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BARRICATA
n°10 - 62pA5 - 2.50 € port compris -
Oi Polloi, Brigada Flores Magon, Pierre Carles,
Tard, Brixton Cats, Fred Alpi.
Dans l'édito, on apprend que Barricata existe
maintenant depuis 4 ans. Honnêtement, ce zine
a toujours eu le mérite de s'améliorer
au fil des n°, et les rédacteurs reconnaissent
eux-même que le ton est moins péremptoire
aujourd'hui, une très bonne chose ! Bon, bien
sûr, il reste toujours quelques petites joyeusetés,
par exemple un article satirique de Monsieur Plus qui
nous dit que les zapos sont les adversaires des reds,
et que quelque part, c'est une bonne chose qu'ils existent
pour qu'ils puissent taper dessus. Ca, c'est révolutionnaire
(au sens premier du terme) ! Moi qui ai eu l'audace
de penser un instant que le véritable ennemi
était le capitalisme ! mais comme diraient les
P4, "un skin restera un skin, pour la baston
et la bibine". Si il faut commencer à
latter tous les zapos dans un processus révolutionnaire
(le poids de la paix sociale, tout ça, ça
doit être inconnu à certains), pourquoi
se limiter aux skins, il y aurait également de
sacrés carnages à faire dans les bistrots
! Un autre point qui me surprend toujours dans Barricata,
c'est que ceux qui sont interviewés sont également
ceux qui écrivent dedans ! C'est vrai que le
RASH, même si il se veut imposant, c'est un tout
petit monde ! Passons maintenant aux aspects positifs
de ce zine, car il y en a, c'est certain. Je pense tout
d'abord à une longue interview, forcément
politique, d'Oi Polloi, un des rares groupes dont je
suis (presque) sûr qu'il ne me décevra
jamais, aussi bien politiquement que musicalement. On
retrouve également un dossier hommage à
Joe Strummer, avec les témoignages et éloges
funèbres de différents acteurs de la scène
punk français. Si le fond est un peu redondant,
la qualité d'écriture permet de compenser
cela. Mais là où Barricata devient réellement
passionnant, c'est lorsqu'il s'éloigne du mini-microcosme
RASH. On retrouve alors des interviews très riches
de Pierre Carles (Pas vu, pas pris, Danger Travail
),
Jacques Tardi, et le magasin Sonic Machine. Et l'autre
point fort du zine se trouve vers la fin, c'est à
dire les chroniques de bouquins, qui sont parfaites,
approfondies et qui donneraient envie d'acheter tous
les bouquins présentés ou presque. Honnêtement,
voilà une agréable lecture, au-delà
du microcosme RASH. Barricata, c/o Crash Disques, 21
ter rue Voltaire, 75011 Paris.
EARQUAKE
N°81 / LA RALEUSE #5 - Split-zine - 26p A4 - 4 timbres
pc -
Pour son 81ème n°, Earquake passe au A4. La
raison de ce changement de format qui fout un merdier
pas possible dans l'archivage de mes Earquake ? Tout simplement
que ce n° est un split-zine avec Le Râleur,
qui se rappelle à notre bon souvenir. Pourtant,
il y a un petit changement puisque Fred Le Râleur
annonce dès l'édito ne plus chroniquer que
ce qu'il a envie de chroniquer "au lieu de descendre
en flamme tout et n'importe quoi, de vexer des gens avec
lesquels je pourrais peut-être avoir des affinités,
quand on voit à qui on en est réduit à
serrer la pince par les temps qui courent : mongols divers,
fafs défensifs, obscurs supporters de la Chiraquie
".
Il fait bien de nous prévenir, ça évite
d'être trop choqué ensuite
de le voir parler assez complaisamment de Bords de Seine
et il Pour il quelques pages plus loin. On
trouve toutefois une brève explication sûrement
pas infondée : A mon sens, ni la radicalité
ni l'intransigeance ne survivent à un minimum de
vécu hors du microcosme rock n' roll ultra-gauche".
Le reste des chroniques reprend le style habituel du Râleur,
avec plein d'écarts et de digressions, j'adore
! Niveau interviews, on retrouve le rédacteur de
Rude Boi, entièrement axée sur ses déboires
avec la police, les RG et les journaleux, suite à
l'affaire Maxime Brunerie, dont il est paradoxalement
le meilleur ami. L'autre interview est celle de Sid Totalitarizm,
pas excessivement longue, mais qui présente bien
le personnage et ses activités. L'autre moitié
du zine est comme précédemment composée
d'articles sur ses séjours en Indonésie,
ici à travers une série de portraits finement
écrits, et un article totalement extérieur
au punk-rock, mais heureusement tout aussi intéressants,
intitulé "Fête foraine". Coté
Earquake, le contenu est plus classique, mais tout autant
de qualité. On y retrouve une interview sympa de
Sickness, et une interview-fleuve, forcément ultra-politique,
de The Redskins, datant de 95, mais toujours autant d'actualité,
et qui peut facilement être francisée en
remplaçant Thatcher par Raffarin, Kinnock par Jospin,
et le SWP par LO. Les propos y sont passionnants, même
si j'ai toujours autant de mal à lire sans sourciller
le communiste dans le texte ("en tant que membres
du SWP, nous devons nous soumettre à la discipline
du parti"). Et bien sûr, le zine commence
et se termine par de nombreuses chroniques zines et zique,
très souvent accompagnées de reproduction
des pochettes.
Frédéric LECA, 55 rue Saint-Jean, 88300
Neufchateau / Fred Le Rochais, 3 passage Michel Béziers,
14400 Bayeux.
EARQUAKE
N°82 - 24p A5 - 3 timbres - Nasum, Gee
Strings
Fini les délais de parution bimestriels, Fred a
visiblement décidé d'avoir une vie en-dehors
du zine ! Les sorties se font plus espacées, mais
le contenu reste tout aussi intéressant. La moitié
du zine est constitué de chroniques couvrant bien
les différents sous-genres du punk, et l'actualité
musicale de la scène, chroniques parfois émaillées
de petites réflexions pertinentes. Par contre,
niveau interviews, il n'y a malheureusement pas grand-chose
d'intéressant à se mettre sous la dent ce
coup-ci. Fred LECA, 55 rue St-Jean, 88300 Neufchateau.
FILS
DE CREVURE n°2 - 10p A5 - 1 timbre - Dirty
Floi, Cri d'Alerte.
Dans cette feuille d'info, Bertel s'attache à dire
ce qu'il pense en toute sincérité, et visiblement,
ça lui a déjà coûté
quelques différents dans cette scène punk-oi
tant habituée à l'auto-congratulation généralisée
entre professionnels de la profession. Du coup, le rédacteur
remet les choses en place dans son édito, des propos
d'ailleurs assez proches que ceux que j'avais tenu il
y a quelques années sur le même sujet. Au
sommaire de ce n°, on retrouve donc les interviews
de Dirty Floi et Cri d'Alerte, bien menées, avec
de bonnes questions, et faisant bien découvrir
les groupes en question. Et bien sûr, on a droit
à un bon paquet de chroniques de disques et de
zines, essentiellement de la oi, mais également
du street-punk, voire même un zeste de hardcore
et de psycho. Voilà une feuille que j'apprécie
beaucoup plus pour son ton que pour l'intérêt
musical (trop de oi apo française à mon
goût, même si le rédacteur n'est pas
apo)
FULL
OF SHIT #003 - 40p demi-A4 en largeur - 2€ pc -
Paragraf 119, Alternative System, Murder, Twist
Décidément, on trouve sur St-Etienne un
nombre de zines crust / grind impressionnant ! Est-ce
parce qu'il y a eu un grand nombre de concerts de ce style
depuis des années à St-Etienne (au feu-Mistral
Gagnant) que l'on retrouve autant de gens dans cette scène
aujourd'hui, ou parce qu'il y a toujours eu un public
de ce style, qui aujourd'hui monte des zines et des groupes
?
Le zine commence par une interview du label Murder inintéressante
(too fucked up to think), mais le reste s'améliore
ensuite considérablement, avec une interview de
Twist (c'est une spécialité des zines stéphanois,
interviewer les potes !), qui est vraiment parfaite, très
politique, très détaillée, j'adore.
On continue ensuite avec Alternative System (anarko-teckno,
St-E) et Paragraf 119 (anarcho-punk danois), deux interviews
également très intéressantes, suivies
d'un compte-rendu de tournée Hippies of Today /
Vomit For Breakfast en Hollande / Suède / Allemagne.
Classiquement, le zine se termine par des chroniques de
crust / grind, de groupes que je ne connais bien sûr
pas, que je n'ai pas envie de connaître, puisque
je n'ai pris ce zine que pour ses interviews. La présentation
graphique de l'ensemble est de plus assez esthétique.
Guillaume BOUGEROL, 41 rue de la Jomayère, 42100
St-Etienne
HEY
YOU #3 - 32p A5 - 2€ pc - Agnostic Front,
Disasters, Body Bag, Lutece Borgia
Il y a une qualité indiscutable à ce zine,
c'est la diversité des styles évoqués.
Le punk, la oi et le hardcore y sont largement évoqués,
comme le montre la diversité des interviews. Par
contre, la qualité de ces dernières reste
assez moyenne, mais va sûrement s'améliorer
au fil des n°. Par contre, au niveau des chroniques,
il n'y a déjà plus rien à redire,
puisqu'elles sont nombreuses (10 pages), longues, tapent
dans des styles variés et donnent toujours un bon
aperçu du disque. On trouve également un
petit historique de The Clash, bien fait, mais je trouve
l'exercice beaucoup trop convenu actuellement, et presque
racoleur, un peu comme les dédicaces à Carlo
Gulliani qui fleurissaient l'année dernière
dans les zines et disques, bien pratiques chez certains
(je ne fais pas non plus de généralités)
pour se draper d'une conscience sociale à peu de
frais, quand ce n'est pas tout simplement "parce
que ça fait bien dans la scène punk".
Bonno Rodolphe, La rochette Foveno, 56140
St-Congard.
NO
GOVERNMENT N°47 - 28p A4 - 3€ pc -
Marsu, The Disasters, Brigada Flores Magon, The Krays,
Bombshell Rocks
Ce nouveau n° de No Government apporte une fois de
plus son lot d'interview passionnantes. On commence par
une causerie avec Matéo, chanteur de la Brigada.
J'ai trouvé les propos bien posés et intéressants,
c'est à dire le contraire de ses interventions
sur scène ! Par contre, il y a un point qui m'a
quelque peu interpellé à propos de la CNT
qui "refuse les systèmes de cogestion,
refuse de participer aux élections aux comités
d'entreprise et d'être aux conseils d'administration".
Si c'est de la CNT "historique" qu'il parle,
ça marche, mais sil parle de la CNT des Vignoles
(dont ils font partie), là on n'est plus d'accord,
car elle a déjà participée à
des élections de ce genre , ce qui explique qu'elle
ait ensuite été exclue de la CNT-AIT pour
cette raison. Enfin, là, cest du détail,
sil ny avait que ça à reprocher
au groupe, ce serait merveilleux ! On a ensuite droit
à Roger Miret puis Jon des Krays qui nous versent
leur petite larme sur le World Trade Center ("tu
comprends, c'était nos tours, on les aimait, elles
sont tombées, c'est pas juste"). Chez
Jon, on retrouve bien sûr en plus son habituel couplet
patriotique, avec cette fois-ci également un petit
passage sur sa foi. Je passe sur l'interview des Gasolheads
pour arriver à la pièce de choix, une interview
très imposante (7 pages bien pesées) de
Marsu, manager des Béru et fondateur de Bondage
première époque. Alors bien sûr, le
gars a plein de choses à dire, et vu qu'il est
loquace, ça rend l'interview passionnante, où
sont évoqués à la fois de nombreuses
anecdotes et des sujets de fond relatifs à la scène
passée et actuelle. Le zine se conclut par les
habituels scene-reports (toujours très plaisants
à lire) et chroniques.
Adrenaline Records, BP 2176, 51081 REIMS CEDEX.
LE
NOMBRIL n°2 - 1p A4 recto/verso - 1 timbre -
Cette feuille d'info très condensée réalisée
par Youn du label Rural Musik contentera à coup
sûr ceux qui sintéressent à
ce qui se passe dans la scène punk (news, prévisions
des labels et chroniques disques), ainsi qu'une interview
des Filaments. Ces derniers constituent la plus récente
sortie du label Rural, mais de toutes fàçons,
cette feuille s'appelle Le Nombril, donc vous étiez
prévenus ! Pour les hommes nouveaux, cette feuille
est disponible également sur le site Rural Musik.
PLUS
RIEN #16 - 12p A5 - 1 timbre -
J'ai une passion toute particulière pour ce zine,
de part la pertinence de ses écrits, de l'esprit
libertaire très présent, et du ton employé.
L'édito est une fois de plus très bien trouvé,
et les chroniques (couvrant le punk-rock et le crust nordique)
sont toujours abordées de façon originales
et pleine d'humour, ce qui rend l'ensemble particulièrement
savoureux, que l'on connaisse ou non le groupe ou le zine
chroniqué. Toujours dans les disques, on retrouve
comme d'habitude une chronique de Driller Killer, comme
dans tous les n° précédents (c'est pas
possible, y' joue dedans, ou quoi ?), ainsi qu'également
un bon paquet de chroniques de scandi-core, un genre qui
passionne le rédacteur (à moins que ce soit
pour séduire les blondes suédoises en vacances
en France : "je m'intéresse beaucoup à
ton pays, j'ai l'intégrale de Totalitar et Driller
Killer en vynil, tu peux m'embrasser !").Au-delà
de la zique, Pierre-André s'intéresse au
cinéma, et nous en fait profiter à travers
quelques chroniques, essentiellement des documentaires
et du cinéma social. A ce propos, comment un anarchiste
connaît-il l'existence de Bomber X, qui est paraît-il
"un film de cul rien qu'avec des skinheads"
?! je vois d'ici la bande-son ! "Vive la bière,
la baston et vive le cul, oi oi !" (Merci à
la toile d'araignée mondiale de m'avoir permis
de découvrir de tels tubes !)
POURVU
XA DURE #4 - 20p A5 - 2 timbres - Charge 69,
Néophyte, Hors-Service -
A la base, Pourvu Xa Dure était une liste de distro,
complété de quelques interviews et chroniques.
Cette partie zine s'est tellement accrue au fil des n°
que la liste de distro n'y figure même plus ! Et
on n'y perd pas au change, car ce petit zine est vraiment
de bonne qualité. Les interviews y sont longues,
creusées, enrichissantes. On retrouve également
quelques scene-reports plutôt sympa, même
si le rédacteur (bassiste de Crazy Time) ne se
prive pas pour envoyer des fleurs sur son groupe de "punk-rock
racé" et "tourné vers l'avenir"
! Le zine se termine par quelques chroniques de disques
sortis récemment. A signaler aussi les gros efforts
apportés à la présentation graphique
de l'ensemble (à l'exception des 4 dernières
pages de chroniques, mais ça se comprend, c'est
sûrement l'envie d'en terminer au plus vite !).
Pourvu Xa Dure, 483 bis route de Frans, 69400 Villefranche
sur Saone.
RAD
PARTY N°31 - 112p A6 - 3€ pc -
Généralement, la sortie de chaque Dynamite
est l'occasion de couvrir Rad Party d'éloges et
d'en conseiller ardemment la lecture. Mais ce n°-ci,
je l'ai trouvé tellement décevant que je
l'ai vite laisser se noyer sous une pile d'autres fanzines.
Je l'aurais bien refilé à quelqu'un d'autre
pour m'en débarrasser définitivement, si
je n'avais pas eu la crainte de faire découvrir
Rad party de la pire des manières. On retrouve
bien sûr quelques écrits personnels habituels
au rédacteur, mais la partie véritablement
gonflante est la longue narration des soirées-concerts
vues par le rédacteur, où durant 25 pages,
on baigne dans la scène rock branchée parisienne
(concert de Mudhoney, D4, Vanilla [non, pas Muffins, c'est
ici d'emo-pop qu'il s'agit], New Bomb Turcks, Dead Pop
Club, Motorhead
), et surtout avec un esprit "presse
rock omniprésent de ce petit milieu qui va
aux concerts en fonction de sa présence ou non
sur les listes d'invitation, utilise les mots branchés
et place à tout propos ses relations avec tel ou
tel confrère ou telle attachée de presse.
Autant d'habitude, le rédacteur présente
ce monde avec un recul certain, autant cette fois-ci,
il sombre en plein dedans, nous présentant une
longue litanie de résumés de concerts où
il semble se rendre sans trop savoir pourquoi (un exemple
des plus révélateurs de cet esprit : "j'ai
un peu suivi la hype (invitation oblige)". Arf,
c'en est trop.
On retrouve également une interview très
longue (23p A6, écrit à la main, mais ça
représente quand même un sacré morceau)
de Ian Mc Kaye, qui est surement passionnante, mais j'avoue
ne pas avoir encore eu le courage de tout lire. La faute
à l'écriture manuelle fort peu lisible,
les lettres sont bizarres et il faut tout le long se donner
la peine de les déchiffrer (déchiffrer des
lettres, oui, comme l'émission télé
du même nom). Si ce choix d'écriture s'inscrit
dans une démarche artistique DIY (Decipher it Yourself)
contre le ready-made, pourquoi pas, mais j'aurais quand
même préféré une zolie Arial
8 ou l'écriture manuelle de Steph ! S'ensuite ensuite
une contribution d'un membre de Seanews (dont Steph fait
une promotion au bulldozer tout au long du zine) pour
un scene-report de leur mini-tournée (2 dates !)
en compagnie d'un groupe italien ; pas particulièrement
déplaisant, mais sans plus, car il n'y avait vraiment
pas grand-chose à raconter. Le zine se termine
par une grosse série de chroniques, qui ne sont
souvent qu'une reprise du sommaire des zines, et un rapide
catalogage du style musical de chaque disque. Pourtant,
le hardcore (ici dans ses déclinaisons old-school,
mélodiques et emo-core) n'est pas un genre instrumental,
donc pourquoi (même si le rédacteur ne croit
plus à la finalitéde textes politiques)
ne pas évoquer brièvement les textes des
quelques groupes qui sortent du lot à ce
niveau ? Enfin bref, je préfère oublier
bien vite ce n°, pour me raccrocher à son successeur,
le n°32
RAD PARTY N°32 - 108p A6
- 3 € pc -
Après ma déception du n° précédent,
j'attendais forcément beaucoup de celui-ci. Et
bien, ça avait plutôt mal commencé
: dès les premières pages de scene-reports,
je tombe sur "il y avait Reel Big Fish.
On m'a filé une invit alors je me suis déplacé".
Heureusement, cet écart de journaliste rock parisien
se fait beaucoup moins (voir pas du tout) sentir par la
suite, et on retrouve le rédacteur tel qu'on le
connaît, c'est à dire intelligent, passionné,
observateur, déprimé puis enthousiaste,
etc. les petits écrits qui en ressortent sont donc
passionnants, particulièrement un passage où
il raconte une de ses mésaventures au Kiosk à
Paris. Toutefois, malgré les critiques que j'ai
pu formuler, Rad Party reste un fanzine assez à
part dans la scène, foncièrement de qualité,
et qui représente certainement un travail colossal
du rédacteur, ce qui ne doit pas être passé
sous silence.
ROTTEN
EGGS SMELL TERRIBLE #7 - 28p A4 - 5 timbres
Ce fanzine avait décidé d'arrêter,
mais vu la qualité de ce nouveau n°, il a bien
fait de revenir ! Le zine commence par un petit dossier
sur le groupe The Brigades, constitué d'extraits
d'interviews et d'articles, suivi d'une interview de Vlad,
chanteur du groupe (et actuel chanteur de The Informers).
Dans le même style, on trouve ensuite une interview-souvenir
avec l'ancien groupe toulousain Dau Al Set. Dans les deux
cas, ces interviews sont parfaites pour qui s'intéresse
à la scène punk engagée des années
80, ce qui est justement mon cas ! S'ensuit un dossier
très complet sur le végétarisme avec
les interviews de Raf-DIY, Yann Boislève et Philippe
A.V.I.S. (et rédacteur du feu-zine Bruit), où
sont abordés différents aspects liés
au végétarisme (les raisons de ce choix,
le végétarisme au quotidien, etc
).
On conclut ensuite avec plusieurs pages de chroniques,
souvent bien amenées, bien écrites et pleines
d'humour ! Toujours dans sa vocation d'Alain Decaut du
punk, le rédacteur prévoit également
de sortir un bouquin avec des extraits de vieux zines
(Kakofony, Playmobil System, Dekapsuleur, Dead Fuck Commando,
Petit Névrosé, etc
), et cherche à
en retrouver les rédacteurs.
Mundodrama, 34 Baraque de Luc, 12450 Luc.
SECTION
LONGUEUIL N°02 - 20p 18 x 18 cm - gratuit + port (Canada)
- Jeunesse Apatride, Bons à Rien, The
Uncivilized -
Ce petit zine québécois, qui m'avait déjà
paru très attachant dès son premier n°,
poursuit sur sa lancée, avec des interviews de
Jeunesse Apatride (oi, RASH Montréal), Les Bons
à Rien (punk-HC, visiblement LA référence
du punk québécois) et The Uncivilized (punk-HC).
Quelques pages de chroniques zique/zines/livres et films
complètent l'ensemble, lesquelles sont toujours
très longues, détaillées, et pas
complaisantes. Voilà des gens qui se bougent, et
qui prévoient également d'organiser des
concerts dans leur région.
SECTION LONGUEUIL N°03 -
16p 18 x 18 cm - gratuit + port (Canada) - Stage
Bottles, Bismark Von 007.
Ce n° semble avoir été fait un peu à
la va-vite, ma chronique le sera donc aussi ! On y retrouve
une interview de Stage Bottles qui n'a pas été
traduite, proposée directement en anglais, ainsi
que d'un groupe local québecois, au doux nom de
"Von Bismark 007". Alors là, on nage
en plein délire ! Ils justifient ce choix car pour
eux, "Von Bismark a été le premier
à instaurer un système de sécurité
sociale dans son pays. Il mérite toute notre admiration".
Alors là, je veux bien fermer les guillemets, mais
pas ma gueule ! Au contraire, Bismark était clairement
réactionnaire et avait fait voter ses lois sociales
dans le but de détourner les ouvriers de la propagande
socialiste ! Bismark, c'est aussi l'exacerbation du nationalisme
allemand contre le "danger français",
le combat contre les catholiques (le Kulturkampf) et les
socialistes, enfin, un type en or, quoi ! Bande de cons
! Le reste du zine est composé de deux brèves
pages de chroniques et on termine par trois pages pour
apprendre le tricot. Section Longueuil, CP88090, Longueuil,
QC, J4H 4C8, Canada.
VENDETTA
N°8 - 50p A5 - 3€ pc - René
Binamé, Strongly Opposed Rds, Franck Michel.
Dans ce nouveau n°, on apprend qu'il n'y a plus qu'un
seul rédacteur dans ce zine. Donc pour un gars
tout seul, quand on voit la taille du truc, on est impressionné
! Il n'échappera à personne que ce zine
est clairement anarchiste (enfin si, ça échappera
sûrement quand même à certains, puisque
il n'y as pas de A cerclé sur la couverture ni
à l'intérieur), et le rédacteur choisit
donc ses interviews parmi ceux qui ont des choses à
dire : Strongly Opposed Rds, René Binamé,
Franck Michel, 3 interviews intéressantes, particulièrement
René Binamé, où EsGibt se fait porte-parole
du groupe, et où il est bien sûr fortement
question de politique. Cette interview m'a fait très
plaisir, car au-delà du contenu politique, elle
montre qu'il n'y a pas que Binam' qui est détenteur
de la réflexion politique dans le groupe, tandis
que les autres suivent le mouvement. A noter également
que le rédacteur nous fait une allergie sévère
à Punk Rawk, et ne peut pas s'empêcher d'en
toucher 2 mots aux interviewés. Manque de chance
pour lui, les 3 sont plutôt favorables à
ce magazine, c'est bien la peine d'interviewer des anars
et un gauchiste ! On retrouve également au sommaire
un compte-rendu de voyage à Madrid pour deux concerts
de Sin Dios, et l'occasion de nous faire découvrir
le milieu militant libertaire madrilène. La rubrique
"Bières et mathématiques" figure
toujours au sommaire, occasion également d'adresser
quelques escarmouches aux redskins (bien qu'il ne s'en
prive pas non plus dans le reste du zine, d'ailleurs).
La BD détournée est également des
plus savoureuses. Je ne sais pas si elle a été
réalisée par le rédacteur, mais j'aimerais
bien lire d'autres détournements du même
genre. Et bien sûr, comme dans tout fanzine qui
se respecte, on retrouve un lot de chroniques, ici très
conséquent. D'aileurs, dans les 7 pages de chroniques
zines, tous les contenus sont passés à la
moulinette, et le moindre faux-pas ou approximation est
repris. Ca m'avait d'ailleurs un peu rebuté à
la première lecture, ces chroniques toutes réalisées
à travers le prisme anarchiste militant, mais après,
ça m'a passé ! Pour conclure sur ce n°
de vendetta, les 4 pages centrales sont un "lexique
à l'usage des néophytes", expliquant
certains mots propres à notre scène (distro,
new-school, SxE, trojan
), avec des définitions
souvent sérieuses, parfois amusantes (exemple,
Emopop : "ça veut rien dire
c'est
juste un terme pour décrire une musique pop et
on met emo, parce que sinon, ça fait pas HC de
dire juste pop"). J'ai moi-même appris
quelque chose dans ce lexique, à savoir les nuances
entre 7" single et 7" EP. Pourtant ce lexique
commençait mal : définir les anarcho-punks,
de façon ni drôle ni sérieuse, sans
évoquer la connotation politique qui fait leur
spécificité, c'est quand même fort
! Allez, je vais me permettre une petite question : quelle
est l'utilité d'un lexique à l'usage des
néophytes dans un zine punk qui est par définition
une lecture pour initiés ?
(Eh ben, j'en avais des choses à écrire,
moi !).
WE'RE
GONNA FIGHT - Newsletter #1(en anglais) - 2p A4 - 1 timbre
-
En plus du zine, We're Gonna Fight se met également
à la newsletter. La particularité de ce
zine (outre d'être en anglais, mais "anglais
facile à lire, dixit le rédacteur,
ce qui est tout à fait vrai") est d''être
fortement axé sur les scènes exotiques,
particulièrement la scène indonésienne
et les pays de l'Est. On retrouve donc ici une quinzaine
de chroniques (essentiellement du HC old school et de
l'anarcho-punk) et une interview du groupe Cita Attieksme,
un groupe de Latvia (mais c'est quoi, çà,
Latvia en français, La Lettonie, non ?), une interview
exclusivement politique, puisqu'on se fout pas mal des
influences du groupe et du déroulement de leurs
enregistrements. Y sont donc évoqués le
régime communisme, le poids des religions, la vie
quotidienne là-bas, etc. J'ai beaucoup aimé
cette interview. Pour completer le tout, on retrouve deux
petites "colonnes", dont une contre la clope,
qui dit en gros que c'est bien joli de dénoncer
ce qui se passe à des milliers de kilomètres,
de parler de résistances, d'alternatives, mais
que c'est plus facile de parler que d'agir, et ceux qui
disent vouloir combattre l'oppression feraient bien de
réfléchir à ce qu'ils imposent aux
autres en matière de nuisance et de tabagisme passif.
Bien d'accord avec toi, Gonz, shootons tous les fumeurs
lors des concerts, on y verra plus clair ! WGF distro,
8 cours Gambetta, 69007 Lyon
| Et
maintenant, que vais-je lire ? |
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