Toujours
dans la série des activistes de la scène
punk, jai choisi doffrir cette fois-ci quelques
pages à un webzine, à savoir le Parapet,
qui est vraiment une étape incontournable pour
ceux qui cherchent un bon point de départ vers
des sites intéressants et mis à jour, ainsi
que pour la qualité et la pertinence des articles
rédigés par lauteur. Désolé
pour les réfractaires chroniques à linformatique,
vous devrez probablement vous accrocher dans les virages
pour ne pas perdre le fil.
1/
Présentation de tes activités, et du principe
du Parapet.
2/ Pourquoi le choix d'un webzine ? Et pourquoi "Parapet
?"
Fab : Bon, okay, là tu vas dire que j'abuse d'entrée,
que de deux questions j'en fais qu'une, que j'exagère.
En fait, c'est juste que tout est plus ou moins lié,
donc pour ne pas faire dans le répétitif,
je colle, je cimente, je joins.
Commençons donc par le début. Mes activités.
Pour ce qui nous intéresse, mes activités
se limitent à prendre des photos quand je vais
dans les concerts (et quand il n'y a pas de fuc*** droit
à l'image de mes cou***), à les mettre
avec deux mois de retard (voire plus si affinités
car c'est fou comme le temps passe vite) sur ma "zone
punkaotique" (encore un nom de site bien con),
et à y adjoindre une chronique si j'ai le temps.
Et en ce moment, le temps, justement, y'en a pas tant
(digression : bon, il ya aussi l'inspiration, parce
qu'en général, après les concerts
je prends des notes, donc je pourrais torcher un compte-rendu
de concert à chaque fois, mais si ce que j'écris
ne me plaît pas, alors je publie pas). Comme activités
secondaires, je fais : ratages de concerts à
Paris intra-muros (mais quand on devient expert, on
se lasse), ratage de concerts des Brigitte Bop (pas
encore eu l'occasion de crier " lalalala "
sur Demain Sera, c'est vraiment la dèche), et
propagandiste occasionnel des dAHUgAROU (je sais pas
comment^ils se démerdent, mais à chaque
fois que je redescend sur Toulouse, ils ont un concert,
alors je passe la semaine les doigts dans la colle à
placarder la ville rose).
Pour ce qui est du Parapet, l'histoire est assez simple.
J'en avais un peu marre de me balader sur des sites
ouaibes non remis à jour; l'impression de ramer
sans fin pour trouver quelques perles de ci de là.
Et puis un jour, un certain Lazuly (ex chroniques du
menteur, menteur.com), a annoncé la création
du "portail des copains" (rezo.net). Et là,
ce fut la révélation (j'ai vu la cyber-vierge).
Et je me suis dit "Je vais faire la même
chose, mais dédié au punk. Les webmestres
vont m'inonder de leurs mises à jour, je vais
recenser la quintessence de la cyber-keuponie active,
ça va être le pied". Sauf que. Evidemment,
j'ai pas croulé sous les mises à jour,
et même encore à l'heure actuelle, la plupart
des entrefilets de chaque numéro sont le résultat
de mes propres surferies. Je ne remercierai jamais assez
ceux qui m'envoient leurs nouveautés, ceux qui
ont mis en place une newsletter ou équivalent,
bref ceux qui m'informent ; je vous embrasse, je vous
aime. Donc voilà, le principe du Parapet est
fort simple ; recenser ce qui s'est fait de neuf dans
la cyber-keuponie entre chaque numéro. Dès
le départ, j'ai fait le choix d'un truc simple,
dépouillé, qui se ferait facilement avec
le premier éditeur achtemeuleu venu, et dont
la mise en page serait souple. Je savais que si je devais
être emmerdé par la technique, j'aurais
vite la flemme de m'y mettre. Là, c'est vraiment
pas le cas !! Le problème technique réglé,
il ne reste plus qu'à trouver le compromis contenu/périodicité.
S'il y a trop de temps entre chaque numéro, les
infos perdent de la fraîcheur, et si les numéros
sont trop rapprochés, ça fait vide. Donc
ça fluctue, mais le rythme actuel, c'est environ
3 semaines. Quant aux éditos, à l'origine
du concept je ne comptais pas en mettre, mais comme
les premiers numéros faisaient vraiment pauvres,
j'ai comblé de ma plume. Et puis j'en ai gardé
l'habitude. C'est pourquoi ce n'est pas vraiment un
portail, mais plutôt un webzine. Quand on m'envoie
l'info, je la publie telle quelle (où alors coup
de pouce positif parce que ça m'a plu), et là
c'est le rôle "portail", neutre. Mais
comme la plupart des infos, je la trouve tout seul comme
un grand, l'information retransmise est alors subjective,
et là c'est le rôle "webzine".
Donc, effectivement, il est préférable,
dans l'ensemble de parler de webzine.
Pour l'anecdote, PARAPET, Passage Aubligé du
Rock Alternatif du Pounk Et de Toutes ces sortes de
choses..., c'est un clin d'oeil à Gotlib et à
la société d'édition de Fluide
Glacial, AUDIE, Amusement Umour Dérision Ilarité
Et toutes ces sortes de choses...
3/
Le principe même du Parapet nécessite que
tu passes beaucoup de temps sur le net. Comment trouves-tu
le paysage webpunk hexagonal ?
C'est vrai que je passe pas mal de temps sur le net,
mais je suis somme toute assez casanier. J'ai mes petites
habitudes, mes forums de prédilections, etc...
en fait j'attendais pas mal du Parapet que l'on me fît
découvrir de nouveaux horizons, mais de ce côté
là, c'est encore un peu limite.
Sinon, je ne pense pas qu'il y ait un "webpunk"
à proprement parler. Disons que de plus en plus
de gens en rapport avec le punk envahissent la toile,
mais il n'y a pas d'unité à tout cela.
Chacun essaye de faire son truc dans son coin, arrive
avec tout plein d'idées, veut faire un super
site d'entrée de jeu... puis s'aperçoit
qu'un site c'est gonfle-figue à entretenir, qu'à
part ses trois potes et deux cyber-perdus, y a personne
qui passe, alors ça tombe vite en désuétude
(et le désuet arrive très vite sur la
toile). Ce qui est dommage évidemment, ce sont
toutes ces énergies perdues parce qu'on arrive
pas à utiliser efficacement Internet, et parce
que cet assaut d'Internet n'est pas accompagné
d'un esprit " webpunk ". Pour l'instant internet
reste un gadget, au mieux une plaquette pour les groupes,
au pire un enrobage pour une adresse e-mail. On aurait
pu croire que l'arrivée sur le net d'une mouvance
"punk" allait créer une sorte de communauté,
qui se serait réapproprié les expériences
du "web indépendant" pour mieux servir
la propagande de la musique alternative, pour se créer
une sorte de netiquette webpunk qui permettrait de canaliser,
de récupérer toute cette énergie,
pour pouvoir avancer. Or ce n'est pas le cas, il reste
à créer cette "culture webpunk",
basée sur l'utilisation (voire l'abus) et la
défense de liberté d'expression, de la
libre propagation de la musique, de la méfiance
envers la propriété, de la subversion,
de la provocation. En ce qui me concerne, lorsque je
vois un site "punk" qui arbore un flamboyant
"optimisé pour internet Explorer",
qui propose un forum sponsorisé par "123credit.com",
et un livre d'or gavé de pub toutes aussi crétines,
je trouve que ce n'est pas sérieux. Tout cela
manque de consistance. Un peu comme un groupe rebelle
qui propose des extraits de leur démo en téléchargement
; si tu veux les morceaux complets, il faut acheter
la démo. C'est du teasing mercantile à
deux balles, c'est idiot, mais il n'en ont pas conscience.
C'est pourquoi je parle d'une "culture webpunk"
à inventer.
4/
Ton site est hébergé par L'Autre Net (dont
tu avais fort bien résumé le fonctionnement
interne dans ton n° 0 : "Ca discute sévère,
ça s'engueule pas mal, mais ca avance !").
Peux-tu en rappeler les principes ?
En gros, il s'agit d'autogérer un serveur internet.
Pour la petite histoire, le serveur historique, le coeur
de L'Autre, nous fut donné par Valentin Lacambre
le fondateur d'Altern -cela permet de mieux situer les
gens qui sont à l'origine du projet. Le principe
est le suivant : tu payes ta cotisation (23 euros par
an, si je me souviens bien, 150 balles quoi), et tu
obtiens un compte, une adresse mail, et la citoyenneté
lautrienne. Grosso modo, Lautre Net fonctionne comme
une Assemblée Générale permanente,
et chacun donne son point de vue, ses arguments, sa
vision de choses, et lorsqu'on a bien débattu,
ça se conclut par un vote. Disons que c'est un
très bon apprentissage des difficultés
de l'autogestion, entre les impératifs techniques
(ah ben oui il nous faut des serveurs), les conflits
de personnalités et les diverses théories
qui n'ont de toutes façons pas été
étudiées pour l'Internet, mais que certains
veulent à tout prix appliquer. A la fois c'est
énervant, parce qu'on a parfois l'impression
de pédaler dans la semoule, mais c'est assez
stimulant parce qu'on sent bien qu'on tient là
un très bon concept, qui ne demande qu'à
essaimer. Et c'est d'ailleurs le but, que se créent
tout plein de petits Lautres autogérés.
5/
Sur Internet, l'esprit DIY passe par l'utilisation de
logiciels libres (notamment le fameux système
d'exploitation GNU/Linux). Pourrais-tu expliquer le
principe à ces deux gentils keupon assis au fond
de la salle ?
Franchement je ne suis pas sûr qu'on soit sur
la bonne voie à vouloir méler Linux à
l'esprit DIY appliqué au punk. Pour nos deux
keupons près du radiateur, je rappellerai juste
que pour fonctionner, un ordi a besoin d'un logiciel
(appelé "système d'exploitation"
ou OS) qui va gérer tout ce qu'il y a sous le
capot (carte mère, carte son, modem etc..), et
tout le bordel extérieur (souris, clavier, écran).
Quand on t'as vendu ton ordi, on t'as pas donné
le choix, on t'as mis Windows. Qui appartient à
Microsoft.
Mais il n'y pas que Windows qui sache faire cela. Il
ya, entre autres, Linux. Linux est un OS libre, réalisé
de manière communautaire, c'est à dire
par un grand nombre de chercheurs, étudiant,
informaticiens, reliés par le réseau.
La démarche (le développement communautaire),
l'esprit (l'ouverture à tous du code informatique),
tout est bon chez Linux. A condition de l'avoir déjà
chez soi. Comme Windows. Mais faire de l'utilisation
de Linux une condition sine qua non à un éventuel
esprit "webpunk" est à mon sens une
grosse erreur, voire même une vision carrément
contre-productive. Un peu comme si tu voulais interdire
à un développeur de Linux d'écouter
Céline Dion où Johnny Hallyday.
Musique alternative, informatique alternative, les deux
mondes existent, ils doivent se nourrir l'un de l'autre,
mais contraindre l'un par rapport à l'autre est
à mon avis une grossière erreur.
Et de plus je serais extrêmement mal placé
pour faire une propagande ardue de Linux car je ne l'ai
pas moi-même encore installé; suite d'occasions
ratées et de manque de temps, mais je n'en fais
pas une priorité. Et je suis encore hésitant
sur la distrib, entre RedHat (valorisation boursière
590 millions de dollars à Wall Street) et Mandrake
(20 millions d'euros à la bourse de Jean-Pierre),
mon coeur balance. Même avec le libre, tout n'est
pas si simple.
6/
Penses-tu que l'on puisse complètement échapper
aux multinationales (Micro$oft en tête) et aux
standards qu'elles ont diffusé (je pense notamment
aux navigateurs et au format audio MP3) ?
Et bien, voilà une question enchaîne pile
poil. Autant, en ce qui concerne le système d'exploitation,
je m'en fous un peu (ce que tu as sur ton ordinateur,
après tout, ça ne me regarde pas), autant
les standards de communication je m'en fous pas du tout.
Quand tu utilises Windows, tu ne forces personne à
utiliser Windows. Certes, on peut considérer
que si tu utilisais un OS libre, tu encouragerais le
monde du libre, et tu aurais la conscience plus tranquille,
mais bon ton ordi était livré tel quel,
ya tout qui fonctionne (c'est un vrai petit miracle),
ton imprimante, ton scanner, ton modem, ta souris. Parfait,
tu peux partir à l'assaut de la Toile.
En revanche, quand tu fais ton site ouaibe, là
tu vas agir sur tes visiteurs. Si tu fais un site ouaibe
" optimisé pour Internet Explorer ",
alors tu "forces" tes visiteurs à utiliser
le navigateur de Microsoft.
Clairement, je n'ai rien contre l'utilisation de MSIE,
ou de Frontpage, ou de tout autre outil Microsoft, ou
de n'importe quel société (comme je l'ai
dit, cela ne me regarde pas). Ce qui est important c'est
que ce soit une utilisation "consciente".
Un site ouaibe, même réalisé avec
Frontpage ne doit être optimisé pour rien
du tout, et accessible à tous. Si je suis obligé
d'utiliser Microsoft pour accéder à un
morceau de web, alors ce morceau de web appartient à
Microsoft.
Maintenant pour ce qui est d'échapper aux standards,
je n'en sais rien. Mais est-ce bien important? Le MP3
est un standard propriétaire, cela ne l'a pas
empêché de devenir le symbole de la gratuité,
et de la libre diffusion de la musique sur le web. Je
pense qu'avec le MP3Pro Thomson voulait faire dériver
les habitudes vers un autre standard dont l'aspect propriétaire
est beaucoup plus restrictif, pour l'instant ça
n'a pas marché. Seulement avec l'effondrement
des Napster et clonepagnie, le MP3 risque de peu à
peu s'essoufler. Je pense qu'il est temps de songer
à la relève du MP3 avant que les marchands
ne le fasse à notre place. C'est pourquoi, dans
ce cas, j'ai fais une propagande, légèrement
outrancière (un peu punk, quoi), pour le format
Ogg Vorbis. C'est un format libre, de meilleure qualité
que le MP3, il a tout pour être LE format du punk.
Si on veut pas être emmerdé ultérieurement
par des attaques marchandes, il faut disséminer
au max les formats libres et encourager leur production.
En ce qui me concerne, je n'ai rien d'un chevalier blanc
en la matière. Je découvre au fur et à
mesure, j'apprends en même temps que je webzine
; et je reste persuadé que c'est la meilleure
utilisation d'Internet. Par exemple, en cherchant de
la doc sur les Ogg, j'ai appris (c'est pas nouveau,
mais j'ai pas la science infuse) que le Gif était
aussi un format propriétaire. J'ai pas encore
eu le temps de les virer de mon site pour les convertir
en jpeg (format libre lui), mais c'est en cours.
7/
Comment vois-tu la contre-information sur le net ? Comme
un moyen de diffusion et de mobilisation à grande
échelle ou plutôt comme un lieu de contestation
"soft", où l'on se contente de signer
des pétitions on-line ?
(Je pense notamment à la Loi sur la Sécurité
Quotidienne, qui a fait beaucoup de bruit via le Net,
mais assez peu me semble-t-il dans la rue, et pourtant
il y aurait de quoi !)
Arf.. c'est un peu tout à la fois. Faut pas oublier
qu'Internet c'est juste un moyen de relier les gens.
Alors il ya des causes qui touchent plus que d'autres.
L'affaire Daniel Mermet (le producteur de "La bas
si j'y suis", sur France Inter, était la
cible d'une plainte pour racisme), par exemple, a suscité
un réel engouement ; on peut parler de mouvement
de grande échelle dont le web fût un énorme
catalyseur, et on peut largement supposer qu'il ait
pesé sur la décision de justice. Disons
que de manière générale les pétitions
ont plus d'importance qu'on ne l'imagine ; quand tu
signes un truc, en général tu le lis d'abord.
Donc quand tu signes une pétition tu prends conscience
des problèmes, et c'est déjà très
important. Internet permet déjà de casser
la censure des médias dominants en divulguant
l'information sans réelle contrainte, et c'est
déjà pas mal !
Après, pour ce qui est de la mobilisation "réelle",
cela ne dépend pas d'internet mais des gens.
Internet c'est un vecteur d'information; pas un parti
politique ou un mouvement révolutionnaire!
8/
Connais-tu le site américain Unixpunx.org
(géré par un gars d'Unseen) consacré
au punk et à l'informatique (les dates de concerts
des Casu côtoient les articles sur le PHP4 ou
le nouvel i-mac !) et dont le slogan est "Counter-cultur
Music, counter-Cultur Operating Systems" ?
Bah non, je connais pas. Je ne dis pas que je n'y suis
jamais passé, mais je ne m'y suis jamais arrêté.
Il m'est déjà impossible d'intégrer
toute l'info que je voudrais qui est distillée
sur les sites français, alors les sites anglophones...
n'y pense même pas !
Ceci dit, évidemment le concept est sympathique.
Un mec fan d'info et de punk, décide de faire
un site consacré au punk et à l'info.
Comme je l'ai dit, les deux mondes sont parfaitement
compatibles, et le (ou les) bonhomme(s) d'unixpunx font
un site jonction... Et les initiatives de ce genre,
mêlant l'info et le punk (au sens large) vont
se multiplier (je conseille à ce sujet, de lire
la présentation du projet "Print" (squat.net/print)
de Dijon, greffé à Maloka). C'est une
question de temps et de gens, comme d'hab...
9/
Tu reprends à chaque n° du Parapet un aphorisme
d' Anne Archet. Permets-moi de t'en demander un petit
commentaire personnel, comme ça, pour le plaisir
:
a)
"Les anarchistes seraient de fort agréable
compagnie sans leur manie assommante d'avoir toujours
raison."
Tant qu'on aura pas vécu en "Anarchie",
on pourra pas dire que ça marche pas. Donc, comme
c'est de l'utopie, de la théorie, forcément
les anarchistes ont toujours raison. Et un mec qu'a
toujours raison, c'est vite gonflant. Non ?
b)
"La meilleure façon de tuer un homme, c'est
de le faire travailler et lui verser un salaire"
Exactement. Et comme me le disait encore hier, mon grand
ami Charles De Gaulle "La vie n'est pas le travail
: travailler sans cesse rend fou " Et il avait
bien raison le bougre. Tiens, une autre citation que
tu peux trouver sur rienfoutre.org, "Si tu as envie
de travailler, assieds toi et attends que ça
passe" (proverbe corse).
10/
Que penses-tu du mouvement straight-edge, que tu égratignes
un peu dans un de tes éditos ?
Moi j'égratigne mes amis straight-edgeux ?!?
C'est de la diffamation !
Bon okay, je me suis un peu foutu de leur gueule. Le
straight-edge pur et dur est végétalien,
ne consomme pas d'alcool pas de drogue, ne pratique
le sexe qu'avec parcimonie (et Ovidie se réclame
du Straight-edge, je suis mort de rire), bref c'est
un mouvement super-déconne. Blague à part,
peu importe ses caractéristiques, mais comme
tout mouvement, il a ses qualités et ses défauts,
et il n'y pas de raison pour ne pas se foutre un peu
de leur gueule. Tout comme les Redskins lonsdale, les
punks en treillis, les linuxiens, dès qu'il ya
phénomène de groupe, il y a forcément
une façon décalée et acide de voir
les choses. C'est Desproges qui disait "quand est
plus de deux, on est une bande de cons"... Maintenant
il ne faut confondre "léger foutage de gueule
sympathique " avec "total mépris ".
Je crois que le mépris, ça ne m'est arrivé
qu'une fois, c'était envers Slipknot, une grosse
pointure amerloque très malsaine.
11/
Quelle est ta définition du punk ?
Y'en a pas. Si le punk se limite à un style musical
et à des paroles, alors les Sales Majestés
sont punks. Si le HxC mélodique façon
californie c'est jamais du punk, alors les Burning Heads
ne sont pas punks, et pourtant ils ont une attitude
et un comportement cent fois plus "punk" que
beaucoup d'autres groupes autoproclamés punks.
S'il faut des paroles rebelles, alors les Sheriff ne
sont pas punk. Et comme ma définition, tout le
monde s'en branle ; c'est très bien ainsi. Moins
la notion de punk aura de critères, plus le punk
aura de chance de survie et de dissémination.
12/
Comment as-tu découvert le punk-rock ?
Un de mes cousins m'a fait écouter du Shériff;
"j'irais jusqu'au bout, jusqu'au boucher du quartier".
J'ai trouvé ça complètement naze,
je suis retourné a mes Pink Floyd.
Plus tard, au cours d'une soirée étudiante,
je me suis retrouvé à pogoter sur un morceau
qui me disait quelque chose... un collègue m'a
éclairé, c'était "A coups
de battes". On a tapé la discu, il m'a fait
découvrir Parabellum. Et là évidemment,
c'était autre chose. Et puis après, c'est
l'engrenage infernal, la descente aux enfers classique,
horrible. Ludwig, Béru, OTH, Légitime
Défonce (trop méconnu Leg Def, et c'est
vraiment dommage). A chaque groupe que je découvrais,
je prenais une claque. Je te raconte pas quand j'ai
découvert Zabriskie Point. Et pour les Binam,
pareil.
13/
A ton avis, qu'est-ce qui manque le plus en France dans
la scène punk ?
Du mauvais esprit, je pense. Je crois qu'on se prend
trop au sérieux (j'en suis pas exempt, c'est
pourquoi je ponds parfois des éditos à
la con). On finit par avoir une vision unilatérale
des choses, on étouffe.
Pour faire une comparaison, je trouve extrêmement
jouissif de lire PLPL (plpl.org). Il y avait un autre
mag, mais qui a crevé sous les procès,
c'était "Zoo", ça aussi c'était
excellent pour la tête. C'est ce genre d'esprit
que j'aimerais rencontrer plus souvent dans le punk.
14/
Ecoutes-tu autre chose que du punk ? Penses-tu encore
écouter du punk à 40 ans ?
Oui et non. Pour écouter autre chose que du punk,
il faut soit avoir des potes qui te fassent écouter
autre chose (j'ai essayé du gothique, du death
machin, du black bidule, mais dire que j'ai bien accroché
serait franchement hypocrite), soit aller de temps à
autre dans un temple de la consommation. J'ai bien un
Hypermédia pas très loin de chez moi,
mais il est carrément nul à chier (impossible
d'y trouver le dernier Ludwig, véridique), et
j'y fous plus les semelles, si bien que je suis assez
limité côté découverte "grand
publi ". Sinon, j'ai toujours quelques trucs qui
trainent et que je me repasse de temps à autres
La Ruda Salska, Massilia Sound System, Renaud (à
Bobino, un bijou, et même le dernier, ne soyons
pas vache, il est pas mal), Pixies, Pink Floyd (ah ben
ouais, The Wall, je suis traumatisé a vie), Genesis,
Britney Spears (j'attends avec impatience la reprise
de London Calling), Maurice Chevalier (toute ma jeunesse,
ah qu'est-ce qu'on rigolait sous l'occupation), bon
j'arrète mes conneries.
Et oui, à 40 ans j'écouterai du Punk.
Comme je l'ai dit, j'ai découvert le punk en
étant étudiant, pas dans ma période
d'ado rebelle de la vie qui aurait trainé avec
des gars du milieu et pour qui, passé un certain
âge, "c'est fini ces conneries".
15/
Projets ?
Aucun. C'est le moyen le plus sûr de les mener
a terme.
16/
Mot de la fin, anecdote, message au monde entier...
Oui. A toute la cyber-keuponie. Vous êtes sympa,
je vous aime, mais datez vos putains de chroniques bordel
!!
Merci.
Le Parapet : - http://parapet.lautre.net
E-mail : abfab.pkt@wanadoo.fr
| Et
maintenant, que vais-je lire ? |
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