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Plus
Rien est un petit zine qui fait mon bonheur depuis uqelques
années déja. Déja, jy découvre
pas mal de groupes hardcore/crust et ensuite le ton
des chroniques est tout à fait inimitable, deux
bonnes raisons daccorder une certaine place à
P-A, en le remerciant au passage pour lillustration
qui figure en ces pages.
Présentation
de tes activités
J'anime depuis 1997, une émission de radio hebdomadaire
(le dimanche de 18h30 à 20h) de punk/hardcore/crust/oi
!/javamusette/ska, mêlé de baratins et
de politique, qui se nomme : "Ecrasons La Vermine"
sur Radio Campus Lille (106,6 FM à proximité
de la métropole lilloise). J'ai pris en cours
de route cette émission qui avait déjà
10ans d'âge et dont j'ai fini par reprendre complètement
(ou presque) le flambeau en 1999.
L'émission avait déjà une feuille
d'info, mais j'avais envie de faire un complément
papier à mon activité d'animateur, donc
j'ai fait "Plus Rien". Les premiers temps
c'était une simple feuille A4 d'infos, et maintenant
c'est un mini-fanzine format A5, et entre temps, en
99, c'est devenu le relais papier officiel de l'émission.
Toujours gratuit, comme la radio.
Qu'est-ce
qui t'as poussé à créer Plus Rien
?
Comme je l'écrivais au-dessus, c'est venu suite
à mes interventions dans "ELV", j'arrivais
petit à petit à parler à l'antenne
de ce que j'avais envie de parler et je passais les
disques que j'aimais ou que je trouvais intéressant
dans la démarche, mais il manquait quelque chose
la possibilité de faire des chroniques longues,
de raconter des conneries peu radiophoniques (on en
fait déjà assez dans l' émission)
et puis aucun fanzine ne faisait exactement ce que j'avais
envie de lire, donc comme on n'est jamais aussi bien
servi que par soi-même...
Il faut dire aussi qu'à l'époque j'avais
de folles envies de communication
ce côté
là m'a passé
Le fanzine possède un autre avantage, il peut
toucher des gens qui ne peuvent pas capter Radio Campus
Lille, et n'ont pas internet (puisque la radio s'écoute
sur www.campuslille.com). Bref, c'est complémentaire.
Et
pourquoi ce nom ?
Je recherchais un nom pas trop long, relativement accrocheur,
et par dessus tout qui me corresponde à 100%,
donc le plus pessimiste possible
les Cadavres
chantaient "Demain Plus Rien", Léo
Ferré "Il n'y a plus rien"
y'a
les Buzzcocks qui chantaient "Nothing Left"
aussi
donc c'est le genre d'expression qui trotte
dans la tête
ça m'est v'nu comme
ça, et puis surtout je ne voulais pas d'un nom
anglosaxon
Le
format reste toujours calé autour de 12 pages
A5 bien tassées, tu n'as pas eu envie de faire
un plus gros zine, avec toute la place nécessaire
pour y caler les disgressions dont tu es coutumier ?
Ooooh si !! Mais c'est impossible pour plusieurs raisons
: le concept de "Plus Rien" est d'être
gratuit, donc ça coûte cher et je ne reviens
pas dans mes frais. Je ne veux pas revenir là-dessus
parce que je préfère l'idée que
le zine peut s'échanger, se déposer chez
un disquaire, un infoshop, une fanzinothèque,
se passer de la main à la main dans les concerts
ou ailleurs, sans le moindre rapport marchand entre
les individus. Donc si le fanzine s'épaississait
il sortirait dans des délais encore plus important,
le temps de faire des économies !!
Ce format n'est pas non plus trop lourd et donc ça
se glisse entre 2 vinyles, dans une commande sans trop
faire péter les tarifs de la Poste, donc je l'envois
en gros paquet aux distros qui veulent bien le diffuser
(merci à elles au passage). Et puis trop de conneries
tue les conneries, si je me lance dans zine épais,
je pourrais pas me contrôler, si j'exagère
ça m'f'ra chier autant que ça f'ra chier
le/la lecteur/trice.
Le
ton des chroniques est assez jubilatoire (de plus en
plus au fil des n°, d'ailleurs), pour parler de
groupes aussi peu festifs que Driller Killer, Wolfbrigade
ou Tragedy. C'est une façon de compenser ?
Ah non, non, je prends un vrai panard à l'écoute
des trucs bien agressif, hargneux, haineux et sombre.
Je jubile vraiment
l'image (même sonore
)
qu'ils véhiculent est vraiment excellente (je
sais ce n'est souvent qu'une image)
et correspond
la plupart du temps à ce dont j'ai besoin, alors
je tripe, je m'amuse
quand j'écoute ces
groupes là, l'inspiration est souvent là,
je suis même obligé de faire des coupes
dans le texte pour ne pas faire trop long. Je ne pense
pas que ce soit pour compenser leur côté
peu festif, mais plutôt pour compenser celui d'une
chronique plate ; si j'aime je le montre, et plus le
fanzine me ressemble plus je me lâche. Mais j'suis
plus sérieux/chiant quand j'écoute de
la oi ! je crois, ça me touche moins.

Généralement,
les zines anarcho-punk utilisent un A cerclé
et 2 ou 3 logos qui font bien et une mise en page à
partir de bouts de papiers déchirés, et
rajoutent quelques tracts de la FA ou No Pasaran, parce
que sinon, il n'y aurait aucune différence avec
un zine punk classique ; chez toi, rien de tout ça
(et même que tu te débrouilles toi-même
pour écrire des articles intéressants
et pas vraiment courants), j'espère que tu as
une bonne explication
J'en ai même plusieurs : la première est
très égocentrique, ça ne me ressemble
pas ! J'aime le bordel, je suis bordélique, mais
c'est pas à ça que je veux que mon zine
ressemble. Ensuite beaucoup de fanzine deviennent vite
illisibles (d'autres sont vraiment très beaux
et bien foutus, je ne généralise pas).
PlusRien a eu plusieurs numéros de la sorte,
mais ça prenait beaucoup de temps, beaucoup de
place (alors pour condenser, c'est pas évident).
Je ne mets pas de tracts et tout ça parce que
la plupart me font chier et ne m'intéressent
pas ou peu (dans le cadre d'un zine). Je préfère
les articles et les discours moins "directs".
Le tract est fait pour être distribuer rapidos
en manif, en concert, le zine sert à autre chose.
Résumer une pensée à un slogan
de type publicitaire c'est bien quand t'as des autocollants
et que t'en fous sur les publicités commerciales
ou des affiches sur les collages fachos car ça
doit être vu et compris rapidement par une population
pas forcément habituée à ce type
de pensée et/ou pour marquer le coup, mais dans
un zine punk
c'est une perte de place considérable
! C'est une "image" à peu de frais.
Un texte de réflexion est plus intéressant
et a le mérite de présenter les choses
selon le point de vue du rédacteur, c'est bien
plus personnel. C'est plus goûtu et ça
prête davantage à la critique, qu'un slogan.
Un fanzine peut s'adresser à autre chose qu'à
des abrutis (attention, ne nous méprenons pas,
je ne traite pas les lectures de "zines à
slogans" d'abrutis ! Ah ! Ah !)
notre Radio
(Campus, j'le répète) avait un jingle
dans le temps qui disait : " Radio Campus, la radio
qui ne prend pas les cons pour ses auditeurs !",
ça résume une partie de ce que je pense
quand à ce qu'il faut mettre dans une lecture.
(tu noteras le paradoxe consistant à décrier
les slogans et à en utiliser un pour expliquer
le fait de ne pas en utiliser
c'est fort, hein
? ! Hein ? ! Nan ? !
pis en plus ça fait
bien prétentieux et un poil arrogant
j'renoue
avec 77
bon c'est pas drôle, j'arrête).
Et puis on peut un minimum développer les choses
sans être élitiste alors pourquoi se priver
? Enfin
c'est ma façon de voir le truc
Chaque
n° de Plus Rien accorde un peu de places aux vidéos,
et pas toujours d'approche libertaire ou même
engagée, pourquoi ce choix ?
Oui, quoiqu'un peu moins dans le tout dernier, que tu
n'as encore reçu à ce jour ; j'ai essayé
de me tempérer. Des vidéos ou des films
engagés qu'on trouve facilement c'est moins courant
que des disques (ou alors je n'ai pas encore trouver
où m'adresser), donc les films que je regarde
sont majoritairement des bouses commerciales ou qui
aimeraient l'être (Ah ! Ah !), mais là
encore je trouve un vrai plaisir à jouer les
critiques cinéma bidon, je trouve ça amusant
de plancher un peu sur toute sorte de films/vidéos,
parce qu'on travaille relativement peu l'image animée
dans le punk. Il y a assez peu de clips, assez peu de
vidéos dignes de ce nom (faute de moyens la plupart
du temps
et puis j'ai l'impression que ça
ne fait que peu partie du truc). Comme je suis un public
insatiable, que j'ai un goût assez large, qu'j'essaie
d'être curieux, je pourrais en regarder énormément
si j'avais le temps
je préférerais
ne regarder/chroniquer que des films indépendants
et intéressants, mais j'n'en trouve pas des masses
(ou alors si gonflants que j's'rais bien incapable de
me les mater jusqu'au bout), je fais donc un peu toute
sorte
mais à l'avenir je vais essayer de
me contrôler et n'y mettre que ce qui me paraît
un peu plus valable
ou carrément lamentable
genre films d'horreur. Ca me f'ra gagner de la place
pour le reste.
Parlons
un peu radio. N'as-tu pas l'impression qu'une émission
est un peu le support sous-estimé de l'underground
punk ?
Ouais assez. C'est pourtant l'un des supports les plus
pratiques : t'as un poste pas cher et t'écoutes
gratuitement des tonnes de titres
l'un des meilleurs
relais, rapide, tu peux y faire pas mal de "promos"
pour quelque chose d'anticommercial sans problème
si t'es sur une bonne station. Bref, c'est vraiment
idéal. Tout le monde peut écouter, tu
peux faire passer énormément d'infos
Mais je n'sais pas pourquoi beaucoup de monde s'en branle
même quand ils écoutent, pas mal de punks
se posent pas trop de questions là-dessus
j'en connaissais même qui pensaient qu'j'étais
payé pour faire ça ou en tout cas ils
se posaient la question (la seule, probablement) !!
C'est peut-être le côté peu courant
et en même temps abstrait du phénomène,
j'en sais rien. Mais, ceux qui ont un peu de bouteille
et s'engagent sur du long terme l'estiment probablement
davantage. Il semble aussi qu'il y ait pas mal d'animateurs
qui ne se mettent pas en avant, sont assez discrets,
et font leur émission sans trop en parler (et
je crois qu' t'es l'un des rares zines à vouloir
en interviewer un). Perso, j'aime être "planqué
"derrière mon micro, je ne pourrais pas
prendre la parole sur une scène. C'est pas plus
mal non plus que les choses soient ainsi dans un sens,
le principal étant que ça existe.
Personnellement,
une émission de radio me semble 10 fois plus
utile pour le punk-rock qu'un certain nombre de zines.
Quelle est ton opinion la-dessus ?
On est d'accord là-dessus, pour les raisons en
partie évoquées dans la précédente
question : la radio peut toucher quelques centaines/milliers
(si jamais il existe autant de gens concernés)
de personnes très rapidement, très facilement
et surtout gratuitement ! Pour moi c'était capital
quand j'étais sans trop de contacts dans la scène
punk/hardcore ! Beaucoup plus que tous les fanzines
réunis ! ! La radio (en l'occurrence l'émission
qu'aujourd'hui j'anime ! !) me fournissait des dates
et lieux de concerts/manifs à proximité
(pas à petaouchnoc comme les zines parfois) et
les dates n'étaient pas déjà passées
depuis 1mois quand je recevais l'info ! ! Quoi de mieux
que d'entendre le son d'un disque pour se faire une
idée d'un album ? ? Réponse : rien. Et
surtout pas une chronique écrite qui enchaîne
les énumérations de style / de groupes
références dont personne n'a la même
définition / que tout le monde ne connaît
pas ! ! Là, t'écoute, t'aimes ou t'aimes
pas. T'es fixé ! Si tu ne sais pas où
trouver le disque tu passes un coup de fil pendant l'émission
et les gars/nanas derrière le micro deviennent
les gars/nanas derrière le combiné téléphonique
et te répondent ! Le tour est joué !
Après, évidemment, c'est à ceux
qui font l'émission de faire un boulot convenable
pour passer toute sorte et diffuser des infos, parler
de politique
parfois aborder des thèmes
différents permet aussi de sensibiliser sur certains
sujets pas forcément bien traités par
le punk et dans les fanzines, de coller à une
certaine "actualité", d'avoir un côté
politique à une scène qui cherche souvent
à s'en débarrasser pour se beaufiser ;
il faut le faire histoire d'emmerder l'auditeur/trice
entre 2 boulettes punk-rock ! En plus ça permet
d'être détesté par les plus niaiseux,
c'est bien.
Oui la radio est très utile. Après il
y a des émissions qui le sont moins
.
Mais les médias alternatifs et indépendants
de ce genre sont extrêmement importants de toute
manière.
Tu
disais une fois que tu bougeais moins qu'avant aux concerts
de ton coin. J'imagine que ce n'est pas uniquement pour
des raisons purement musicales, donc qu'est-ce qui t'arrive
? Est-ce à cause de "l'ennui mortifère
des concerts", les comportements des uns et des
autres ? Autre, à préciser
D'abord, je deviens, je crois, agoraphobe
et c'est
embêtant pour se retrouver dans des endroits bourrés
de gens
c'est une lutte intestine quand je décide
d'aller à un concert.
Ensuite, j'aime pas puer la clope ; je n'aime pas les
ambiances lourdes avec des connards qui emmerdent les
nanas en utilisant comme excuse leur ivrognerie (c'est
bizarre, aucun de mes amis (pas mes copains, je dis
bien), même bourrés ne sont jamais des
fumiers, parfois un peu idiots, bavards, mais jamais
salauds, ni sexistes ! !) ; j'aime pas croiser des p'tites
ordures aussi vicieuses que mon voisin CRS, mais qui
derrière leurs apparats et leurs sourires cachent
à peine leur médiocrité et parfois
même leurs idées nauséabondes (quand
ils en ont); quand t'as décidé de pas
boire (pour rentrer vivant ou simplement parce que t'as
pas envie), tu te rends compte de la véritable
ambiance de certains concerts
du besoin qu'on
certains de boire parce qu'ils vont très mal,
mais ils se donnent un air
ils tentent d'oublier
le temps d'un concert à quel point leur vie est
minable et à quel point ils sont seuls (il te
reste combien de "potes" quand t'arrêtes
d'aller toutes les semaines au concert et/ou que t'arrêtes
de picoler ? ?) ; je déteste ressentir et voir
ça, c'est extrêmement désagréable.
Voir des types qui confondent camaraderie et connivence
de bitures
quand tu parles aux mecs et aux nanas
lorsqu'ils sont eux-mêmes, à jeûn,
des fois t'as de sales surprises ou alors ils sont pareils
et c'est triste aussi ! ! J'aime rire de tout, mais
pas avec tout le monde
mais tant qu'on ne connaît
pas vraiment les personnes
donc les concerts peuvent
se révéler parfois (pas systématiquement,
fort heureusement), bien pénibles !
Passer
une soirée à me demander si ce mec là
joue la comédie pour être comme ça,
et ce qu'il cache, ça me bouffe. Et puis les
¾ du temps tu ne peux pas discuter, véritablement
échanger avec les gens que tu apprécies,
c'est faux ça
ou alors assez peu : t'es
obligé de faire court parce que y'a la fête,
la musique qui gueule, des glumeux qui peuvent te vomir
dessus (bon, là, j'exagère un peu)
t'as pas de grandes discussions pendant un gig. Ca ne
me dérange pas de me sentir seul ("l'ennui
mortifère" je ne le ressens de toute manière
pas que dans certains concerts), mais j'aime pas trop
payer une place pour ressentir ça, c'est glauque.
Sinon, en général je me sens mieux dans
des concerts dans des squatts, parce que le côté
politique affirmé du lieu compense parfois les
"délires" peu sympathiques de certains
Alors, si en plus de tout ça, le groupe est décevant
! ! ! !
Qu'est-ce
qui te fait continuer le zine, si ce n'est plus la communication
(cf ci-dessus) ? Et qu'est-ce qui te ferait arrêter
?
Ben ce n'est plus la communication directe, les courriers,
tout ça
mais la communication plus indirecte
: l'envie de diffuser une information, et quelques conneries,
mais ce n'est plus de créer un contact avec les
individus mais plutôt avec leurs activités.
Tu me suis ? Parfois des types/nanas font des choses
intéressantes, mais ne sont pas des gens sympas
alors communiquer avec eux, c'est chiatique (je connais
assez de cons comme ça), j'm'en tiens donc à
ce qu'ils font. Je ne cherche pas d'amis et je ne me
lie pas facilement non plus, donc difficile de faire
ça pour le contact.
Ce qui me ferait arrêter ?
Je n'en sais
trop rien, probablement trop de galères
quoique si elles ne durent pas, ça ne serait
qu'une pause. Aujourd'hui je dirais : rien. Mais qui
sait de quoi demain s'ra fait ?
A
ton avis, qu'est-ce qui manque le plus en France dans
la scène punk ?
Plus que tout : de punks. Mais des punks motivés,
hein ! ? Pas des trouducs qui viennent, se bourrent
la gueule, se cassent en vomissant partout
des
gens qui soutiennent, prêts à s'associer
pour ouvrir une salle ou un squatt, à faire des
choses qui s'inscriront dans la durée, et sans
arrière-pensée. Pas des guignols qui tireront
les draps pour eux ou balanceront des trucs dans les
pattes des autres si les choses fonctionnent
pas
des types/nanas qui louvoient et traînent dans
tous les milieux tant que la bière les unis.
Comme il y a peu de moyens en France et que le Français
moyen est peu curieux, il faut des gens vraiment rock'n
roll pour faire des trucs intéressants
c'est pas trop le cas, même chez les punks le
même complexe de supériorité est
visible : chacun ses groupes, son clan, on creuse pas
trop profond pour trouver des perles rares, on se contente
de suivre en croyant être dans le vrai. Il faut
surtout des gens motivés et un minimum
"généreux" on va dire. Des individu(e)s
sur qui compter en toute occasion, qui assurent jusqu'au
bout et qui ne viennent pas te filer un coup de mains
pour rentrer gratis au concert tu peux les compter sur
tes mains
quand ce n'est pas sur une seule.
Lu
dans un ancien n° de Wee Wee : "le hardcore,
c'est pour les bourgeois frustrés qui rêvent
d'une vie plus agitée", que t'inspire cette
cynique sentence (aisément déclinable
aux différents styles punk/HC, etc...) ?
Ben, c'est carrément marrant
C'est vrai que dans une certaine gamme de hardcore on
rencontre pas mal de p'tits blancs bien proprets
on a un peu l'impression que le public des 2be3 a vieilli
Chaque style à ses ados qui ne débarquent
que pour 1 ou 2 ans et raccrochent quand il faut passer
le concours et/ou quand ils arrivent à s'insérer
pour de bon dans la société. C'est la
crise d'adolescence un peu tardive, y'en a pour qui
c'est le rap
ça dépend d'où
tu viens, si t'as eu des frères/surs et
ce qu'ils écoutaient eux-même
Quand aux bourgeois qui viendraient s'encanailler
c'est plutôt des petits bourgeois, des classes
moyennes, pas de vrais bourges qui f'ront l'ENA ou HEC.
Eux ne traînent que dans leur milieu, il n'y a
jamais de mélange.
Des p'tits trouducs qui ont du fric et seront rangés
dans quelques mois/années ça se voit surtout
et beaucoup aux concerts de gros groupes quand même,
les festivals à sponsors et toutes ses conneries
pré (ou para)-professionnelles
pas des
masses dans les minis concerts anarchocrust/DIY/no profit
et tout le tremblement (on n'est déjà
pas nombreux
).
Les gamins se font des frayeurs avec de la musique violente
comme ça à 30ans ils pourront baver sur
une jeunesse, leurs souvenirs, pour oublier leur vie
de merde. Ils tuent leur ennui et leur futur ennui.
Ils pourront en plus se persuader qu'ils connaissent
bien "tous ces milieux" parce qu'ils en ont
fait partie (jusqu'à quel point ? me diras-tu
oui, mais on n'est pas dupe, mais eux ça les
rassure de se croire supérieurs) ; ils pourront
utiliser cet argument pour nous juger et aller voter
UMP le cur léger
Mais, chez les prolos il y a aussi des gamins qui s'la
pètent rebelle, tout en étant de vrai
p'tits salauds
ou le deviendront.
Après ben évidemment que toute la/les
scènes hardcore ne ressemble pas à ce
que décrit le gars, mais c'est plutôt fendard
qu'il y ait des gens pour balancer des trucs comme ça
c'est d'la bonne provoc'.
Lu
dernièrement sur une affiche de la CNT, le slogan
"Travaillons tous, moins et autrement", et
personnellement, le "travaillons tous" d'un
syndicat qui se voudrait révolutionnaire, ça
me fait un peu peur, pas toi ? Le travail et sa grorification
(aussi bien par les skins Ben Shermanisés que
par le MEDEF cravaté), ça t'inspire quoi
?
Oui, ça fait partie des raisons qui m'ont fait
arrêter de prendre ma carte de cénétiste
(j'l'ai eu 2 ans quand même). La sensation d'être
toujours défini selon ton travail ou ton absence
de travail. C'est toujours un peu flippant. P't'êt'e
parce qu'on a des mentalités de p'tits bourges
? ?
Ah ! Ah ! Ah ! Les VRAIS prolétaires
ne se posent pas ce genre de question ! ! ! Ah ! Ah
! Face au patronat, mon p'tit gars, on fait corps et
on se bat ! ! ! Ah ! Ah ! Ah !
C'est normal de la part d'un syndicat de parler de travail,
c'est un regroupement de travailleurs (avec des chômeurs
maintenant) qui défendent leur droit. Le souci
est de préserver et d'acquérir des droits
face aux dominants, ça passe systématiquement
par les relations de travail. Ils focalisent, c'est
normal.
Travailler 5 heures par semaine dans une branche que
t'aime, sans être salarié, sans patron,
et en pouvant vivre plus que correctement, c'est quand
même un sacré idéal ! ! (surtout
en comparant avec les autres pseudo-syndicats)
Après ouais, j'sais pas ce qu'ils f'raient de
ceux qui ne voudraient rien branler du tout
ça
s'rait un sacré problème, on rigolerait
bien ! Mais on n'y est pas, on en est même très
loin
et on rigole pas des masses.
Pour schématiser, le travail en tant que valeur
a été imposé par la bourgeoisie
pour qu'on travaille pour leur pogne, dans leurs usines,
selon leurs règles et leurs horaires en trouvant
ça sympa de les enrichir. Par la suite et pour
calmer les ardeurs des dominés on a octroyé
quelques " acquis sociaux " pour faire perdurer
le système et pas pour les beaux yeux des prolétaires.
Ceux qui glorifient le travail sont des moutons qui
ont intériorisé le fait d'être dominés
et/ou qui ne sont plus au turbin et/ou tirent leur épingle
du jeu. Je n'sais pas, c'est peut-être une valeur-refuge
comme disent les psy, un peu comme d'autres sont cagos
ou musus
ils flippent face à une société
qui les broient, alors ils voient là-dedans le
bien face au mal (les chômeurs, les parasites,
ceux qui refusent de faire comme eux). Pour les prolos
qui pensent comme ça, c'est malheureux, et pour
les plus radicaux, qu'ils crèvent d'un accident
du travail ! Il n'y a rien à retirer de bien
à toute cette merde.
Pour les saloperies du medef (avec ou sans cravate.
Hé ! Hé !), le fait que tout l'monde trouve
le travail comme étant un bienfait, leur vie
en dépend pour ainsi dire, évidemment
ils poursuivent le boulot de leurs aïeux et gardent
l'esprit du patronat intact, c'est dans leur logique
des choses. Ca m'inspire quoi ? Envie de vomir ?
ouais., ou de tuer.
Ecoutes-tu
autre chose que du punk/HC ?
Oui, pas mal de métal (Death, Trash, Black, Heavy
Mötorhead en premier lieu), du rock (Pixies, Pogues,
MC5), des vieux trucs pop (Blondie/Kim Wilde avant 84),
du jazz (Charlie Parker
), de la chanson française
(Renaud, Thieffaine
surtout avant 84) et pas mal
de vieuseries françaises complètement
rétro et un brin naze (Ouvrard, Georgius, Fréhel,
Bourvil, Jean Sablon, Jean Gabin
), mais tout ça
ce n'est que pour la musique ou la rigolade. C'sont
d'ailleurs des genres qu'on retrouve en plus ou moins
grande quantité en influences dans les styles
punkoïdaux.
Projets
Ca fait des années que j'ai en projet de monter
une distro
ce n'est jamais le moment financièrement
et je manque de place chez moi.
Dans l'ensemble je projette peu, l'avenir est trop incertain
Mot
de la fin, anecdote, message au monde entier...
La question que je redoutais
Pas des masses d'anecdotes si ce n'est celle de ceux
qui supposaient qu'on pouvait être payé
par une radio associative pour passer du grindpunk tchèque,
du punk lithuanien, du crust suédois, du hardcore
russe, du ska vénézuélien, de la
oi ! indonésienne, et bavasser contre le capitalisme.
C'est marrant (façon de parler)
Malgré tout beaucoup de punks ou proches ne se
rendent pas compte de l'investissement qu'engendre un
label, un zine, une distro, un groupe, une émission
quand tu veux faire une activité un minimum correcte
(pas en perpétuel stand by).
Renseignez-vous mes gins ! Ne critiquez pas sans connaître
! !
L'ignorance ça donne des situations carrément
glauques parfois :
Dernièrement j'entendais à concert un
type plus ou moins anarchopunk (ou déclaré
comme tel) dire à un gars d'un label qui tenait
son stand de distro, qu'un disque lui revenait à
2 balles à la sortie d'usine ! ! ! ! ! ! Comme
si un label (associatif de surcroît ! !) punkrock
pouvait avoir les mêmes coûts de revient
qu'les majors qui pratiquent des pressages de plusieurs
milliers pour ne pas dire millions d'exemplaires ! !
! Incroyable, hein ? ! (Note de Yanic : t'inquiètes
pas j'ai vu pire : le groupe qui vient tenir le même
raisonnement à son label, et l'accusant donc
de s'en mettre plein les poches sur leur dos ! mais
ça bien sûr ils ne vont pas le dire en
face pour que le label puisse montrer les relevés
de compte, non non, il l'apprend après par personne
interposée, c'est plus sympa !)
Le gars reprochait au tenancier du stand de ne pas faire
comme lui : revendre sans la moindre "marge".
Sauf que cet idiot ne fait pas de label et ne produit
pas plusieurs disques par an ! ! C'est un mélange
d'ignorance et de mesquinerie, comme si celui qui arrivait
à faire quelque chose d'à peu près
correct était
je sais pas
forcément
à traiter comme un nanti. Qu'on rejette le secteur
professionnel, je comprends, mais dans l'associatif
tout ça est à rapprocher de cette habitude
consistant à tirer à vue sur des pôv'
mecs qui essaient de faire bien les choses pendant que
les langues de vipères trop contents de ne rien
foutre (comme ça nulle raison qu'ils soient critiqués,
vu qu'ils branlent rien du tout) et parfois jouent les
profiteurs (rentrons à l'il à un
concert, histoire que les organisateurs perdent encore
un peu plus de fric et qu'on puisse se bourrer la gueule
au bar toute la soirée), restent bien vues du
p'tit milieu
entre autres (mais je vais pas m'éterniser)
bref, c'est agaçant. J'sais pas si c'est typiquement
français, probablement pas, mais c'est une maladie
qui sévit de manière endémique
ici, je trouve.
Voilà, le mot de la fin fut donc plutôt
un coup de gueule.
Merci Yanic pour ton intérêt, je le répète
c'est vraiment rare que quelqu'un s'intéresse
à une émission de radio (mais tu triches
: t'en fais une aussi ! ! ! Hé ! Hé !).
Dynamite est l'un des meilleurs mini-zines (j'me souviens
que tu tenais cette appellation) à m'n'avis !
Pour tout contact on a l'adresse Kaliméro / bp
21 / 59007 Lille cedex, mais elle est sur la sellette
en ce moment, donc si aucune réponse ne parvient,
on peut nous contacter à la radio (en attendant
notre changement d'adresse) : émission ELV/ USTL1/
59656 Villeneuve d'Ascq cedex, ou par imel : plus77rien@yahoo.fr
ou plusrien@no-log.org
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Et
maintenant, que vais-je lire ?
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