DYNAMITE N°22
Interview Plus Rien


Plus Rien est un petit zine qui fait mon bonheur depuis uqelques années déja. Déja, j’y découvre pas mal de groupes hardcore/crust et ensuite le ton des chroniques est tout à fait inimitable, deux bonnes raisons d’accorder une certaine place à P-A, en le remerciant au passage pour l’illustration qui figure en ces pages.

Présentation de tes activités
J'anime depuis 1997, une émission de radio hebdomadaire (le dimanche de 18h30 à 20h) de punk/hardcore/crust/oi !/javamusette/ska, mêlé de baratins et de politique, qui se nomme : "Ecrasons La Vermine" sur Radio Campus Lille (106,6 FM à proximité de la métropole lilloise). J'ai pris en cours de route cette émission qui avait déjà 10ans d'âge et dont j'ai fini par reprendre complètement (ou presque) le flambeau en 1999.
L'émission avait déjà une feuille d'info, mais j'avais envie de faire un complément papier à mon activité d'animateur, donc j'ai fait "Plus Rien". Les premiers temps c'était une simple feuille A4 d'infos, et maintenant c'est un mini-fanzine format A5, et entre temps, en 99, c'est devenu le relais papier officiel de l'émission. Toujours gratuit, comme la radio.

Qu'est-ce qui t'as poussé à créer Plus Rien ?
Comme je l'écrivais au-dessus, c'est venu suite à mes interventions dans "ELV", j'arrivais petit à petit à parler à l'antenne de ce que j'avais envie de parler et je passais les disques que j'aimais ou que je trouvais intéressant dans la démarche, mais il manquait quelque chose… la possibilité de faire des chroniques longues, de raconter des conneries peu radiophoniques (on en fait déjà assez dans l' émission)… et puis aucun fanzine ne faisait exactement ce que j'avais envie de lire, donc comme on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même...
Il faut dire aussi qu'à l'époque j'avais de folles envies de communication… ce côté là m'a passé…
Le fanzine possède un autre avantage, il peut toucher des gens qui ne peuvent pas capter Radio Campus Lille, et n'ont pas internet (puisque la radio s'écoute sur www.campuslille.com). Bref, c'est complémentaire.

Et pourquoi ce nom ?
Je recherchais un nom pas trop long, relativement accrocheur, et par dessus tout qui me corresponde à 100%, donc le plus pessimiste possible… les Cadavres chantaient "Demain Plus Rien", Léo Ferré "Il n'y a plus rien"… y'a les Buzzcocks qui chantaient "Nothing Left" aussi… donc c'est le genre d'expression qui trotte dans la tête… ça m'est v'nu comme ça, et puis surtout je ne voulais pas d'un nom anglosaxon…

Le format reste toujours calé autour de 12 pages A5 bien tassées, tu n'as pas eu envie de faire un plus gros zine, avec toute la place nécessaire pour y caler les disgressions dont tu es coutumier ?
Ooooh si !! Mais c'est impossible pour plusieurs raisons : le concept de "Plus Rien" est d'être gratuit, donc ça coûte cher et je ne reviens pas dans mes frais. Je ne veux pas revenir là-dessus parce que je préfère l'idée que le zine peut s'échanger, se déposer chez un disquaire, un infoshop, une fanzinothèque, se passer de la main à la main dans les concerts ou ailleurs, sans le moindre rapport marchand entre les individus. Donc si le fanzine s'épaississait il sortirait dans des délais encore plus important, le temps de faire des économies !!
Ce format n'est pas non plus trop lourd et donc ça se glisse entre 2 vinyles, dans une commande sans trop faire péter les tarifs de la Poste, donc je l'envois en gros paquet aux distros qui veulent bien le diffuser (merci à elles au passage). Et puis trop de conneries tue les conneries, si je me lance dans zine épais, je pourrais pas me contrôler, si j'exagère ça m'f'ra chier autant que ça f'ra chier le/la lecteur/trice.

Le ton des chroniques est assez jubilatoire (de plus en plus au fil des n°, d'ailleurs), pour parler de groupes aussi peu festifs que Driller Killer, Wolfbrigade ou Tragedy. C'est une façon de compenser ?
Ah non, non, je prends un vrai panard à l'écoute des trucs bien agressif, hargneux, haineux et sombre. Je jubile vraiment… l'image (même sonore…) qu'ils véhiculent est vraiment excellente (je sais ce n'est souvent qu'une image)… et correspond la plupart du temps à ce dont j'ai besoin, alors je tripe, je m'amuse… quand j'écoute ces groupes là, l'inspiration est souvent là, je suis même obligé de faire des coupes dans le texte pour ne pas faire trop long. Je ne pense pas que ce soit pour compenser leur côté peu festif, mais plutôt pour compenser celui d'une chronique plate ; si j'aime je le montre, et plus le fanzine me ressemble plus je me lâche. Mais j'suis plus sérieux/chiant quand j'écoute de la oi ! je crois, ça me touche moins.

Généralement, les zines anarcho-punk utilisent un A cerclé et 2 ou 3 logos qui font bien et une mise en page à partir de bouts de papiers déchirés, et rajoutent quelques tracts de la FA ou No Pasaran, parce que sinon, il n'y aurait aucune différence avec un zine punk classique ; chez toi, rien de tout ça (et même que tu te débrouilles toi-même pour écrire des articles intéressants et pas vraiment courants), j'espère que tu as une bonne explication…
J'en ai même plusieurs : la première est très égocentrique, ça ne me ressemble pas ! J'aime le bordel, je suis bordélique, mais c'est pas à ça que je veux que mon zine ressemble. Ensuite beaucoup de fanzine deviennent vite illisibles (d'autres sont vraiment très beaux et bien foutus, je ne généralise pas). PlusRien a eu plusieurs numéros de la sorte, mais ça prenait beaucoup de temps, beaucoup de place (alors pour condenser, c'est pas évident).
Je ne mets pas de tracts et tout ça parce que la plupart me font chier et ne m'intéressent pas ou peu (dans le cadre d'un zine). Je préfère les articles et les discours moins "directs". Le tract est fait pour être distribuer rapidos en manif, en concert, le zine sert à autre chose. Résumer une pensée à un slogan de type publicitaire c'est bien quand t'as des autocollants et que t'en fous sur les publicités commerciales ou des affiches sur les collages fachos car ça doit être vu et compris rapidement par une population pas forcément habituée à ce type de pensée et/ou pour marquer le coup, mais dans un zine punk… c'est une perte de place considérable ! C'est une "image" à peu de frais. Un texte de réflexion est plus intéressant et a le mérite de présenter les choses selon le point de vue du rédacteur, c'est bien plus personnel. C'est plus goûtu et ça prête davantage à la critique, qu'un slogan. Un fanzine peut s'adresser à autre chose qu'à des abrutis (attention, ne nous méprenons pas, je ne traite pas les lectures de "zines à slogans" d'abrutis ! Ah ! Ah !) … notre Radio (Campus, j'le répète) avait un jingle dans le temps qui disait : " Radio Campus, la radio qui ne prend pas les cons pour ses auditeurs !", ça résume une partie de ce que je pense quand à ce qu'il faut mettre dans une lecture. (tu noteras le paradoxe consistant à décrier les slogans et à en utiliser un pour expliquer le fait de ne pas en utiliser… c'est fort, hein ? ! Hein ? ! Nan ? !… pis en plus ça fait bien prétentieux et un poil arrogant… j'renoue avec 77… bon c'est pas drôle, j'arrête). Et puis on peut un minimum développer les choses sans être élitiste alors pourquoi se priver ? Enfin… c'est ma façon de voir le truc…

Chaque n° de Plus Rien accorde un peu de places aux vidéos, et pas toujours d'approche libertaire ou même engagée, pourquoi ce choix ?
Oui, quoiqu'un peu moins dans le tout dernier, que tu n'as encore reçu à ce jour ; j'ai essayé de me tempérer. Des vidéos ou des films engagés qu'on trouve facilement c'est moins courant que des disques (ou alors je n'ai pas encore trouver où m'adresser), donc les films que je regarde sont majoritairement des bouses commerciales ou qui aimeraient l'être (Ah ! Ah !), mais là encore je trouve un vrai plaisir à jouer les critiques cinéma bidon, je trouve ça amusant de plancher un peu sur toute sorte de films/vidéos, parce qu'on travaille relativement peu l'image animée dans le punk. Il y a assez peu de clips, assez peu de vidéos dignes de ce nom (faute de moyens la plupart du temps… et puis j'ai l'impression que ça ne fait que peu partie du truc). Comme je suis un public insatiable, que j'ai un goût assez large, qu'j'essaie d'être curieux, je pourrais en regarder énormément si j'avais le temps… je préférerais ne regarder/chroniquer que des films indépendants et intéressants, mais j'n'en trouve pas des masses (ou alors si gonflants que j's'rais bien incapable de me les mater jusqu'au bout), je fais donc un peu toute sorte… mais à l'avenir je vais essayer de me contrôler et n'y mettre que ce qui me paraît un peu plus valable… ou carrément lamentable genre films d'horreur. Ca me f'ra gagner de la place pour le reste.

Parlons un peu radio. N'as-tu pas l'impression qu'une émission est un peu le support sous-estimé de l'underground punk ?
Ouais assez. C'est pourtant l'un des supports les plus pratiques : t'as un poste pas cher et t'écoutes gratuitement des tonnes de titres… l'un des meilleurs relais, rapide, tu peux y faire pas mal de "promos" pour quelque chose d'anticommercial sans problème si t'es sur une bonne station. Bref, c'est vraiment idéal. Tout le monde peut écouter, tu peux faire passer énormément d'infos…
Mais je n'sais pas pourquoi beaucoup de monde s'en branle… même quand ils écoutent, pas mal de punks se posent pas trop de questions là-dessus… j'en connaissais même qui pensaient qu'j'étais payé pour faire ça ou en tout cas ils se posaient la question (la seule, probablement) !! C'est peut-être le côté peu courant et en même temps abstrait du phénomène, j'en sais rien. Mais, ceux qui ont un peu de bouteille et s'engagent sur du long terme l'estiment probablement davantage. Il semble aussi qu'il y ait pas mal d'animateurs qui ne se mettent pas en avant, sont assez discrets, et font leur émission sans trop en parler (et je crois qu' t'es l'un des rares zines à vouloir en interviewer un). Perso, j'aime être "planqué "derrière mon micro, je ne pourrais pas prendre la parole sur une scène. C'est pas plus mal non plus que les choses soient ainsi dans un sens, le principal étant que ça existe.

Personnellement, une émission de radio me semble 10 fois plus utile pour le punk-rock qu'un certain nombre de zines. Quelle est ton opinion la-dessus ?
On est d'accord là-dessus, pour les raisons en partie évoquées dans la précédente question : la radio peut toucher quelques centaines/milliers (si jamais il existe autant de gens concernés) de personnes très rapidement, très facilement et surtout gratuitement ! Pour moi c'était capital quand j'étais sans trop de contacts dans la scène punk/hardcore ! Beaucoup plus que tous les fanzines réunis ! ! La radio (en l'occurrence l'émission qu'aujourd'hui j'anime ! !) me fournissait des dates et lieux de concerts/manifs à proximité (pas à petaouchnoc comme les zines parfois) et les dates n'étaient pas déjà passées depuis 1mois quand je recevais l'info ! ! Quoi de mieux que d'entendre le son d'un disque pour se faire une idée d'un album ? ? Réponse : rien. Et surtout pas une chronique écrite qui enchaîne les énumérations de style / de groupes références dont personne n'a la même définition / que tout le monde ne connaît pas ! ! Là, t'écoute, t'aimes ou t'aimes pas. T'es fixé ! Si tu ne sais pas où trouver le disque tu passes un coup de fil pendant l'émission et les gars/nanas derrière le micro deviennent les gars/nanas derrière le combiné téléphonique et te répondent ! Le tour est joué !
Après, évidemment, c'est à ceux qui font l'émission de faire un boulot convenable pour passer toute sorte et diffuser des infos, parler de politique… parfois aborder des thèmes différents permet aussi de sensibiliser sur certains sujets pas forcément bien traités par le punk et dans les fanzines, de coller à une certaine "actualité", d'avoir un côté politique à une scène qui cherche souvent à s'en débarrasser pour se beaufiser ; il faut le faire histoire d'emmerder l'auditeur/trice entre 2 boulettes punk-rock ! En plus ça permet d'être détesté par les plus niaiseux, c'est bien.
Oui la radio est très utile. Après il y a des émissions qui le sont moins…….
Mais les médias alternatifs et indépendants de ce genre sont extrêmement importants de toute manière.

Tu disais une fois que tu bougeais moins qu'avant aux concerts de ton coin. J'imagine que ce n'est pas uniquement pour des raisons purement musicales, donc qu'est-ce qui t'arrive ? Est-ce à cause de "l'ennui mortifère des concerts", les comportements des uns et des autres ? Autre, à préciser…
D'abord, je deviens, je crois, agoraphobe… et c'est embêtant pour se retrouver dans des endroits bourrés de gens… c'est une lutte intestine quand je décide d'aller à un concert.
Ensuite, j'aime pas puer la clope ; je n'aime pas les ambiances lourdes avec des connards qui emmerdent les nanas en utilisant comme excuse leur ivrognerie (c'est bizarre, aucun de mes amis (pas mes copains, je dis bien), même bourrés ne sont jamais des fumiers, parfois un peu idiots, bavards, mais jamais salauds, ni sexistes ! !) ; j'aime pas croiser des p'tites ordures aussi vicieuses que mon voisin CRS, mais qui derrière leurs apparats et leurs sourires cachent à peine leur médiocrité et parfois même leurs idées nauséabondes (quand ils en ont); quand t'as décidé de pas boire (pour rentrer vivant ou simplement parce que t'as pas envie), tu te rends compte de la véritable ambiance de certains concerts… du besoin qu'on certains de boire parce qu'ils vont très mal, mais ils se donnent un air… ils tentent d'oublier le temps d'un concert à quel point leur vie est minable et à quel point ils sont seuls (il te reste combien de "potes" quand t'arrêtes d'aller toutes les semaines au concert et/ou que t'arrêtes de picoler ? ?) ; je déteste ressentir et voir ça, c'est extrêmement désagréable. Voir des types qui confondent camaraderie et connivence de bitures… quand tu parles aux mecs et aux nanas lorsqu'ils sont eux-mêmes, à jeûn, des fois t'as de sales surprises ou alors ils sont pareils et c'est triste aussi ! ! J'aime rire de tout, mais pas avec tout le monde… mais tant qu'on ne connaît pas vraiment les personnes… donc les concerts peuvent se révéler parfois (pas systématiquement, fort heureusement), bien pénibles !
Passer une soirée à me demander si ce mec là joue la comédie pour être comme ça, et ce qu'il cache, ça me bouffe. Et puis les ¾ du temps tu ne peux pas discuter, véritablement échanger avec les gens que tu apprécies, c'est faux ça… ou alors assez peu : t'es obligé de faire court parce que y'a la fête, la musique qui gueule, des glumeux qui peuvent te vomir dessus (bon, là, j'exagère un peu)… t'as pas de grandes discussions pendant un gig. Ca ne me dérange pas de me sentir seul ("l'ennui mortifère" je ne le ressens de toute manière pas que dans certains concerts), mais j'aime pas trop payer une place pour ressentir ça, c'est glauque. Sinon, en général je me sens mieux dans des concerts dans des squatts, parce que le côté politique affirmé du lieu compense parfois les "délires" peu sympathiques de certains…
Alors, si en plus de tout ça, le groupe est décevant ! ! ! !……

Qu'est-ce qui te fait continuer le zine, si ce n'est plus la communication (cf ci-dessus) ? Et qu'est-ce qui te ferait arrêter ?
Ben ce n'est plus la communication directe, les courriers, tout ça… mais la communication plus indirecte : l'envie de diffuser une information, et quelques conneries, mais ce n'est plus de créer un contact avec les individus mais plutôt avec leurs activités. Tu me suis ? Parfois des types/nanas font des choses intéressantes, mais ne sont pas des gens sympas… alors communiquer avec eux, c'est chiatique (je connais assez de cons comme ça), j'm'en tiens donc à ce qu'ils font. Je ne cherche pas d'amis et je ne me lie pas facilement non plus, donc difficile de faire ça pour le contact.
Ce qui me ferait arrêter ?… Je n'en sais trop rien, probablement trop de galères… quoique si elles ne durent pas, ça ne serait qu'une pause. Aujourd'hui je dirais : rien. Mais qui sait de quoi demain s'ra fait ?

A ton avis, qu'est-ce qui manque le plus en France dans la scène punk ?
Plus que tout : de punks. Mais des punks motivés, hein ! ? Pas des trouducs qui viennent, se bourrent la gueule, se cassent en vomissant partout… des gens qui soutiennent, prêts à s'associer pour ouvrir une salle ou un squatt, à faire des choses qui s'inscriront dans la durée, et sans arrière-pensée. Pas des guignols qui tireront les draps pour eux ou balanceront des trucs dans les pattes des autres si les choses fonctionnent… pas des types/nanas qui louvoient et traînent dans tous les milieux tant que la bière les unis. Comme il y a peu de moyens en France et que le Français moyen est peu curieux, il faut des gens vraiment rock'n roll pour faire des trucs intéressants… c'est pas trop le cas, même chez les punks le même complexe de supériorité est visible : chacun ses groupes, son clan, on creuse pas trop profond pour trouver des perles rares, on se contente de suivre en croyant être dans le vrai. Il faut surtout des gens motivés et un minimum… "généreux" on va dire. Des individu(e)s sur qui compter en toute occasion, qui assurent jusqu'au bout et qui ne viennent pas te filer un coup de mains pour rentrer gratis au concert tu peux les compter sur tes mains… quand ce n'est pas sur une seule.

Lu dans un ancien n° de Wee Wee : "le hardcore, c'est pour les bourgeois frustrés qui rêvent d'une vie plus agitée", que t'inspire cette cynique sentence (aisément déclinable aux différents styles punk/HC, etc...) ?
Ben, c'est carrément marrant…
C'est vrai que dans une certaine gamme de hardcore on rencontre pas mal de p'tits blancs bien proprets… on a un peu l'impression que le public des 2be3 a vieilli…
Chaque style à ses ados qui ne débarquent que pour 1 ou 2 ans et raccrochent quand il faut passer le concours et/ou quand ils arrivent à s'insérer pour de bon dans la société. C'est la crise d'adolescence un peu tardive, y'en a pour qui c'est le rap… ça dépend d'où tu viens, si t'as eu des frères/sœurs et ce qu'ils écoutaient eux-même…
Quand aux bourgeois qui viendraient s'encanailler… c'est plutôt des petits bourgeois, des classes moyennes, pas de vrais bourges qui f'ront l'ENA ou HEC. Eux ne traînent que dans leur milieu, il n'y a jamais de mélange.
Des p'tits trouducs qui ont du fric et seront rangés dans quelques mois/années ça se voit surtout et beaucoup aux concerts de gros groupes quand même, les festivals à sponsors et toutes ses conneries pré (ou para)-professionnelles… pas des masses dans les minis concerts anarchocrust/DIY/no profit et tout le tremblement (on n'est déjà pas nombreux…).
Les gamins se font des frayeurs avec de la musique violente comme ça à 30ans ils pourront baver sur une jeunesse, leurs souvenirs, pour oublier leur vie de merde. Ils tuent leur ennui et leur futur ennui. Ils pourront en plus se persuader qu'ils connaissent bien "tous ces milieux" parce qu'ils en ont fait partie (jusqu'à quel point ? me diras-tu… oui, mais on n'est pas dupe, mais eux ça les rassure de se croire supérieurs) ; ils pourront utiliser cet argument pour nous juger et aller voter UMP le cœur léger…
Mais, chez les prolos il y a aussi des gamins qui s'la pètent rebelle, tout en étant de vrai p'tits salauds… ou le deviendront.
Après ben évidemment que toute la/les scènes hardcore ne ressemble pas à ce que décrit le gars, mais c'est plutôt fendard qu'il y ait des gens pour balancer des trucs comme ça… c'est d'la bonne provoc'.

Lu dernièrement sur une affiche de la CNT, le slogan "Travaillons tous, moins et autrement", et personnellement, le "travaillons tous" d'un syndicat qui se voudrait révolutionnaire, ça me fait un peu peur, pas toi ? Le travail et sa grorification (aussi bien par les skins Ben Shermanisés que par le MEDEF cravaté), ça t'inspire quoi ?
Oui, ça fait partie des raisons qui m'ont fait arrêter de prendre ma carte de cénétiste (j'l'ai eu 2 ans quand même). La sensation d'être toujours défini selon ton travail ou ton absence de travail. C'est toujours un peu flippant. P't'êt'e parce qu'on a des mentalités de p'tits bourges ? ? … Ah ! Ah ! Ah ! Les VRAIS prolétaires ne se posent pas ce genre de question ! ! ! Ah ! Ah ! Face au patronat, mon p'tit gars, on fait corps et on se bat ! ! ! Ah ! Ah ! Ah !
C'est normal de la part d'un syndicat de parler de travail, c'est un regroupement de travailleurs (avec des chômeurs maintenant) qui défendent leur droit. Le souci est de préserver et d'acquérir des droits face aux dominants, ça passe systématiquement par les relations de travail. Ils focalisent, c'est normal.
Travailler 5 heures par semaine dans une branche que t'aime, sans être salarié, sans patron, et en pouvant vivre plus que correctement, c'est quand même un sacré idéal ! ! (surtout en comparant avec les autres pseudo-syndicats)
Après ouais, j'sais pas ce qu'ils f'raient de ceux qui ne voudraient rien branler du tout… ça s'rait un sacré problème, on rigolerait bien ! Mais on n'y est pas, on en est même très loin… et on rigole pas des masses.
Pour schématiser, le travail en tant que valeur a été imposé par la bourgeoisie pour qu'on travaille pour leur pogne, dans leurs usines, selon leurs règles et leurs horaires en trouvant ça sympa de les enrichir. Par la suite et pour calmer les ardeurs des dominés on a octroyé quelques " acquis sociaux " pour faire perdurer le système et pas pour les beaux yeux des prolétaires. Ceux qui glorifient le travail sont des moutons qui ont intériorisé le fait d'être dominés et/ou qui ne sont plus au turbin et/ou tirent leur épingle du jeu. Je n'sais pas, c'est peut-être une valeur-refuge comme disent les psy, un peu comme d'autres sont cagos ou musus… ils flippent face à une société qui les broient, alors ils voient là-dedans le bien face au mal (les chômeurs, les parasites, ceux qui refusent de faire comme eux). Pour les prolos qui pensent comme ça, c'est malheureux, et pour les plus radicaux, qu'ils crèvent d'un accident du travail ! Il n'y a rien à retirer de bien à toute cette merde.
Pour les saloperies du medef (avec ou sans cravate. Hé ! Hé !), le fait que tout l'monde trouve le travail comme étant un bienfait, leur vie en dépend pour ainsi dire, évidemment… ils poursuivent le boulot de leurs aïeux et gardent l'esprit du patronat intact, c'est dans leur logique des choses. Ca m'inspire quoi ? Envie de vomir ?… ouais., ou de tuer.

Ecoutes-tu autre chose que du punk/HC ?
Oui, pas mal de métal (Death, Trash, Black, Heavy… Mötorhead en premier lieu), du rock (Pixies, Pogues, MC5), des vieux trucs pop (Blondie/Kim Wilde avant 84), du jazz (Charlie Parker…), de la chanson française (Renaud, Thieffaine… surtout avant 84) et pas mal de vieuseries françaises complètement rétro et un brin naze (Ouvrard, Georgius, Fréhel, Bourvil, Jean Sablon, Jean Gabin…), mais tout ça ce n'est que pour la musique ou la rigolade. C'sont d'ailleurs des genres qu'on retrouve en plus ou moins grande quantité en influences dans les styles punkoïdaux.

Projets
Ca fait des années que j'ai en projet de monter une distro… ce n'est jamais le moment financièrement et je manque de place chez moi.
Dans l'ensemble je projette peu, l'avenir est trop incertain……

Mot de la fin, anecdote, message au monde entier...
La question que je redoutais…
Pas des masses d'anecdotes si ce n'est celle de ceux qui supposaient qu'on pouvait être payé par une radio associative pour passer du grindpunk tchèque, du punk lithuanien, du crust suédois, du hardcore russe, du ska vénézuélien, de la oi ! indonésienne, et bavasser contre le capitalisme. C'est marrant (façon de parler)…
Malgré tout beaucoup de punks ou proches ne se rendent pas compte de l'investissement qu'engendre un label, un zine, une distro, un groupe, une émission… quand tu veux faire une activité un minimum correcte (pas en perpétuel stand by).
Renseignez-vous mes gins ! Ne critiquez pas sans connaître ! !
L'ignorance ça donne des situations carrément glauques parfois :
Dernièrement j'entendais à concert un type plus ou moins anarchopunk (ou déclaré comme tel) dire à un gars d'un label qui tenait son stand de distro, qu'un disque lui revenait à 2 balles à la sortie d'usine ! ! ! ! ! ! Comme si un label (associatif de surcroît ! !) punkrock pouvait avoir les mêmes coûts de revient qu'les majors qui pratiquent des pressages de plusieurs milliers pour ne pas dire millions d'exemplaires ! ! ! Incroyable, hein ? ! (Note de Yanic : t'inquiètes pas j'ai vu pire : le groupe qui vient tenir le même raisonnement à son label, et l'accusant donc de s'en mettre plein les poches sur leur dos ! mais ça bien sûr ils ne vont pas le dire en face pour que le label puisse montrer les relevés de compte, non non, il l'apprend après par personne interposée, c'est plus sympa !)
Le gars reprochait au tenancier du stand de ne pas faire comme lui : revendre sans la moindre "marge". Sauf que cet idiot ne fait pas de label et ne produit pas plusieurs disques par an ! ! C'est un mélange d'ignorance et de mesquinerie, comme si celui qui arrivait à faire quelque chose d'à peu près correct était… je sais pas… forcément à traiter comme un nanti. Qu'on rejette le secteur professionnel, je comprends, mais dans l'associatif… tout ça est à rapprocher de cette habitude consistant à tirer à vue sur des pôv' mecs qui essaient de faire bien les choses pendant que les langues de vipères trop contents de ne rien foutre (comme ça nulle raison qu'ils soient critiqués, vu qu'ils branlent rien du tout) et parfois jouent les profiteurs (rentrons à l'œil à un concert, histoire que les organisateurs perdent encore un peu plus de fric et qu'on puisse se bourrer la gueule au bar toute la soirée), restent bien vues du p'tit milieu… entre autres (mais je vais pas m'éterniser)… bref, c'est agaçant. J'sais pas si c'est typiquement français, probablement pas, mais c'est une maladie qui sévit de manière endémique ici, je trouve.
Voilà, le mot de la fin fut donc plutôt un coup de gueule.
Merci Yanic pour ton intérêt, je le répète c'est vraiment rare que quelqu'un s'intéresse à une émission de radio (mais tu triches : t'en fais une aussi ! ! ! Hé ! Hé !).
Dynamite est l'un des meilleurs mini-zines (j'me souviens que tu tenais cette appellation) à m'n'avis !
Pour tout contact on a l'adresse Kaliméro / bp 21 / 59007 Lille cedex, mais elle est sur la sellette en ce moment, donc si aucune réponse ne parvient, on peut nous contacter à la radio (en attendant notre changement d'adresse) : émission ELV/ USTL1/ 59656 Villeneuve d'Ascq cedex, ou par imel : plus77rien@yahoo.fr ou plusrien@no-log.org

Et maintenant, que vais-je lire ?
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