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DYNAMITE
N°19
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| Chroniques
zines |
BARRICATA N°9 - 56p A5 -
2,5 € pc - Klasse Kriminalle, No Government,
Laurel Aitken, Yves Pagès, RAWA
A la lecture de ce n° de Barricata, j'ai enfin trouvé
ce qui faisait défaut dans les n° précédents.
Ah non, pas le sens de l'humour, on n'en est pas encore
la ! Mais plutôt la réflexion voire parfois
l'intelligence. En tout cas, je n'ai pas retrouvé
dans ce n° ce qui me déplaisait tant dans les
n° précédents : ce coté "on
est bêtes et méchants, et si tu ne penses
pas comme nous, tu es notre ennemi, et ça se paiera
!". Dans ce n°, j'ai apprécié l'interview
d'Yves Pagès, le long entretien avec un rocker
des années 80 à Paris, et un article sociologique
assez creusé intitulé "Désordres
publics et ordre social". L'interview d'un kop de
supporters de Rennes est sympa également, par sa
remise au point sur ce qu'est réellement la croix
celtique, c'est à dire un symbole qui n'a rien
de faf en Bretagne, où on peut en trouver partout,
même si la croix blanche sur fond noir est clairement
devenue un signe facho. Mais bien sûr, vu qu'il
s'agit de supporters de foot, le dérapage n'est
jamais loin : "[nos valeurs sont] un esprit de tolérance
envers les autres tant qu'ils ne sont pas supporters de
Guingamp, Marseillais ou Nantais". Fight the real
ennemy, qu'y disaient ! L'intro de cette interview est
également révélatrice, car le RASH
avoue que "les premiers contacts [avec eux] ont été
plutôt tendus, quiproquos sur leurs proximités
politiques". Au moins ont-ils le courage de le reconnaître.
En gros, on juge d'abord, on entame la lutte du bien contre
le mal, et ensuite on rectifie le tir si il faut. L'interview
de RAWA (Armée Révolutionnaire des Femmes
Afghanes) vaut le coup également, pour les conditions
de vie des femmes, qui n'ont pas tellement changé
en Afghanistan depuis l'arrivée au pouvoir de l'Alliance
du Nord, contrairement à ce que les médias
occidentaux s'étaient empressés d'affirmer.
Un gros boulot a été effectué au
niveau des chroniques littéraires, qui sont longues
et bien ciblées (un très bon point pour
Barricata), contrairement aux chroniques zines qui sont
assez succintes. Les chroniques disques qui clôturent
le zine sont logiquement tournées vers la oi, le
punk et le ska. Comme quoi, un peu moins de folklore RASHiste,
et ce zine passe tout de suite mieux ! RASH paris, c/o
Crash Disques, 21 ter Rue Voltaire, 75011 Paris.
NEURONE
N°9 - 24p A5 - 2 timbres -
C'est la première fois que je lis ce petit zine,
et dans la forme, je trouve qu'il ressemble assez au Dito's
des Skalopards Anonymes, et je pense d'ailleurs qu'il
doit y avoir quelques relations entre les deux. Le fond
s'en rapproche assez également, avec cet attrait
pour le style festif (la gangrène du sud ?), comme
le montre l'interview des Fils de Teuphu. Au niveau des
chroniques, c'est assez varié, entre ska, reggae,
rock, métal et punk. On retrouve également
des scene-reports, annonces de concerts, ainsi qu'une
petite distro aux prix parfois un peu chérots.
Maskes Feuillus, Le Clos, 83830 Callas.
NO
GOVERNMENT n°46 - 26p A4 - 3€ -
Social Distorsion, Bad Lieutnants, Lutece Borgia, Warrior
Kids, Anti-Flag, Toltshock. -
Un bon fanzine qui redémarre, ça fait toujours
plaisir. Aux lecteurs comme aux rédacteurs d'ailleurs.
Ainsi, recevoir un nouveau n° de No Government m'a
fait bien plaisir, j'avais à nouveau la satisfaction
de lire les talentueux scene-reports de Arno et Juliette.
Ceux du rocker Bob Morlock (Nike touch !) sont bien écrits
également, même si je me tamponne assez superbement
des évenements comme les Eurockéennes de
Belfort. Les résultats des interviews sont assez
inégaux, mais j'ai beaucoup aimé celle de
Lutece Borgia, avec de bonnes questions et de bonnes réponses.
Appréciable également, un peu moins de complaisance
envers la scène skin de apo de droite parisienne,
et quelques réflexions envers les skins du Kastelein
(un bar belge, rendez-vous des rasés au front étroit
et souvent national, et accessoirement casseurs de punk).
Adrenaline Records, BP 2176, 51081 Reims Cedex.
PLUS
RIEN #15 - 12p A5 - 1 timbre -
L'avantage dans Plus Rien, c'est que chacun devrait y
trouver une bonne occasion de le lire. Que l'on soit fan
de groupes punk de l'autre bout du monde, de HC tchèque,
de Paris Violence, de punkaclou ou de skins en tongs (cf
chronique Bonecrusher et l'ouvrage "J'Irais cracher
sur vos tongs", de Pierre-André Bonnier, 124p,
éditions Folio), de réflexions désopilantes
ou de fanzines écrits tout petits (rayez les mentions
inutiles), Plus Rien est le fanzine qu'il vous faut. Le
plaisir esthétique est préservé également
à travers les reproductions des jolies pochettes
parmi les disques chroniqués. Très concis
et très très bien tourné, Plus Rien,
comme Vedette, mérite votre confiance. Kaliméro,
BP 21, 59007 Lille Cedex.
PUNX
PIKNIK N°2 - 4p A4 - 1 timbre -
Cette feuille ne paye pas de mine, à cause d'une
présentation un peu classique, mais le contenu
mérite que l'on s'y attarde. On y retrouve une
interview de RAF (un groupe alsacien), qui ne parle pas
beaucoup, mais il faut dire que beaucoup de questions
ne prêtaient pas à un épanchement
littéraire non plus. La seconde interview est celle
de l'Anarchist Black Cross Dijon, ce qui est une très
bonne idée. Le reste de ce n° est composé
de quelques scene-reports et chroniques. J'ai énormément
apprécié la partie chroniques lectures et
vidéo, car cette partie n'est pas si fréquente
dans les zines, et j'y ai trouvé pas mal de choses
à me procurer au plus tôt, notamment parmi
les vidéos. Au niveau de la forme, c'est très
très condensé, mais la présentation
de l'ensemble en une seule colonne sur la largeur du A4
rend l'ensemble assez pénible à lire. 2
ou 3 colonnes, ça passerait déjà
mieux, je pense. J'ai reçu ce n° par hasard
via un courrier, donc je ne sais pas si de nouveaux n°
sont sortis depuis. Gonzo, c/o SETP, BP 2053, 68059 MULHOUSE
CEDEX.
STREET
TRASH N°02 - 24p A5 - 2 timbres pc -
Street Trash a déjà pour plaire une qualité
assez peu présente dans les zines : une présentation
hyper esthétique, et des illustrations superbes,
comme le photomontage de couverture. Et le contenu ne
déçoit
pas non plus, avec une partie musicale composée
d'habituelles chroniques zines et zique (globalement punk-ska-oi),
une petite interview du dessinateur Gil, et des adresses
de sites intéressant et de listes de distribution.
A ce propos, je m'élève vivement contre
le choix de "Buy or die" comme titre de cette
dernière rubrique. "Consomme ou crève",
c'est plutôt un chouette résumé de
ce qu'est une société de consommation, non
? La seconde partie est plus militante, avec un dossier
de 12 pages sur le vote, contitué de longs textes
sur le vote, et d'un argumentaire sous forme de questions
/ réponses assez bien tournées. J'aime vraiment
bien que les zines abordent en profondeur les sujets politiques,
plutôt que de balancer de l'anarchie caricaturale
en mettant des A cerclés à toutes les pages,
et en recopiant les tracts de la FA pour se donner une
conscience anarchiste toujours bien vue dans la scène
punk. Ici, point de ça donc, ce qui est tout à
l'honneur de Street Trash dont je vous recommande la lecture.
Sylvain Le Borgne, 13 square du Docteur Guérin,
35000 Rennes.
TRASH
TV - Hors-série Street Trash - 20p A5 - 2 timbres
pc -
Construit sur le principe d'une parodie de magazine télé,
ce zine est effectivement trash, mélangeant les
faux potins, fausses pubs (le porte-chat, c'est quand
même ultra-trash !), les jeux et horoscopes, ainsi
bien sûr que les fameux programmes télé,
le tout dans un esprit jubilatoire assez poussé.
On peut d'ailleurs pensé aux Faux Fils de Trash
Bourrent pour l'esprit. La dernière partie est
plus sérieuse, composée d'articles du Réseau
d'Abolition de la Télévision et des Casseurs
de Pub. Crash your trash TV ! Même adresse que Street
Trash.
UNE
VIE POUR RIEN N°5 - 56p A4 - 4€ pc - Warrior
Kids, Fabian, Hard Skin, Toltshock, Swingo Porkies, Evil
Conduct, Jim Murple Memorial.
Même si je suis loin de me retrouver à 100
% dans les goûts musicaux des rédacteurs
du zine, on peut y trouver toutefois un bon paquet de
qualités. J'aime bien tout d'abord l'esprit "historique"
du zine, à travers les interviews et articles :
Warrior-Kids, Fabian-Bootboys, la scène skin italienne
des années 80 et Swingo Porkies. Le must de ce
zine est vraiment l'interview de 5 pages de Fabian, un
ancien skin des Halles des années 80, chanteur
de bootboys puis propriétaire de la boutique Chelsea.
Les propos sont vraiment très instructifs sur tous
les points du Skinhead Way of Life de l'époque,
et l'interview (réalisée live) est de plus
superbement menée. De même, l'interview de
Toltschock est intéressante, sauf lorsqu'ils parlent
de la fierté Working Class, où ça
me dépasse. L'interview d'Hardskin est quant à
elle parfaite pour ne rien apprendre sur le groupe, mais
de toutes façons, ça a toujours été
une des caractéristiques du groupe ! De nombreuses
chroniques punk-oi complètent cette instructive
lecture. Une vie pour rien ? BP 11, 93312 Sevres.
VENDETTA
N°05 - 60p A5 - AK47, Kabu Ki Buddah, Kargol's
Contrairement à d'autres n° de ce zine, celui-ci
ne se distingue pas par des interviews très percutantes.
Ca commence par l'interview d'un groupe croate, mais la
retranscription a été plus difficile que
prévue, et des points d'interrogation émaillent
quasiment chaque phrase de l'interview, ce qui au final
rend minime l'intérêt de l'interview. Pour
Kabbu Ki Buddah, l'interviewer et le groupe ne semblent
pas être sur la même longueur d'onde tout
au long de l'interview, même si les 2 y mettent
toute leur bonne volonté. Le groupe n'apparaît
ainsi pas très intéressant, un peu j'm'en
foutiste par rapport à pas mal de trucs (comme
les paroles ou le sponsoring dans les concerts). Et pour
les Kargol's, ils passent une pleine page à dire
que les majors, on aime pas trop, mais bon ils ont du
pognon, alors on va quand même finir sur une de
ces majors, mais ce ne sera pas de gaieté de cur.
Le mur du çon est également allègrement
franchi quand le chanteur dit que les jeunes qui écoutent
la vague ska française actuelle s'intéresseront
ensuite aux classiques et aux origines du ska. N'importe
quoi ! Heureusement, pour compenser tout ça, Vendetta
se rattrape par ses chroniques assez nombreuses et variées,
avec la reproduction de toutes les pochettes de disques,
ce qui n'est à mon avis pas toujours nécessaire.
Les chroniques zines sont très longues et détaillées,
et je croyais qu'il n'y avait que Human Disaster pour
faire ça ! Vendetta propose en bonus une traduction
de la brochure "Participation is the key" d'Active
Minds, une sorte de guide pratique du DIY de 14 pages.
On passe donc en revue l'organisation de concerts, la
formation d'un groupe, la production d'un disque et le
fonctionnement d'une liste de distribution. Cette brochure
est vraiment bien faite, elle passe en revue le fonctionnement
du DIY depuis les aspects les plus basiques (voire un
peu con-con des fois) jusqu'aux détails techniques
les plus pointus (notamment sur le pressage de vynil).
Une raison supplémentaire de se procurer Vendetta.
Vendetta, 9 rue des Champs-Elysées, 31000 Toulouse.
ZOOP
#19 - 68p A5 - 3 euros pc -
Il est caractéristique de Zoop-Man de s'éparpiller
un peu partout, dans toutes les formes d'expression, dans
tous les combats (et dans toutes les occasions à
bourrage de gueule ?), et comment le lui reprocher ? Et
le zine est d'ailleurs à cette image, c'est à
dire qu'il part un peu dans tous les sens, au niveau musical
comme au niveau politique. Les chroniques couvrent le
punk-rock, mais aussi un peu de ska-reggae, de rock ou
de gothique. Les interviews sont assez variées
également, dont un instructif entretien avec le
label Organik, intéressante sur le plan politique,
artistique et administratif (fiscalité des assos,
fonctionnement des réseaux de distrib). Toute la
2e partie du zine est constituée d'infos politiques
(squatts, répression policière, nucléaire
)
ainsi que 7 pages de chroniques de revues libertaires
et politiques, ce qui est assez rare dans un zine punk.
Même s'ils ne s'en vantent pas, ce zine est des
meilleurs représentants de l'esprit "punk
et politique", contrairement à beaucoup d'autres
qui n'en ont parfois que ne nom et les slogans
Le Bokal, 3 rue Lazare Carnot, 01000 Bourg-en-Bresse.
| Et
maintenant, que vais-je lire ? |
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