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Maz
est un stéphanois qui se distingue par ses multiples
activités : il réalise le fanzine Meantime,
a tenu jusquà peu un magasin de disque
intitulé Banrobber, qui continue toujours aujourdhui
son activité de label et liste de distribution.
Parallèlement, il chante dans The Muckrackers.
En bref, pas mal dactivités, à peu
près toutes évoquées ici.
1/
L'inévitable du genre, petite présentation
sommaire !
Salut
! Moi c'est Maz, j'ai 33 ans, j'habites St Etienne,
je fais le zine Meantime, le label et la distro Bankrobber
et je chante dans Thee Muckrackers S.E
.et puis
voilà, quoi
!
2/
Quelles ont été tes motivations pour ouvrir
le magasin Bankrobber ? Un vieux projet ou une possibilité
qui se concrétise ?
En fait, on a monté Bankrobber à deux,
avec mon pote David qui fait aussi le label Shark Attack,
sur lequel
il a sortit des disques de Wonky Monkees, Jerry Spider
Gang ou Neurotic Swingers, des trucs assez garage en
général. Ca faisait au moins 10 ans qu'on
se disait sur le ton de la plaisanterie qu'on monterait
notre propre structure un jour. Et puis il y a 3 ans
de ça, David en ayant plein le cul de bosser
à Paris depuis des années, on s'est dit
qu'après tout, c'était peut être
bien le moment de le faire avant d'être vraiment
troooop vieux ! ! Alors voilà, on s'est décidé
assez rapidement et on a bien mis 6 mois à tout
préparer, puis David est redescendu à
Sainté et on a ouvert ! Le but, c'était
de bosser au moins une fois dans notre vie pour notre
propre cul, pas pour engraisser un salaud de patron,
héhéhé, et de se faire plaisir,
aussi !
3/
Et pour malmener un peu l'ordre chronologique, passons
directement à l'aboutissement, pourquoi choisir
d'arrêter plus d'un an après ?
En fait Bankrobber a existé 2 ans, au total.
Le problème, c'est qu'au bout d'un peu plus d'un
an, David en avait marre de ne plus voir sa copine qui
était resté à Paris. Elle avait
cherché du taf' sur St Etienne et Lyon mais elle
n'a rien trouvé ; les choses sont décidément
mal faites !
Donc David est remonté sur
Paris où il a retrouvé son ancien boulot,
le pôvre, il avait pas vraiment le moral pendant
kelks mois ! De mon côté, je suis passé
de 50 heures hebdomadaire à 55 voir 60 heures,
et je commençais à sérieusement
saturer ! ! ! Ca n'aurait pas été grave
si j'avais été célibataire vu que
j'aimais bien ce que je faisais, mais bon, je ne voyais
plus mon gosse que les dimanche, ce qui m'a bien sapé
le moral. Tout seul, j'avais de plus en plus de mal
à gérer en même temps le magasin,
le label et la VPC
donc, je commençais
à rentrer moins de $$ en travaillant plus, ce
qui est tout de même râlant. Rajoutons que
c'était franchement pas évident d'embaucher
quelqu'un : David pouvait avoir envie de revenir, par
exemple
et puis faire 55 heures par semaine pour
gagner moins que le Smic, tu peux pas vraiment l'imposer
ou le proposer à d'autres personnes qu'à
soi-même ! Mais bon, la satisfaction c'est qu'on
aura au moins essayé. Pas de regrets, mais j'y
ai laissé pas mal d'énergie !
4/
La majorité des petits magasins de disques qui
arrêtent le font souvent à cause de problèmes
financiers, avant d'aller à la catastrophe. Pour
Bankrobber, quel a été le bilan financier
de cette activité ?
Ben, nous, on a pas vraiment perdu de pognon. On a arrêté
sans avoir de dettes et tout et tout
c'est sûr
qu'on a perdu quelques sous à nous, parce que
de toutes façons, il te reste toujours de la
marchandise achetée et que lorsque tu fermes
une boite, les administrations te font payer un tas
de trucs ! Par exemple, pour fermer, on a dû faire
un coquet petit chèque au tribunal de commerce
! C'est marrant : lorsqu'une boite s'arrête, c'est
effectivement souvent parce qu'elle a des problèmes
financiers, et bien boum, ils te font payer des trucs
en plus !
5/
Quel conseil donnerais-tu à quelqu'un qui veut
monter un magasin de disques ?
Pour n'importe quelle type de boite, en tous les cas,
ne vous attendez pas à être "aidé"
ou quoique ce soit ! La propagande qu'ils font dans
les médias, à ce niveau, c'est du 100%
pipeau ! Pour bénéficier de réductions
de charges, d'aides à la création d'entreprises,
etc
faut soit arriver avec un capital de 1 million,
soit sucer, soit passer des heures et des heures sur
des dossiers incompréhensibles (i.e. : pour faire
travailler les experts comptables ! !). Si tu montes
une petite boite avec le seul but de créer du
travail pour 1, 2 ou 3 personnes, sans gros capital
de base, il faut t'attendre à te taper toutes
les merdes possibles. Ce que les collectivités
ou l'Etat encouragent, ce n'est pas la création
de petites entreprises qui créent du travail
salarié, mais la création de boites qui
créent du CAPITAL. C'est rigolo parce qu'ils
sont tous à te sortir continuellement des discours
sur "l'esprit d'entreprise" et nianiania,
mais dans la réalité, c'est juste une
répétition de grosses galères pour
une personne lambda sans finances ! !
6/
De bons et mauvais souvenirs que te laissera le magasin
?
Pour commencer par les bons, ce magasin m'a permis de
rencontrer tout un tas de personnes bien cools, dont
certains que je continue à voir. Pas mal de gars
se sont rencontrés dans le magasin, y'a même
des groupes qui se sont formés suite à
des discussions au comptoir ! Ca c'est une satisfaction
: comme quoi, un petit magasin peut rester un lieu d'échanges
culturels et sociaux, ou un truc du genre ! Je trouve
ça bien sympa, moi ! Et puis aussi : on a jamais
lâché l'affaire sur les prix, on a jamais
vendu de vinyles à 100 balles ou de CD à
140 balles ! Les mauvais souvenirs, doit y'en avoir
aussi, mais pas tant que ça.
7/
Si c'était à refaire, est-ce qu'il y a
des choses que tu referais différemment ?
Sans doute ; par exemple j'achèterais un frigo
: les bières étaient toujours un peu tièdes,
à Bankrobber !
8/
J'ai entendu pas mal d'échos ces temps-ci sur
une baisse importante de la demande sur les 45T. Sur
les 33T, c'est un débat récurrent depuis
fort longtemps ("les 33T disparaissent au profit
des CD", depuis le temps qu'on le dit, il ne devrait
plus en rester beaucoup, et pourtant), mais pour le
45T, ça a l'air plus tangible. Un avis là-dessus
?
En tous les cas, que ce soit au magasin ou sur ma liste
de distro, les 33t en bô vinyle partent toujours
autant que les petits CD tout vilains
Pour le
45t, le problème c'est que quand tu vois des
EP ricains arriver en Europe à 40/50 balles,
il est évident que ça ne va plus se vendre
des masses ! Le bon côté des 45t, c'était
qu'à 20 balles l'un, tu pouvais te permettre
de découvrir des choses, d'acheter des disques
de groupes dont tu n'aurais pas acheter l'album d'entrée
mais pas mal de distributeurs ont décidé
que c'était un " objet de collection "
ce qui risque bien sûr d'achever ce format. C'est
con. En plus, c'est vrai que si tu y regardes de près,
presser un 45t à 500 exemplaires te revient sensiblement
au même prix qu'un CD à 400 copies
or tu vas vendre le CD 50/60 balles et le 45t à
20 boules ! C'est dur de faire un label " régulier
" dans ses sorties, dans ces conditions : la marge
est tellement faible qu'il faut attendre d'avoir vendu
tout le stock de 45t pour sortir un nouveau disque,
les frais de port sont multipliés par deux par
rapport à un CD, etc
dommage, c'était
le format que je préférais, autant esthétiquement
qu'au niveau du son .
9/
T'occuper à la fois d'un magasin de disques,
un fanzine, un label et jouer dans un groupe, n'est-ce
pas faire du tort à la réputation (soigneusement
entretenue) de branleur / looser des stéphanois
?
Serais-tu un acharné de travail qui le cache
bien ?
Ah non, je n'aime pas le travail et c'est d'ailleurs
réciproque ! Par contre, le stéphanois
est sensé être dur au labeur, ahaha ! "
Poeura basana ! ton sô est malheroux, tsi sey
la grana que fa lou bion héroux, au richou produisi
tout ! " comme le dit une chanson de chez nous
(traduction contre une enveloppe timbrée !).
C'est vrai que, traditionnellement y'a toujours eu une
grosse activité culturelle et sociale chez nous,
avec le réseau des amicales laïques et tout
ça, et ça se perpétue peut-être
dans l'underground punk. Ca fait 10 ans qu'on a une
scène intéressante ici, comparativement
aux autres villes de même importance. Peut-être
que ça vient de ce vieux fond de culture ouvrière,
mais je sais pas trop, en fait. De toutes façons,
à Sainté, si tu te bouges pas, t'as vraiment
rien à faire à part le bistrot et le stade.
Ce qui ne me gêne pas plus que ça vu que
ce sont deux choses que j'aime bien, d'ailleurs. Donc
pour résumer : le stéphanois mouille le
maillot mais ça l'empêche pas de perdre
tous ses matchs ! Loser Firm, Partout, Toujours !
10/
Au fait, pourquoi "Meantime" comme nom de
zine ?
Ca vient de deux choses : le titre du 2eme album des
Barracudas qui était un groupe anglais que j'aimais
beaucoup dans les années 80, et le nom d'un film
de Mike Leigh (ou de Frears, je me souviens plus !)
qui décrit une famille anglaise au début
des années 80 avec le gars qui jouait "
Jimmy le Mod " dans " Quadrophenia "
dans le rôle principal et Gary Oldham en skinhead
! ! C'est bien dans le genre des films de Ken Loach,
et c'est vraiment un film remarquable.
11/
L'avant-dernier n° de Meantime est sorti accompagné
d'un CD (pressage pro, pas CD-R !) regroupant une vingtaine
de groupes actuels de St-Etienne. Qu'est-ce qui t'as
donné envie de réaliser cette compil,
et ensuite comment est-il possible de la proposer à
un prix aussi dérisoire ?
C'est marrant parce qu'un pote m'a fait récemment
remarquer que pour la première fois, dans le
n°9, je n'ai pas interviewé de groupe stéphanois
alors que je l'avais toujours fait jusqu'à présent.
C'est sans doute parce que je sors moins, je sais même
plus ce qui se passe dans ma ville ! Je me beaufise,
et c'est tant pis ! En fait, les interviews de groupes
stéphanois ou la compile, c'était vraiment
pour mettre la scène locale en avant. La proximité,
c'est un des trucs qui m'a toujours bien plût
dans le punk-rock. " Support your local scene "
et tout ça. Je trouve ça un peu dommage
de ne parler que des groupes ricains qui, en général,
n'ont pas trop besoin de mon minuscule soutien pour
être reconnu. En ce qui concerne la compile, au
départ ça venait du fait que les PROTEX
Blue ayant splittés, il nous restait des sous
et on s'est dit, tant qu'à faire, faisons une
compile de groupes de potes à nous, vu qu'on
s'était déjà fait une soirée
au restau ! ! Et puis finalement, les Muckrackers ont
récupéré ce pognon, et j'ai donc
financé la compile en revendant des disques à
moi. Par contre, c'est vrai que le prix de revient CD
+ zine est légèrement supérieur
au prix auquel je l'ai vendu : j'ai donc bien bien perdu
du pognon, sur ce coup, mais ça me faisait plaisir
! Dire que j'aurais pu me payer une semaine de thalasso,
avec ce blé (ou un abonnement à France
Foot !) ! Le truc, c'était aussi "d'archiver"
la scène stéphanoise où les groupes
changent et splittent assez rapidement. On l'avait déjà
fait deux ans auparavant avec la compile " Mort
Ou Vif " et on pourrait en refaire une dès
aujourd'hui ! Tiens, hop, je vais te citer les groupes
actuels : Erevan, Boxing Elena, Eis, Twist, Drew Barrymore,
Lower Class Icons, Ultimatum, The Hunchbacks, Line,
Plastic Guns, Drunken Vengeance Bastards, CTB, etc
..
dans tous les sous-style de punk existants !
12/
Dans l'édito assez savoureux du n° 9 du zine,
tu t'interroges notamment sur ceci : "L'underground,
c'est pour les fils de bourges qui veulent s'encainailler,
pour les étudiants-diant-diants en attente de
vie professionnelle ? Pour les employés modèles
conscients de leur pouvoir d'achat ? Qu'est-ce que c'est
que ces conneries !" Ca me fait également
penser à une phrase qui figurait dans un n°
du zine Wee-Wee : "le hardcore, c'est pour les
bourgeois frustrés qui rêvent d'une vie
plus agitée". Mais alors, face à
un underground dont une bonne partie ne vaut pas vraiment
mieux que la société qu'elle critique
dans ces chansons, qu'est-ce qu'on fait ? On se tire
une balle ou on tire dans le tas ?
Alors faut remettre les choses dans leur contexte :
c'était par rapport au fait que pendant les grèves
du printemps dernier, j'ai halluciné sur le nombre
de conversations entendues dans les concerts, de lettres
que j'ai reçu ou d'articles dans des zines "punk"
où ça se plaignait à donf' des
dites grèves. Déjà qu'on voit très
rarement des "punks" dans les manifs, qu'il
n'y a quasi jamais de concerts de soutiens aux travailleurs
en lutte, alors si en plus ces "punks" se
mettent à tailler les personnes qui se battent
pour leurs droits, leurs conditions de travail, d'existence,
moi je ne veux plus rien avoir à foutre avec
ce milieu. Si l'on part du principe que le punk (ou
le rock'n'roll au sens large) est une musique "rebelle",
donc au moins de contestation culturelle à défaut
d'être sociale, il me semble évident qu'il
devrait " accompagner " un mouvement de contestation
qui traverse la société. Maintenant, j'ai
l'impression que le "punk", en acte comme
en idée, est de plus en plus coupé du
monde réel, de plus en plus " égocentrique
", tourné sur lui-même, consumériste,
etc
bref, les valeurs de ce microcosme sont ces
temps-ci souvent à l'opposée des miennes,
ce qui me fait un peu chier la bite, entre nous, hein.
Je pense que pour une part, il y a une évolution
sociologique des personnes constituant la scène.
Dans les années 80, c'était plus un truc
de "mauvais garçons de la classe ouvrière",
j'ai pas l'impression que ce soit encore le cas. Mais
ça ne peut bien sûr pas tout expliquer.
Les comportements changent aussi : certains disques
et concerts sont de plus en plus reuchs, les pratiques
véritablement D.I.Y. comme l'échange deviennent
limite marginales, etc
enfin, pour moi, ça
ressemble (pas tout le temps, heureusement !) de plus
en plus à rien d'autre qu'une " posture
" classiquement "rock'n'roll", plus qu'à
une façon de mettre ses actes en accord avec
ses idées (si tant est ke le punk ait jamais
été cela ailleurs que dans ma tête)
! Marx appel ça la "praxis", OTH disait
"je croyais à un mode de vie, ce n'était
qu'une vie à la mode !" ! ! ! Par exemple,
la scène "HC mélo / No Fx /machin"
s'est de mon point de vue en grande partie détachée
de ses racines punk / D.I.Y., désormais, avec
des comportements de groupes et de publics qui ont plus
à voir avec le grand cirque traditionnel de la
" rock music " mainstream qu'autre chose.
Si je veux juste de la zik qui fait peur aux grands
mères, je n'ai qu'à écouter du
néo-metal ou skyrock, et puis c'est marre. Oui,
je sais, je suis dur, mais " qui aime bien châtie
bien " et ce genre d'âneries. Ou alors, c'est
que je vieillis, avec tout ce que ça comporte.
Serais-je aigris ? Pas nostalgique, en tous les cas
! Allez, j'ai la solution, Yannick : tirons nous une
balle dans le pied !
13/
Dans Meantime, il est souvent fait allusion à
une origine résolument stéphanoise. Que
représente Sainté pour toi ? Meantime
serait-il différent si tu habitais Auxerre, Guingamp
ou (osons !) Lyon ?
C'est pas que je sois un fanatique des déterminismes
sociaux, mais je crois qu'on est toujours un peu le
produit de son environnement social et culturel. Après
à chacun de décider ce qu'il veut être,
c'est sûr, mais tu n'auras jamais la même
approche des choses si tu viens de Neuilly ou si tu
viens d'une banlieue ouvrière ! Et le truc "différent"
à sainté, c'est que ça doit être
la seule agglomération française de plus
de 300 000 habitants à être quasi exclusivement
ouvrière. Y'a pas vraiment de joli centre bourgeois,
y'a pas d'industrie de pointe, l'histoire même
de la ville commence avec la révolution industrielle.
Donc, tu y grandis dans des valeurs traditionnellement
ouvrières, prolétaires, même pour
ceux qui ne sont pas issus de ce milieu. Je pense que
ça influence forcément ta façon
de concevoir la vie et de faire les choses que tu veux
faire. Comme disent les Guignols de L'Info, "St
Etienne, c'est la Roumanie à 2 heures de chez
vous", ahahah ! Enfin, y'a pas de quoi en faire
un fromage, bien entendu, mais j'aime bien l'idée
qu'on a gardé une identité distincte,
qu'on est pas obligé de se faire bouffer tout
cru par l'uniformisation libérale actuelle. Et
puis si j'avais fait un zine en étant de Lyon,
j'aurais sans doute beaucoup plus parlé de gastronomie
vu qu'il y a de très bons restaux chez vous,
arf arf ! Ouh, que je peux être con, tout de même
!
14/
A ton avis, qu'est-ce qui manque le plus aujourd'hui
en France dans les différentes scènes
underground que tu fréquentes ?
T'as une douzaine d'heures de libre, là, tout
de suite ? ! Ce ki manque, de façon pratique,
ce sont des salles ouvertes à une programmation
associative. Les "cafés-concerts" n'existent
pratiquement plus depuis le décret Voinet sur
les nuisances sonores, et les MJC et centres sociaux
sont de moins en moins nombreux suite à la diminution
drastique des subventions. Donc, pour les groupes de
petite et moyenne importance, tourner correctement est
devenu franchement galère. Et bon, une "scène"
n'existe que s'il y a des concerts, à mon avis.
Tu peux faire tous les sites internet ou tous les zines
que tu veux, sans concerts autant pisser dans un violon.
J'ai d'ailleurs pas le sentiment que ça va aller
en s'améliorant ! Après, moi je regrette
un "fractionnement" des différentes
scènes qui n'est pas réellement récent.
Pour ça, à Sainté, c'est plutôt
plus cool que la moyenne des villes puisque tu peux
facilement te taper un concert avec un groupe de street-punk,
un truc d'emocore et un groupe de crustcore dans la
même soirée. Les punks côtoient les
skins, les crusts les emo-kids, les supporters de foot
les gens normaux, etc
! Une scène qui se
referme sur elle-même, avec ses codes propres
et tout le tremblement, c'est l'assurance de se taper
des soirées chiantes ! Enfin, pour moi, en tous
les cas. Je conçois tout à fait que certains
aient, au contraire, envie d'une scène "homogène".
15/
Quels changements as-tu pu noter dans la scène
depuis une bonne dizaine d'années ?
Ce qui a changé positivement, c'est que les groupes
sortent beaucoup plus facilement des disques. Il y a
une richesse de productions comme jamais avant, ça
c'est certain. Et les groupes jouent mieux, y'a pas
photo ! Pour les évolutions que je considère
comme négatives, je me suis déjà
suffisamment chialé sur les baskets dans mes
précédentes réponses, ahaha ! Mais
je peux quand même en rajouter une couche, je
sais que ça te fera plaisir, hihihi ! Par exemple,
ça me fait penser à l'interview de BOISLEVE
que je viens de lire dans le dernier LEAN ON ME : ce
jeune homme y dit tout un tas de choses très
très justes mais aussi des trucs qui m'ont laissé
sur le cul . Du style que "les groupes qui jouent
pour plus de 1000 fr ne jouent que pour l'argent"
! Ah ouais ? Et quand t'as 1200 francs de location de
camion + 400 d'essence, tu fais comment ? Imagine qu'on
s'est déjà fait casser les couilles en
tant que groupe parce qu'on demandait 700 balles pour
un concert à plus de 350 bornes de chez nous,
la nana qui "organisait" nous sortant elle
aussi sans rire qu'on jouait juste pour le pognon, alors
qu'on a dû perdre dans les 600 balles sur ce concert
! Ca te pousse pas à être actif, ce genre
d'attitudes. Les groupes ne sont pas toujours mieux
traités par certaines "organisations D.I.Y."
que par les limonadiers, désormais, et c'est
dommage. Ca donne l'impression que, parfois, tout n'est
que prétexte à s'organiser sa petite soirée
avec un minimum de frais et d'investissement : sono
playmobil, salles méga pourries, promo absente,
pas de bouffe ou d'hébergement pour les groupes,
etc
en gros, le public lambda ne viendra sans
doute pas voir plus de deux concerts dans des conditions
ultra merdiques, les groupes ki prennent des jours de
congés pour ça ne rééditerons
plus l'exploit, et les concerts punks se dérouleront
en circuit fermé avec un public de 20 fanatiques
et les 10 groupes ki peuvent se permettre de perdre
du pognon et des jours de boulot. Je ne crois pas qu'on
peut tirer les choses vers le haut en se complaisant
dans des conditions médiocres. Enfin, vaste débat,
quoué ! Je donnerais pas l'air de toujours me
plaindre, là ? Parce que bon, je pense qu'il
y a toujours du bon, dans ce microcosme, tout de même
mais à la limite, pas plus que dans celui des
Amicales Boulistes, par exemple !
16/
Quelques mots sur l'actualité de Muckrackers
S.E.
Là,
on revient de deux jours de concerts en Suisse, et c'était
un putain de bon week-end avec de chouettes concerts
à Geneve et à côté de Fribourg.
Sinon, on continue notre petit bonhomme de chemin peinard.
On peut pas réellement faire autant de concert
qu'à l'époque de Protex Blue, vu que plusieurs
d'entre nous ont des gamins, des boulots ou d'autres
groupes de musique de jeunes (Boxing Elena, Plastic
Guns, Drew Barrymore
). Donc on refuse pas mal
de concerts qu'on nous propose, c'est frustrant. On
va p'têt bien enregistrer quelques nouveaux titres,
je sais pas ?. Ah sinon, on va figurer sur une compile
du label anglais Jamdown, où y'aura des groupes
ska de toute la planète qui reprennent chacun
un titre du Clash ! Je suis bien content, il devrait
y avoir plein de groupes que j'adore dessus, c'est vraiment
une chose qui me fait plaisir, perso !
17/
Projets
Beuhhhh, liquider ma distro parce que j'ai plus de place
dans mon garage ! Acheter un litre de Ricard parce que
l'été arrive à grande pompe ! Trouver
les sous pour m'abonner pour la prochaine saison de
foot ! Eviter les boulots que me propose l'ANPE ! Virer
le commissaire politik de la Loser Firm et prendre sa
place ! Crucifier tous les étudiants des beaux-arts
! Me remettre sérieusement au vélo ! Partir
en vacances pour la première fois depuis 3 ans
! M'abonner à Internet avant d'avoir 50 ans !
Faire de Lower Class Icons la nouvelle sensation electro
Française ! Faire une tournée en Croatie
avec Twist, groupe HC-metal de Montbrison ! Aduler Junior
de Boxing Elena comme un futur possible Mickey 3D !
Convaincre les Muckrackers de devenir le backing-band
de Franky Vincent !
18/
Mot de la fin.
Pilsner Urquell. Merci bien pour l'interview et coucou
à tous ceusses que je connais ! Et comme il est
dit dans la "Loser's Gazette" (excellente
newsletter footbolopolitikopunkéreggae de St
Etienne) : "notre passion n'a pas de raison ! "
!
| Et
maintenant, que vais-je lire ? |
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