DYNAMITE N°21
Interview Meantime / Bankrobber


Maz est un stéphanois qui se distingue par ses multiples activités : il réalise le fanzine Meantime, a tenu jusqu’à peu un magasin de disque intitulé Banrobber, qui continue toujours aujourd’hui son activité de label et liste de distribution. Parallèlement, il chante dans The Muckrackers. En bref, pas mal d’activités, à peu près toutes évoquées ici.

1/ L'inévitable du genre, petite présentation sommaire !
Salut ! Moi c'est Maz, j'ai 33 ans, j'habites St Etienne, je fais le zine Meantime, le label et la distro Bankrobber et je chante dans Thee Muckrackers S.E….et puis voilà, quoi… !

2/ Quelles ont été tes motivations pour ouvrir le magasin Bankrobber ? Un vieux projet ou une possibilité qui se concrétise ?
En fait, on a monté Bankrobber à deux, avec mon pote David qui fait aussi le label Shark Attack, sur lequel il a sortit des disques de Wonky Monkees, Jerry Spider Gang ou Neurotic Swingers, des trucs assez garage en général. Ca faisait au moins 10 ans qu'on se disait sur le ton de la plaisanterie qu'on monterait notre propre structure un jour. Et puis il y a 3 ans de ça, David en ayant plein le cul de bosser à Paris depuis des années, on s'est dit qu'après tout, c'était peut être bien le moment de le faire avant d'être vraiment troooop vieux ! ! Alors voilà, on s'est décidé assez rapidement et on a bien mis 6 mois à tout préparer, puis David est redescendu à Sainté et on a ouvert ! Le but, c'était de bosser au moins une fois dans notre vie pour notre propre cul, pas pour engraisser un salaud de patron, héhéhé, et de se faire plaisir, aussi !

3/ Et pour malmener un peu l'ordre chronologique, passons directement à l'aboutissement, pourquoi choisir d'arrêter plus d'un an après ?
En fait Bankrobber a existé 2 ans, au total. Le problème, c'est qu'au bout d'un peu plus d'un an, David en avait marre de ne plus voir sa copine qui était resté à Paris. Elle avait cherché du taf' sur St Etienne et Lyon mais elle n'a rien trouvé ; les choses sont décidément mal faites !… Donc David est remonté sur Paris où il a retrouvé son ancien boulot, le pôvre, il avait pas vraiment le moral pendant kelks mois ! De mon côté, je suis passé de 50 heures hebdomadaire à 55 voir 60 heures, et je commençais à sérieusement saturer ! ! ! Ca n'aurait pas été grave si j'avais été célibataire vu que j'aimais bien ce que je faisais, mais bon, je ne voyais plus mon gosse que les dimanche, ce qui m'a bien sapé le moral. Tout seul, j'avais de plus en plus de mal à gérer en même temps le magasin, le label et la VPC… donc, je commençais à rentrer moins de $$ en travaillant plus, ce qui est tout de même râlant. Rajoutons que c'était franchement pas évident d'embaucher quelqu'un : David pouvait avoir envie de revenir, par exemple… et puis faire 55 heures par semaine pour gagner moins que le Smic, tu peux pas vraiment l'imposer ou le proposer à d'autres personnes qu'à soi-même ! Mais bon, la satisfaction c'est qu'on aura au moins essayé. Pas de regrets, mais j'y ai laissé pas mal d'énergie !

4/ La majorité des petits magasins de disques qui arrêtent le font souvent à cause de problèmes financiers, avant d'aller à la catastrophe. Pour Bankrobber, quel a été le bilan financier de cette activité ?
Ben, nous, on a pas vraiment perdu de pognon. On a arrêté sans avoir de dettes et tout et tout… c'est sûr qu'on a perdu quelques sous à nous, parce que de toutes façons, il te reste toujours de la marchandise achetée et que lorsque tu fermes une boite, les administrations te font payer un tas de trucs ! Par exemple, pour fermer, on a dû faire un coquet petit chèque au tribunal de commerce ! C'est marrant : lorsqu'une boite s'arrête, c'est effectivement souvent parce qu'elle a des problèmes financiers, et bien boum, ils te font payer des trucs en plus !

5/ Quel conseil donnerais-tu à quelqu'un qui veut monter un magasin de disques ?
Pour n'importe quelle type de boite, en tous les cas, ne vous attendez pas à être "aidé" ou quoique ce soit ! La propagande qu'ils font dans les médias, à ce niveau, c'est du 100% pipeau ! Pour bénéficier de réductions de charges, d'aides à la création d'entreprises, etc… faut soit arriver avec un capital de 1 million, soit sucer, soit passer des heures et des heures sur des dossiers incompréhensibles (i.e. : pour faire travailler les experts comptables ! !). Si tu montes une petite boite avec le seul but de créer du travail pour 1, 2 ou 3 personnes, sans gros capital de base, il faut t'attendre à te taper toutes les merdes possibles. Ce que les collectivités ou l'Etat encouragent, ce n'est pas la création de petites entreprises qui créent du travail salarié, mais la création de boites qui créent du CAPITAL. C'est rigolo parce qu'ils sont tous à te sortir continuellement des discours sur "l'esprit d'entreprise" et nianiania, mais dans la réalité, c'est juste une répétition de grosses galères pour une personne lambda sans finances ! !

6/ De bons et mauvais souvenirs que te laissera le magasin ?
Pour commencer par les bons, ce magasin m'a permis de rencontrer tout un tas de personnes bien cools, dont certains que je continue à voir. Pas mal de gars se sont rencontrés dans le magasin, y'a même des groupes qui se sont formés suite à des discussions au comptoir ! Ca c'est une satisfaction : comme quoi, un petit magasin peut rester un lieu d'échanges culturels et sociaux, ou un truc du genre ! Je trouve ça bien sympa, moi ! Et puis aussi : on a jamais lâché l'affaire sur les prix, on a jamais vendu de vinyles à 100 balles ou de CD à 140 balles ! Les mauvais souvenirs, doit y'en avoir aussi, mais pas tant que ça.

7/ Si c'était à refaire, est-ce qu'il y a des choses que tu referais différemment ?
Sans doute ; par exemple j'achèterais un frigo : les bières étaient toujours un peu tièdes, à Bankrobber !

8/ J'ai entendu pas mal d'échos ces temps-ci sur une baisse importante de la demande sur les 45T. Sur les 33T, c'est un débat récurrent depuis fort longtemps ("les 33T disparaissent au profit des CD", depuis le temps qu'on le dit, il ne devrait plus en rester beaucoup, et pourtant), mais pour le 45T, ça a l'air plus tangible. Un avis là-dessus ?
En tous les cas, que ce soit au magasin ou sur ma liste de distro, les 33t en bô vinyle partent toujours autant que les petits CD tout vilains… Pour le 45t, le problème c'est que quand tu vois des EP ricains arriver en Europe à 40/50 balles, il est évident que ça ne va plus se vendre des masses ! Le bon côté des 45t, c'était qu'à 20 balles l'un, tu pouvais te permettre de découvrir des choses, d'acheter des disques de groupes dont tu n'aurais pas acheter l'album d'entrée… mais pas mal de distributeurs ont décidé que c'était un " objet de collection " ce qui risque bien sûr d'achever ce format. C'est con. En plus, c'est vrai que si tu y regardes de près, presser un 45t à 500 exemplaires te revient sensiblement au même prix qu'un CD à 400 copies… or tu vas vendre le CD 50/60 balles et le 45t à 20 boules ! C'est dur de faire un label " régulier " dans ses sorties, dans ces conditions : la marge est tellement faible qu'il faut attendre d'avoir vendu tout le stock de 45t pour sortir un nouveau disque, les frais de port sont multipliés par deux par rapport à un CD, etc… dommage, c'était le format que je préférais, autant esthétiquement qu'au niveau du son .

9/ T'occuper à la fois d'un magasin de disques, un fanzine, un label et jouer dans un groupe, n'est-ce pas faire du tort à la réputation (soigneusement entretenue) de branleur / looser des stéphanois ?
Serais-tu un acharné de travail qui le cache bien ?

Ah non, je n'aime pas le travail et c'est d'ailleurs réciproque ! Par contre, le stéphanois est sensé être dur au labeur, ahaha ! " Poeura basana ! ton sô est malheroux, tsi sey la grana que fa lou bion héroux, au richou produisi tout ! " comme le dit une chanson de chez nous (traduction contre une enveloppe timbrée !). C'est vrai que, traditionnellement y'a toujours eu une grosse activité culturelle et sociale chez nous, avec le réseau des amicales laïques et tout ça, et ça se perpétue peut-être dans l'underground punk. Ca fait 10 ans qu'on a une scène intéressante ici, comparativement aux autres villes de même importance. Peut-être que ça vient de ce vieux fond de culture ouvrière, mais je sais pas trop, en fait. De toutes façons, à Sainté, si tu te bouges pas, t'as vraiment rien à faire à part le bistrot et le stade. Ce qui ne me gêne pas plus que ça vu que ce sont deux choses que j'aime bien, d'ailleurs. Donc pour résumer : le stéphanois mouille le maillot mais ça l'empêche pas de perdre tous ses matchs ! Loser Firm, Partout, Toujours !

10/ Au fait, pourquoi "Meantime" comme nom de zine ?
Ca vient de deux choses : le titre du 2eme album des Barracudas qui était un groupe anglais que j'aimais beaucoup dans les années 80, et le nom d'un film de Mike Leigh (ou de Frears, je me souviens plus !) qui décrit une famille anglaise au début des années 80 avec le gars qui jouait " Jimmy le Mod " dans " Quadrophenia " dans le rôle principal et Gary Oldham en skinhead ! ! C'est bien dans le genre des films de Ken Loach, et c'est vraiment un film remarquable.

11/ L'avant-dernier n° de Meantime est sorti accompagné d'un CD (pressage pro, pas CD-R !) regroupant une vingtaine de groupes actuels de St-Etienne. Qu'est-ce qui t'as donné envie de réaliser cette compil, et ensuite comment est-il possible de la proposer à un prix aussi dérisoire ?
C'est marrant parce qu'un pote m'a fait récemment remarquer que pour la première fois, dans le n°9, je n'ai pas interviewé de groupe stéphanois alors que je l'avais toujours fait jusqu'à présent. C'est sans doute parce que je sors moins, je sais même plus ce qui se passe dans ma ville ! Je me beaufise, et c'est tant pis ! En fait, les interviews de groupes stéphanois ou la compile, c'était vraiment pour mettre la scène locale en avant. La proximité, c'est un des trucs qui m'a toujours bien plût dans le punk-rock. " Support your local scene " et tout ça. Je trouve ça un peu dommage de ne parler que des groupes ricains qui, en général, n'ont pas trop besoin de mon minuscule soutien pour être reconnu. En ce qui concerne la compile, au départ ça venait du fait que les PROTEX Blue ayant splittés, il nous restait des sous et on s'est dit, tant qu'à faire, faisons une compile de groupes de potes à nous, vu qu'on s'était déjà fait une soirée au restau ! ! Et puis finalement, les Muckrackers ont récupéré ce pognon, et j'ai donc financé la compile en revendant des disques à moi. Par contre, c'est vrai que le prix de revient CD + zine est légèrement supérieur au prix auquel je l'ai vendu : j'ai donc bien bien perdu du pognon, sur ce coup, mais ça me faisait plaisir ! Dire que j'aurais pu me payer une semaine de thalasso, avec ce blé (ou un abonnement à France Foot !) ! Le truc, c'était aussi "d'archiver" la scène stéphanoise où les groupes changent et splittent assez rapidement. On l'avait déjà fait deux ans auparavant avec la compile " Mort Ou Vif " et on pourrait en refaire une dès aujourd'hui ! Tiens, hop, je vais te citer les groupes actuels : Erevan, Boxing Elena, Eis, Twist, Drew Barrymore, Lower Class Icons, Ultimatum, The Hunchbacks, Line, Plastic Guns, Drunken Vengeance Bastards, CTB, etc….. dans tous les sous-style de punk existants !

12/ Dans l'édito assez savoureux du n° 9 du zine, tu t'interroges notamment sur ceci : "L'underground, c'est pour les fils de bourges qui veulent s'encainailler, pour les étudiants-diant-diants en attente de vie professionnelle ? Pour les employés modèles conscients de leur pouvoir d'achat ? Qu'est-ce que c'est que ces conneries !" Ca me fait également penser à une phrase qui figurait dans un n° du zine Wee-Wee : "le hardcore, c'est pour les bourgeois frustrés qui rêvent d'une vie plus agitée". Mais alors, face à un underground dont une bonne partie ne vaut pas vraiment mieux que la société qu'elle critique dans ces chansons, qu'est-ce qu'on fait ? On se tire une balle ou on tire dans le tas ?
Alors faut remettre les choses dans leur contexte : c'était par rapport au fait que pendant les grèves du printemps dernier, j'ai halluciné sur le nombre de conversations entendues dans les concerts, de lettres que j'ai reçu ou d'articles dans des zines "punk" où ça se plaignait à donf' des dites grèves. Déjà qu'on voit très rarement des "punks" dans les manifs, qu'il n'y a quasi jamais de concerts de soutiens aux travailleurs en lutte, alors si en plus ces "punks" se mettent à tailler les personnes qui se battent pour leurs droits, leurs conditions de travail, d'existence, moi je ne veux plus rien avoir à foutre avec ce milieu. Si l'on part du principe que le punk (ou le rock'n'roll au sens large) est une musique "rebelle", donc au moins de contestation culturelle à défaut d'être sociale, il me semble évident qu'il devrait " accompagner " un mouvement de contestation qui traverse la société. Maintenant, j'ai l'impression que le "punk", en acte comme en idée, est de plus en plus coupé du monde réel, de plus en plus " égocentrique ", tourné sur lui-même, consumériste, etc… bref, les valeurs de ce microcosme sont ces temps-ci souvent à l'opposée des miennes, ce qui me fait un peu chier la bite, entre nous, hein. Je pense que pour une part, il y a une évolution sociologique des personnes constituant la scène. Dans les années 80, c'était plus un truc de "mauvais garçons de la classe ouvrière", j'ai pas l'impression que ce soit encore le cas. Mais ça ne peut bien sûr pas tout expliquer. Les comportements changent aussi : certains disques et concerts sont de plus en plus reuchs, les pratiques véritablement D.I.Y. comme l'échange deviennent limite marginales, etc… enfin, pour moi, ça ressemble (pas tout le temps, heureusement !) de plus en plus à rien d'autre qu'une " posture " classiquement "rock'n'roll", plus qu'à une façon de mettre ses actes en accord avec ses idées (si tant est ke le punk ait jamais été cela ailleurs que dans ma tête) ! Marx appel ça la "praxis", OTH disait "je croyais à un mode de vie, ce n'était qu'une vie à la mode !" ! ! ! Par exemple, la scène "HC mélo / No Fx /machin" s'est de mon point de vue en grande partie détachée de ses racines punk / D.I.Y., désormais, avec des comportements de groupes et de publics qui ont plus à voir avec le grand cirque traditionnel de la " rock music " mainstream qu'autre chose. Si je veux juste de la zik qui fait peur aux grands mères, je n'ai qu'à écouter du néo-metal ou skyrock, et puis c'est marre. Oui, je sais, je suis dur, mais " qui aime bien châtie bien " et ce genre d'âneries. Ou alors, c'est que je vieillis, avec tout ce que ça comporte. Serais-je aigris ? Pas nostalgique, en tous les cas ! Allez, j'ai la solution, Yannick : tirons nous une balle dans le pied !

13/ Dans Meantime, il est souvent fait allusion à une origine résolument stéphanoise. Que représente Sainté pour toi ? Meantime serait-il différent si tu habitais Auxerre, Guingamp ou (osons !) Lyon ?
C'est pas que je sois un fanatique des déterminismes sociaux, mais je crois qu'on est toujours un peu le produit de son environnement social et culturel. Après à chacun de décider ce qu'il veut être, c'est sûr, mais tu n'auras jamais la même approche des choses si tu viens de Neuilly ou si tu viens d'une banlieue ouvrière ! Et le truc "différent" à sainté, c'est que ça doit être la seule agglomération française de plus de 300 000 habitants à être quasi exclusivement ouvrière. Y'a pas vraiment de joli centre bourgeois, y'a pas d'industrie de pointe, l'histoire même de la ville commence avec la révolution industrielle. Donc, tu y grandis dans des valeurs traditionnellement ouvrières, prolétaires, même pour ceux qui ne sont pas issus de ce milieu. Je pense que ça influence forcément ta façon de concevoir la vie et de faire les choses que tu veux faire. Comme disent les Guignols de L'Info, "St Etienne, c'est la Roumanie à 2 heures de chez vous", ahahah ! Enfin, y'a pas de quoi en faire un fromage, bien entendu, mais j'aime bien l'idée qu'on a gardé une identité distincte, qu'on est pas obligé de se faire bouffer tout cru par l'uniformisation libérale actuelle. Et puis si j'avais fait un zine en étant de Lyon, j'aurais sans doute beaucoup plus parlé de gastronomie vu qu'il y a de très bons restaux chez vous, arf arf ! Ouh, que je peux être con, tout de même !

14/ A ton avis, qu'est-ce qui manque le plus aujourd'hui en France dans les différentes scènes underground que tu fréquentes ?
T'as une douzaine d'heures de libre, là, tout de suite ? ! Ce ki manque, de façon pratique, ce sont des salles ouvertes à une programmation associative. Les "cafés-concerts" n'existent pratiquement plus depuis le décret Voinet sur les nuisances sonores, et les MJC et centres sociaux sont de moins en moins nombreux suite à la diminution drastique des subventions. Donc, pour les groupes de petite et moyenne importance, tourner correctement est devenu franchement galère. Et bon, une "scène" n'existe que s'il y a des concerts, à mon avis. Tu peux faire tous les sites internet ou tous les zines que tu veux, sans concerts autant pisser dans un violon. J'ai d'ailleurs pas le sentiment que ça va aller en s'améliorant ! Après, moi je regrette un "fractionnement" des différentes scènes qui n'est pas réellement récent. Pour ça, à Sainté, c'est plutôt plus cool que la moyenne des villes puisque tu peux facilement te taper un concert avec un groupe de street-punk, un truc d'emocore et un groupe de crustcore dans la même soirée. Les punks côtoient les skins, les crusts les emo-kids, les supporters de foot les gens normaux, etc… ! Une scène qui se referme sur elle-même, avec ses codes propres et tout le tremblement, c'est l'assurance de se taper des soirées chiantes ! Enfin, pour moi, en tous les cas. Je conçois tout à fait que certains aient, au contraire, envie d'une scène "homogène".

15/ Quels changements as-tu pu noter dans la scène depuis une bonne dizaine d'années ?
Ce qui a changé positivement, c'est que les groupes sortent beaucoup plus facilement des disques. Il y a une richesse de productions comme jamais avant, ça c'est certain. Et les groupes jouent mieux, y'a pas photo ! Pour les évolutions que je considère comme négatives, je me suis déjà suffisamment chialé sur les baskets dans mes précédentes réponses, ahaha ! Mais je peux quand même en rajouter une couche, je sais que ça te fera plaisir, hihihi ! Par exemple, ça me fait penser à l'interview de BOISLEVE que je viens de lire dans le dernier LEAN ON ME : ce jeune homme y dit tout un tas de choses très très justes mais aussi des trucs qui m'ont laissé sur le cul . Du style que "les groupes qui jouent pour plus de 1000 fr ne jouent que pour l'argent" ! Ah ouais ? Et quand t'as 1200 francs de location de camion + 400 d'essence, tu fais comment ? Imagine qu'on s'est déjà fait casser les couilles en tant que groupe parce qu'on demandait 700 balles pour un concert à plus de 350 bornes de chez nous, la nana qui "organisait" nous sortant elle aussi sans rire qu'on jouait juste pour le pognon, alors qu'on a dû perdre dans les 600 balles sur ce concert ! Ca te pousse pas à être actif, ce genre d'attitudes. Les groupes ne sont pas toujours mieux traités par certaines "organisations D.I.Y." que par les limonadiers, désormais, et c'est dommage. Ca donne l'impression que, parfois, tout n'est que prétexte à s'organiser sa petite soirée avec un minimum de frais et d'investissement : sono playmobil, salles méga pourries, promo absente, pas de bouffe ou d'hébergement pour les groupes, etc… en gros, le public lambda ne viendra sans doute pas voir plus de deux concerts dans des conditions ultra merdiques, les groupes ki prennent des jours de congés pour ça ne rééditerons plus l'exploit, et les concerts punks se dérouleront en circuit fermé avec un public de 20 fanatiques et les 10 groupes ki peuvent se permettre de perdre du pognon et des jours de boulot. Je ne crois pas qu'on peut tirer les choses vers le haut en se complaisant dans des conditions médiocres. Enfin, vaste débat, quoué ! Je donnerais pas l'air de toujours me plaindre, là ? Parce que bon, je pense qu'il y a toujours du bon, dans ce microcosme, tout de même… mais à la limite, pas plus que dans celui des Amicales Boulistes, par exemple !

16/ Quelques mots sur l'actualité de Muckrackers S.E.
Là, on revient de deux jours de concerts en Suisse, et c'était un putain de bon week-end avec de chouettes concerts à Geneve et à côté de Fribourg. Sinon, on continue notre petit bonhomme de chemin peinard. On peut pas réellement faire autant de concert qu'à l'époque de Protex Blue, vu que plusieurs d'entre nous ont des gamins, des boulots ou d'autres groupes de musique de jeunes (Boxing Elena, Plastic Guns, Drew Barrymore…). Donc on refuse pas mal de concerts qu'on nous propose, c'est frustrant. On va p'têt bien enregistrer quelques nouveaux titres, je sais pas ?. Ah sinon, on va figurer sur une compile du label anglais Jamdown, où y'aura des groupes ska de toute la planète qui reprennent chacun un titre du Clash ! Je suis bien content, il devrait y avoir plein de groupes que j'adore dessus, c'est vraiment une chose qui me fait plaisir, perso !

17/ Projets
Beuhhhh, liquider ma distro parce que j'ai plus de place dans mon garage ! Acheter un litre de Ricard parce que l'été arrive à grande pompe ! Trouver les sous pour m'abonner pour la prochaine saison de foot ! Eviter les boulots que me propose l'ANPE ! Virer le commissaire politik de la Loser Firm et prendre sa place ! Crucifier tous les étudiants des beaux-arts ! Me remettre sérieusement au vélo ! Partir en vacances pour la première fois depuis 3 ans ! M'abonner à Internet avant d'avoir 50 ans ! Faire de Lower Class Icons la nouvelle sensation electro Française ! Faire une tournée en Croatie avec Twist, groupe HC-metal de Montbrison ! Aduler Junior de Boxing Elena comme un futur possible Mickey 3D ! Convaincre les Muckrackers de devenir le backing-band de Franky Vincent !

18/ Mot de la fin.
Pilsner Urquell. Merci bien pour l'interview et coucou à tous ceusses que je connais ! Et comme il est dit dans la "Loser's Gazette" (excellente newsletter footbolopolitikopunkéreggae de St Etienne) : "notre passion n'a pas de raison ! " !

Et maintenant, que vais-je lire ?
<<< Retour à l'accueil >>> / Si le menu ne figure pas sur votre gauche, passez par ici