein d'idées, veut faire un super site d'entrée de jeu... puis s'aperçoit qu'un site c'est gonfle-figue à entretenir, qu'à part ses trois potes et deux cyber-perdus, y a personne qui passe, alors ça tombe vite en désuétude (et le désuet arrive très vite sur la toile). Ce qui est dommage évidemment, ce sont toutes ces énergies perdues parce qu'on arrive pas à utiliser efficacement Internet, et parce que cet assaut d'Internet n'est pas accompagné d'un esprit " webpunk ". Pour l'instant internet reste un gadget, au mieux une plaquette pour les groupes, au pire un enrobage pour une adresse e-mail. On aurait pu croire que l'arrivée sur le net d'une mouvance "punk" allait créer une sorte de communauté, qui se serait réapproprié les expériences du "web indépendant" pour mieux servir la propagande de la musique alternative, pour se créer une sorte de netiquette webpunk qui permettrait de canaliser, de récupérer toute cette énergie, pour pouvoir avancer. Or ce n'est pas le cas, il reste à créer cette "culture webpunk", basée sur l'utilisation (voire l'abus) et la défense de liberté d'expression, de la libre propagation de la musique, de la méfiance envers la propriété, de la subversion, de la provocation. En ce qui me concerne, lorsque je vois un site "punk" qui arbore un flamboyant "optimisé pour internet Explorer", qui propose un forum sponsorisé par "123credit.com", et un livre d'or gavé de pub toutes aussi crétines, je trouve que ce n'est pas sérieux. Tout cela manque de consistance. Un peu comme un groupe rebelle qui propose des extraits de leur démo en téléchargement ; si tu veux les morceaux complets, il faut acheter la démo. C'est du teasing mercantile à deux balles, c'est idiot, mais il n'en ont pas conscience. C'est pourquoi je parle d'une "culture webpunk" à inventer.

4/ Ton site est hébergé par L'Autre Net (dont tu avais fort bien résumé le fonctionnement interne dans ton n° 0 : "Ca discute sévère, ça s'engueule pas mal, mais ca avance !"). Peux-tu en rappeler les principes ?
En gros, il s'agit d'autogérer un serveur internet. Pour la petite histoire, le serveur historique, le coeur de L'Autre, nous fut donné par Valentin Lacambre le fondateur d'Altern -cela permet de mieux situer les gens qui sont à l'origine du projet. Le principe est le suivant : tu payes ta cotisation (23 euros par an, si je me souviens bien, 150 balles quoi), et tu obtiens un compte, une adresse mail, et la citoyenneté lautrienne. Grosso modo, Lautre Net fonctionne comme une Assemblée Générale permanente, et chacun donne son point de vue, ses arguments, sa vision de choses, et lorsqu'on a bien débattu, ça se conclut par un vote. Disons que c'est un très bon apprentissage des difficultés de l'autogestion, entre les impératifs techniques (ah ben oui il nous faut des serveurs), les conflits de personnalités et les diverses théories qui n'ont de toutes façons pas été étudiées pour l'Internet, mais que certains veulent à tout prix appliquer. A la fois c'est énervant, parce qu'on a parfois l'impression de pédaler dans la semoule, mais c'est assez stimulant parce qu'on sent bien qu'on tient là un très bon concept, qui ne demande qu'à essaimer. Et c'est d'ailleurs le but, que se créent tout plein de petits Lautres autogérés.

5/ Sur Internet, l'esprit DIY passe par l'utilisation de logiciels libres (notamment le fameux système d'exploitation GNU/Linux). Pourrais-tu expliquer le principe à ces deux gentils keupon assis au fond de la salle ?
Franchement je ne suis pas sûr qu'on soit sur la bonne voie à vouloir méler Linux à l'esprit DIY appliqué au punk. Pour nos deux keupons près du radiateur, je rappellerai juste que pour fonctionner, un ordi a besoin d'un logiciel (appelé "système d'exploitation" ou OS) qui va gérer tout ce qu'il y a sous le capot (carte mère, carte son, modem etc..), et tout le bordel extérieur (souris, clavier, écran). Quand on t'as vendu ton ordi, on t'as pas donné le choix, on t'as mis Windows. Qui appartient à Microsoft.
Mais il n'y pas que Windows qui sache faire cela. Il ya, entre autres, Linux. Linux est un OS libre, réalisé de manière communautaire, c'est à dire par un grand nombre de chercheurs, étudiant, informaticiens, reliés par le réseau. La démarche (le développement communautaire), l'esprit (l'ouverture à tous du code informatique), tout est bon chez Linux. A condition de l'avoir déjà chez soi. Comme Windows. Mais faire de l'utilisation de Linux une condition sine qua non à un éventuel esprit "webpunk" est à mon sens une grosse erreur, voire même une vision carrément contre-productive. Un peu comme si tu voulais interdire à un développeur de Linux d'écouter Céline Dion où Johnny Hallyday.
Musique alternative, informatique alternative, les deux mondes existent, ils doivent se nourrir l'un de l'autre, mais contraindre l'un par rapport à l'autre est à mon avis une grossière erreur.
Et de plus je serais extrêmement mal placé pour faire une propagande ardue de Linux car je ne l'ai pas moi-même encore installé; suite d'occasions ratées et de manque de temps, mais je n'en fais pas une priorité. Et je suis encore hésitant sur la distrib, entre RedHat (valorisation boursière 590 millions de dollars à Wall Street) et Mandrake (20 millions d'euros à la bourse de Jean-Pierre), mon coeur balance. Même avec le libre, tout n'est pas si simple.

6/ Penses-tu que l'on puisse complètement échapper aux multinationales (Micro$oft en tête) et aux standards qu'elles ont diffusé (je pense notamment aux navigateurs et au format audio MP3) ?
Et bien, voilà une question enchaîne pile poil. Autant, en ce qui concerne le système d'exploitation, je m'en fous un peu (ce que tu as sur ton ordinateur, après tout, ça ne me regarde pas), autant les standards de communication je m'en fous pas du tout.
Quand tu utilises Windows, tu ne forces personne à utiliser Windows. Certes, on peut considérer que si tu utilisais un OS libre, tu encouragerais le monde du libre, et tu aurais la conscience plus tranquille, mais bon ton ordi était livré tel quel, ya tout qui fonctionne (c'est un vrai petit miracle), ton imprimante, ton scanner, ton modem, ta souris. Parfait, tu peux partir à l'assaut de la Toile.
En revanche, quand tu fais ton site ouaibe, là tu vas agir sur tes visiteurs. Si tu fais un site ouaibe " optimisé pour Internet Explorer ", alors tu "forces" tes visiteurs à utiliser le navigateur de Microsoft.
Clairement, je n'ai rien contre l'utilisation de MSIE, ou de Frontpage, ou de tout autre outil Microsoft, ou de n'importe quel société (comme je l'ai dit, cela ne me regarde pas). Ce qui est important c'est que ce soit une utilisation "consciente". Un site ouaibe, même réalisé avec Frontpage ne doit être optimisé pour rien du tout, et accessible à tous. Si je suis obligé d'utiliser Microsoft pour accéder à un morceau de web, alors ce morceau de web appartient à Microsoft.
Maintenant pour ce qui est d'échapper aux standards, je n'en sais rien. Mais est-ce bien important? Le MP3 est un standard propriétaire, cela ne l'a pas empêché de devenir le symbole de la gratuité, et de la libre diffusion de la musique sur le web. Je pense qu'avec le MP3Pro Thomson voulait faire dériver les habitudes vers un autre standard dont l'aspect propriétaire est beaucoup plus restrictif, pour l'instant ça n'a pas marché. Seulement avec l'effondrement des Napster et clonepagnie, le MP3 risque de peu à peu s'essoufler. Je pense qu'il est temps de songer à la relève du MP3 avant que les marchands ne le fasse à notre place. C'est pourquoi, dans ce cas, j'ai fais une propagande, légèrement outrancière (un peu punk, quoi), pour le format Ogg Vorbis. C'est un format libre, de meilleure qualité que le MP3, il a tout pour être LE format du punk.
Si on veut pas être emmerdé ultérieurement par des attaques marchandes, il faut disséminer au max les formats libres et encourager leur production.
En ce qui me concerne, je n'ai rien d'un chevalier blanc en la matière. Je découvre au fur et à mesure, j'apprends en même temps que je webzine ; et je reste persuadé que c'est la meilleure utilisation d'Internet. Par exemple, en cherchant de la doc sur les Ogg, j'ai appris (c'est pas nouveau, mais j'ai pas la science infuse) que le Gif était aussi un format propriétaire. J'ai pas encore eu le temps de les virer de mon site pour les convertir en jpeg (format libre lui), mais c'est en cours.

7/ Comment vois-tu la contre-information sur le net ? Comme un moyen de diffusion et de mobilisation à grande échelle ou plutôt comme un lieu de contestation "soft", où l'on se contente de signer des pétitions on-line ?
(Je pense notamment à la Loi sur la Sécurité Quotidienne, qui a fait beaucoup de bruit via le Net, mais assez peu me semble-t-il dans la rue, et pourtant il y aurait de quoi !)

Arf.. c'est un peu tout à la fois. Faut pas oublier qu'Internet c'est juste un moyen de relier les gens. Alors il ya des causes qui touchent plus que d'autres. L'affaire Daniel Mermet (le producteur de "La bas si j'y suis", sur France Inter, était la cible d'une plainte pour racisme), par exemple, a suscité un réel engouement ; on peut parler de mouvement de grande échelle dont le web fût un énorme catalyseur, et on peut largement supposer qu'il ait pesé sur la décision de justice. Disons que de manière générale les pétitions ont plus d'importance qu'on ne l'imagine ; quand tu signes un truc, en général tu le lis d'abord. Donc quand tu signes une pétition tu prends conscience des problèmes, et c'est déjà très important. Internet permet déjà de casser la censure des médias dominants en divulguant l'information sans réelle contrainte, et c'est déjà pas mal !
Après, pour ce qui est de la mobilisation "réelle", cela ne dépend pas d'internet mais des gens. Internet c'est un vecteur d'information; pas un parti politique ou un mouvement révolutionnaire!

8/ Connais-tu le site américain Unixpunx.org (géré par un gars d'Unseen) consacré au punk et à l'informatique (les dates de concerts des Casu côtoient les articles sur le PHP4 ou le nouvel i-mac !) et dont le slogan est "Counter-cultur Music, counter-Cultur Operating Systems" ?
Bah non, je connais pas. Je ne dis pas que je n'y suis jamais passé, mais je ne m'y suis jamais arrêté. Il m'est déjà impossible d'intégrer toute l'info que je voudrais qui est distillée sur les sites français, alors les sites anglophones... n'y pense même pas !
Ceci dit, évidemment le concept est sympathique. Un mec fan d'info et de punk, décide de faire un site consacré au punk et à l'info. Comme je l'ai dit, les deux mondes sont parfaitement compatibles, et le (ou les) bonhomme(s) d'unixpunx font un site jonction... Et les initiatives de ce genre, mêlant l'info et le punk (au sens large) vont se multiplier (je conseille à ce sujet, de lire la présentation du projet "Print" (squat.net/print) de Dijon, greffé à Maloka). C'est une question de temps et de gens, comme d'hab...

9/ Tu reprends à chaque n° du Parapet un aphorisme d' Anne Archet. Permets-moi de t'en demander un petit commentaire personnel, comme ça, pour le plaisir :

a) "Les anarchistes seraient de fort agréable compagnie sans leur manie assommante d'avoir toujours raison."
Tant qu'on aura pas vécu en "Anarchie", on pourra pas dire que ça marche pas. Donc, comme c'est de l'utopie, de la théorie, forcément les anarchistes ont toujours raison. Et un mec qu'a toujours raison, c'est vite gonflant. Non ?

b) "La meilleure façon de tuer un homme, c'est de le faire travailler et lui verser un salaire"
Exactement. Et comme me le disait encore hier, mon grand ami Charles De Gaulle "La vie n'est pas le travail : travailler sans cesse rend fou " Et il avait bien raison le bougre. Tiens, une autre citation que tu peux trouver sur rienfoutre.org, "Si tu as envie de travailler, assieds toi et attends que ça passe" (proverbe corse).

10/ Que penses-tu du mouvement straight-edge, que tu égratignes un peu dans un de tes éditos ?
Moi j'égratigne mes amis straight-edgeux ?!? C'est de la diffamation !

Bon okay, je me suis un peu foutu de leur gueule. Le straight-edge pur et dur est végétalien, ne consomme pas d'alcool pas de drogue, ne pratique le sexe qu'avec parcimonie (et Ovidie se réclame du Straight-edge, je suis mort de rire), bref c'est un mouvement super-déconne. Blague à part, peu importe ses caractéristiques, mais comme tout mouvement, il a ses qualités et ses défauts, et il n'y pas de raison pour ne pas se foutre un peu de leur gueule. Tout comme les Redskins lonsdale, les punks en treillis, les linuxiens, dès qu'il ya phénomène de groupe, il y a forcément une façon décalée et acide de voir les choses. C'est Desproges qui disait "quand est plus de deux, on est une bande de cons"... Maintenant il ne faut confondre "léger foutage de gueule” sympathique " avec "total mépris ". Je crois que le mépris, ça ne m'est arrivé qu'une fois, c'était envers Slipknot, une grosse pointure amerloque très malsaine.

11/ Quelle est ta définition du punk ?
Y'en a pas. Si le punk se limite à un style musical et à des paroles, alors les Sales Majestés sont punks. Si le HxC mélodique façon californie c'est jamais du punk, alors les Burning Heads ne sont pas punks, et pourtant ils ont une attitude et un comportement cent fois plus "punk" que beaucoup d'autres groupes autoproclamés punks. S'il faut des paroles rebelles, alors les Sheriff ne sont pas punk. Et comme ma définition, tout le monde s'en branle ; c'est très bien ainsi. Moins la notion de punk aura de critères, plus le punk aura de chance de survie et de dissémination.

12/ Comment as-tu découvert le punk-rock ?
Un de mes cousins m'a fait écouter du Shériff; "j'irais jusqu'au bout, jusqu'au boucher du quartier". J'ai trouvé ça complètement naze, je suis retourné a mes Pink Floyd.
Plus tard, au cours d'une soirée étudiante, je me suis retrouvé à pogoter sur un morceau qui me disait quelque chose... un collègue m'a éclairé, c'était "A coups de battes". On a tapé la discu, il m'a fait découvrir Parabellum. Et là évidemment, c'était autre chose. Et puis après, c'est l'engrenage infernal, la descente aux enfers classique, horrible. Ludwig, Béru, OTH, Légitime Défonce (trop méconnu Leg Def, et c'est vraiment dommage). A chaque groupe que je découvrais, je prenais une claque. Je te raconte pas quand j'ai découvert Zabriskie Point. Et pour les Binam, pareil.

13/ A ton avis, qu'est-ce qui manque le plus en France dans la scène punk ?
Du mauvais esprit, je pense. Je crois qu'on se prend trop au sérieux (j'en suis pas exempt, c'est pourquoi je ponds parfois des éditos à la con). On finit par avoir une vision unilatérale des choses, on étouffe.
Pour faire une comparaison, je trouve extrêmement jouissif de lire PLPL (plpl.org). Il y avait un autre mag, mais qui a crevé sous les procès, c'était "Zoo", ça aussi c'était excellent pour la tête. C'est ce genre d'esprit que j'aimerais rencontrer plus souvent dans le punk.

14/ Ecoutes-tu autre chose que du punk ? Penses-tu encore écouter du punk à 40 ans ?
Oui et non. Pour écouter autre chose que du punk, il faut soit avoir des potes qui te fassent écouter autre chose (j'ai essayé du gothique, du death machin, du black bidule, mais dire que j'ai bien accroché serait franchement hypocrite), soit aller de temps à autre dans un temple de la consommation. J'ai bien un Hypermédia pas très loin de chez moi, mais il est carrément nul à chier (impossible d'y trouver le dernier Ludwig, véridique), et j'y fous plus les semelles, si bien que je suis assez limité côté découverte "grand publi ". Sinon, j'ai toujours quelques trucs qui trainent et que je me repasse de temps à autres La Ruda Salska, Massilia Sound System, Renaud (à Bobino, un bijou, et même le dernier, ne soyons pas vache, il est pas mal), Pixies, Pink Floyd (ah ben ouais, The Wall, je suis traumatisé a vie), Genesis, Britney Spears (j'attends avec impatience la reprise de London Calling), Maurice Chevalier (toute ma jeunesse, ah qu'est-ce qu'on rigolait sous l'occupation), bon j'arrète mes conneries.
Et oui, à 40 ans j'écouterai du Punk. Comme je l'ai dit, j'ai découvert le punk en étant étudiant, pas dans ma période d'ado rebelle de la vie qui aurait trainé avec des gars du milieu et pour qui, passé un certain âge, "c'est fini ces conneries".

15/ Projets ?
Aucun. C'est le moyen le plus sûr de les mener a terme.

16/ Mot de la fin, anecdote, message au monde entier...
Oui. A toute la cyber-keuponie. Vous êtes sympa, je vous aime, mais datez vos putains de chroniques bordel !!
Merci.


Le Parapet : - http://parapet.lautre.net

E-mail : abfab.pkt@wanadoo.fr

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