BAVARDAGES n° 5 / FULL OF
SHIT n° 4 - 64p A5 - prix libre -
Avec ce gros pave de lecture proposé par deux zines
stéphanois, je me suis vraiment régalé.
Coté Bavardages, c'est un zine assez perso, qui
ne reste pas du tout bloqué sur le schéma
classique interviews + chroniques. C'est beaucoup plus
personnel, rempli d'infos, de questionnements, de dessins,
et d'une aspiration profonde à la vraie communication.
Sans tout reprendre par la menu, on y retrouve entre autres
un compte-rendu de séjour en Allemagne et Belgique
(occasion bien sûr de moult concerts et festivals),
et un autre sur un séjour en Irlande (occasion
d'évoquer quelques actions militantes, et une remise
en perspective du conflit catholiques/protestants qui
n'est justement pas vraiment
un conflit de religion), un article sur le génocide
rwandais (avec explication de l'histoire coloniale du
pays depuis les années 30, indispensable pour comprendre
la situation). S'ajoutent à cela une interview
d'Ecowar, un article sur les risques liés aux tampons
et serviettes industrielles, des chroniques, plus moult
autres petits points. Parfois joyeux, parfois très
sombre, mais en tout cas terriblement humain et attachant.
Pas très humain par contre, le crane de squelette
qui orne la partie Full of Shit. Au sommaire, on retrouve
une interview de Sharon Stoned (HxC malaisien) qui n'a
pas été traduite. Je trouve ça un
peu dommage, mais ça reste facile à lire
quand même. Les deux autres interviews sont celles
de CTB (anarcha-punk, Sainté), et l'asso La Source
Furieuse, avec entre autres Trash du défunt zine
Trashzone, qui évoque plein de choses passionnantes,
notamment sur l'esprit de son asso (organisation de concerts)
et sur l'évolution de la scène. Dommage
que sur la fin, il s'emballe tout seul, fait son chaud
prêt à en découdre physiquement (devant
un stade de foot bien sûr
), mais n'est même
pas capable d'assumer ses propos ne serait-ce que par
mail interposé. D'autant plus gonflé qu'il
avoue lui-même 10 lignes au-dessus être sujet
aux erreurs d'interprétation dans son zine (comme
n'importe qui, évidemment) ! Enfin, pas si grave,
laissons les supporters de foot batifoler dans leur fange
avec leur jolies banderoles à défendre et
la mentalité qui va avec. La suite est consacrée
à un gros scene-report de la tournée Retch
/ Twist sur les pays de l'Est, puis moult chroniques HC/crust.
Et en petit dans l'avant dernière page, on apprend
que le rédacteur arrête, dommage j'aimais
beaucoup le ton général, et visuellement,
c'est vraiment super esthétique. Elsa Chevrier,
8 rue Etienne Boisson, 42000 St-Etienne./ Guillöm
Bougerol, 41 rue de la Jamayère, 42100 Saint-Etienne.
EARQUAKE
n° 86 - 28 p A5 - 3 timbres pc - Less Kro, Attack
Book
Chaque nouveau n° de Earquake est l'occasion d'un
très agréable moment de lecture. Le contenu
est d'autant
plus tassé que l'auteur a plein de choses à
dire, la lecture attentive des petites phrases qui égrènent
les nombreuses chroniques (plus de la moitié
du zine) ne laisse aucun doute à ce sujet, même
si vous n'avez encore jamais eu l'occasion de lire aucune
des interviews que Fred a régulièrement
l'occasion de donner à des fanzines. Personnellement,
je suis un fan absolu de ces chroniques de zines, sur
lesquelles je me jette invariablement en premier. D'ailleurs,
au vu de l'édito de Fred, certaines personnes
n'apprécient pas qu'un rédacteur de fanzine
ose écrire ce qu'il pense (et pourtant Earquake
reste assez subtil en ce domaine), et laisseraient entendre
quelques menaçantes représailles. Arf,
ces individus (et les entités qu'ils représentent),
on devrait en faire une black-list ; maintenant que
la paix sociale est totalement de mise dans le punk,
je rêve du retour d'un zine de la trempe du Early-Raleur.
Du coté des interviews, le rédacteur ouvre
ses pages à Less Kro (bonne interview), et plus
atypique, à Attack Book, petite maison d'édition
anglaise dont le ton cynique et provocateur du responsable
est des plus rafraîchissants : "nous nous
proposons de transformer en stars les idiots anémiques
qui végètent dans le monde du fanzine
ou sur Internet" ; Assez dit pour cette fois, ce
zine est incontournable. Frédéric LECA,
55 rue St-Jean, 88300 Neufchateau.
HUMAN
DISASTER n° 5 - 32p A5 - Prix libre - Lean On Me,
Bad nasty, Rude Boy Unity.
Ce nouveau n° est à mon avis le meilleur
paru, et quand chaque n° est meilleur que le precedent,
ça augure bien de la suite (si suite il y a,
ce qui ne semble pas 100% garanti). Les trois inteviews
sont bien menées et amènent de bonnes
réponses des intervenants. A commencer par Bad
Nasty où quand on leur
demande des anecdotes de concerts, on est pas déçu
de la réponse, la plus savoureuse étant
quand même celle-ci : "le chanteur de Order
complètement bourré se fait kidnapper
par une bande de punks pouilleux, obligé de parlementer
au téléphone gràce à un
chauffeur de taxi interprète, ancien punk".
Il est clair que partir en tournée avec son groupe
punk, c'est pas bon pour le cur, et ça
doit faire baisser l'espérance de vie ! Le reste
de l'interview est très plaisant également,
Fredz est affable, a pas mal d'expérience et
beaucoup de points de comparaison par rapport aux scènes
étrangères. Et pour info, Bad nasty a
splitté depuis, et s'est reformé après
quelques changements de formation sous le nom de D-React.
Le reste des interviews est constitué de Lean
On Me (intéressant) et Steph-Rude Boy Unity qui
explique pas mal de choses sur le fonctionnement de
l'Usine et sur la scène suisse. Et entre les
interviews, moult chroniques de zines, toujours très
longues et fouillées (un vrai p'tit douanier
dans son genre !). Pour les disques, c'est à
peu près la même formule, toujours bien
long, présentant en détail un bon paquet
de disques, essentiellement street-punk, décochant
quelques boutades et incisives sorties au fil des pages.
Et visuellement, ça gagne en qualité également,
sans parler de la dernière page qui est artistiquement
terrible. MOREY Philippe, 29 rue des Ormes, 38070 St-Quentin
Fallavier.
NO GOVERNMENT n° 49 - 24p
A4 - 3 € pc - Final Blast, Haine Brigade, biographies
4ème volet du zine consacré à la
scène punk française des années
80, montrant bien que la scène punk de cette
époque, ce n'est pas uniquement les groupes affiliés
"chaos en France", beaucoup d'autres ont suivi
un mouvement anarcho-punk plus hardcore, plus ceci ou
plus cela, ou tout simplement en tant qu'indépendants
qui faisaient leur truc sans trop regarder ce que faisaient
leurs voisins. Au sommaire, une quainzaine de biographies
très plaisants à lire (Distrurb, Drei
Oklok, Gangrene, Scraprs, Raff, etc) auquels d'ajoutent
quelques interviews récentes de vieux groupes
parmi lesquels Final Blast et Haine Brigade. Au final
un chouette travail d'histoire punk, dont un nouveau
volet est déjà visiblement en préparation.
NO GOVERNMENT n° 50 - 24p
A4 - 3 € pc - Washington Dead Cats, Attentat Sonore,
Skud and panic People, Dirty Punk, Julien Terzics.
Pour ce n° 50, vous espériez quelque chose
de spécial ? Et bien, vous en serez pour vos
frais, car tout ce que ce n° a de spécial,
c'est un contenu particulièrement chargé
et complet, c'est vraiment un chouette boulot, subtilement
illustré d'éléments graphiques.
Commençons par le plus atypique, à savoir
l'interview de Julien Terzics, actuel batteur de la
Brigada et ancien Red Warrior (à l'époque
les cyber-warriors n'existaient pas, et les redskins
n'avaient pas encore remplacés la barre à
mine par la barre d'espace pour terroriser les fafs),
et c'est essentiellement au titre de cette activité
passée qu'il est interrogé,
expliquant le fonctionnement de leur guérilla
antifaf (même si on aurait pu attendre encore
plus de souvenirs mouvementés évoqués).
Le bon coté, c'est qu'on ne trouve pas de généralisation
abusive sur le point de vue red-mytho actuellement à
la mode comme quoi tous les fafs se planquent dès
que les reds sont là. C'est sûrement vrai
dans certaines villes (et tant mieux !), mais ce n'est
pas le cas partout, est très dangereux de nier
ce fait. Le reste de l'interview est consacré
à Cuba où il a vécu un moment et
à la Brigada. L'interview d'Attentat Sonore est
très bien aussi, voire salutaire sur certains
aspects, montrant que dans la scène, tout le
monde ne s'est pas ralliée à l'étendard
engagé à la mode. Dans un style radicalement
différent s'ensuivent Washington Dead Cats, puis
Dirty Punk qui expliquent le fonctionnement d'un label
punk qui a choisi d'en vivre via une possibilité
d'emploi-jeune, et ça démystifie forcément
les avis que certains pourraient en avoir. On clot le
tout avec une petite interview sympa de The Briefs.
Par contre, l'interview de Skud and panic People est
presque sans intérêt, ça détonne
à coté du reste. On retrouve bien sûr
également les habituelles chroniques, dont beaucoup
de fanzines. Avec une qualité comme ça,
on en espère encore 50 autres ! Adrenaline Records,
BP 2176, 51081 Reims Cedex.
POURVU
XA DURE #6 - 12p A5 - 3 timbres - No Reason Voices
J'aime bien recevoir un nouveau n° de Pourvu Xa
Dure, mais pourtant je suis à chaque fois un
peu déçu. Déjà l'interview
de No Reason Voices n'est pas des plus mémorables,
les réponses auraient pu être plus développées
et la réponse "tout à fait d'accord
avec toi" à une intelligente question, ça
me laisse toujours un peu amer, les questions sont le
support pour voir ce que le groupe a à dire,
pas à savoir s'il pense comme le rédacteur
! Cortex (le rédacteur susnommé) s'attaque
ensuite à l'art difficile du scene-report, et
ne s'en sort pas encore trop mal. Quoique, parler de
son propre groupe (brièvement quand même)
en se plaçant d'un point de vue extérieur,
c'est assez surprenant. Au fait, le "Blue Banana,
lieu incontournable de la Cité des Gones",
c'est une blague ou un propos empreint de cynisme, j'espère
? Le zine se termine par quelques pages de chroniques,
dont le temps constamment enthousiaste ne me convient
qu'à moitié (et encore, je suis large
!), car il y a là-dedans quelques albums qui
me méritent pas tant d'éloges. Tiens,
ça c'est quelque chose qui ne me manquera pas
du tout quand j'aurais arrêté le zine :
devoir exprimer sa déception devant un zine chroniqué,
par honnêteté intellectuelle (je sais,
ça c'est pas mal perdu dans la scène punk
actuelle !), tout en ayant de la sympathie pour le rédacteur,
dommage que ce soit aussi dur à faire comprendre
!
Pourvu Xa Dure, 483 bis route de Frans, 69400 Villefranche
s/ Saone.
ROTTEN
EGGS SMELL TERRIBLE #11 - 38p A4 - Dirty Punk, Cider
Breakfast, Solitude Urbaine, Hey you, Thierry Tuborg,
Fred Earquake - prix libre
ROTTEN EGGS SMELL TERRIBLE #12 - 38p A4 - Paris Violence,
Ya Basta, Kangourou, Karok, Fogzine, Worst, etc
- prix libre
Un acharné, le mec ! Un n° boosté
à l'amour (la sur de Virginie est une star
!) et paf, il interroge plein d'activistes qui causent
de leurs petits bizness. Et les chroniques, hein, z'avez
vu les chroniques ? Le nombre
et la façon de les rédiger, pas courant,
hein ? Rien n'arrête le gonze du Larzac, pied
au plancher sur le Massey Fergusson ! Tiens, le v'là
qui vient décharger son nouveau n° ! Ceux
qui sont d'dans ? Ben, Ya Basta qui sont plaisant à
lire, Kangourou zine qui parle de son zine et de l'histoire
punk clermontoise (le rédacteur n'est pas le
perdreau de l'année), Les Janitors bloqués
au stade pré-ado qui parle que de cul (ça
me permet de me dispenser de chroniquer leur EP, bonnard),
Paris Violence qui parle beaucoup, Marc de Worst qui
parle beaucoup également (avec parfois un ton
distant qui peut surprendre quand on ne connaît
pas du tout le gars), Youn Karok qui parle du fonctionnement
de son label (et qui prend sa canette pour la longue-vue
d'un navigateur au long cours sous prétexte qu'il
est breton !), plus plein d'autres, enfin, tu verras,
y' sont un car entier ; OK, dis-leur de s'asseoir en
m'attendant, faut encore que j'indique quelques infos
rébarbatives au camarade lecteur : Mundodrama,
BP 17, 12450 La Primaube. (j'ai essayé de faire
la chronique dans le style du rédacteur de Rotten
Eggs, mais ce n'est pas concluant !).
UNE
VIE POUR RIEN n° 6 - 68p A4 - Janitors, last Resort,
Hard Times, Analogs, Runnin' riot, Dropkick Murphys,
Esclaves Salariés, Bérurier Noir.
Zine de référence dans la scène
oi et street-punk, Une Vie Pour Rien garantit à
chaque fois un gros volume de lecture passionnante.
Les interviews sont vraiment longues, abordant longuement
les textes des groupes, en cherchant toujours à
creuser les propos. Le meilleur exemple étant
celle de Hard Times, il y avais longtemps que je n'avais
pas lu une interview de groupe aussi intéressante.
Quoique celle des Dropkick est chouette, c'est même
plus une discussion qu'une interview, c'est très
fluide et passionnant, le rédacteur est très
bon pour ça. Le seul point qui crée un
blanc dans la discussion, c'est quand Ben évoque
la politique extérieure américaine, le
batteur bafouille un peu et préfère parler
d'autre chose. L'interview des Béru est bien
aussi, mais quand on en a trop lu, ça deviens
lassant. Il y a également un 45T qui accompagne
le zine, avec un morceau de 4 groupes interviewés
dans ce n° : hard Times, The Analogs, Esclaves Salariés,
The Janitors. Malheureusement, je suis incapable de
retrouver où cette tranche de vinyl a bien pu
se glisser ! En tout cas, c'est une bonne initiative.
Juste dommage que les couvertures de ce zine incontournables
ne soient jamais trop jolies, mais au vu de la richesse
du contenu, ça devient totalement accessoire.
Une Vie Pour Rien, BP 80138, 75623 Paris Cedex 03.
VENDETTA
N°9 - 60p A5 - 3€ pc - Urban Blight, Ftus
Party, Apatride -
Ce n°, vu qu'il date de juillet 2004, je vais en
écourter rudement la chronique, d'autant plus
que je vois le bas de la dernière page approcher
dangereusement.! Au niveau des interviews, le rédacteur
s'attarde sur des gens qui ont toujours plein de choses
à dire, ça facilite le travail ! D'ailleurs,
je me suis toujours demandé comment le gars d'Urban
Blight trouvait du temps pour faire des chansons avec
toutes les interviews ultra-poussées auxquelles
il a eu à répondre ! Les questions sont
toujours nombreuses, et sont souvent orientées,
mais ça a le mérite de ne pas être
consensuel (ex : "ne trouves tu pas que dans les
zines "politisés" ou anarkopunks il
y a y un singulier manque de critique politique dans
les chroniques ? Et que la réflexion politique
se résume souvent a du slogan ?")
Enfin, sur les interviews, z'avez qu'à le lire.
Par contre, sur les chroniques, ça m'a gavé.
On dirait que le principe de ce n° est de balancer
le maximum de vacheries sur le RASH. Dans une certaine
mesure, je suis assez d'accord, et heureusement qu'il
y a des zines comme ça pour casser la fantasmagorie
dans laquelle une partie de ces gens-là se trouvent
(ça me permet de relâcher moi-même
un peu la pression dans ces pages, cool !), mais là,
c'est vraiment trop, c'est de l'acharnement systématique
provoqué à partir de n'importe quel détail,
et l'effet obtenu est totalement contraire aux buts
visiblement recherchés par le rédacteur.
Mais sur le reste, c'est hyper pointu, instructif, essayez
de le choper si ce n'est pas déjà fait
pour voir un peu mieux de quoi je cause. Vendetta, 9
rue des Champs-Elysées, 31000 Toulouse.
Faute
de place, j'ai du faire sauter plusieurs anciennes chroniques,
ce n'est donc pas cette fois que je vous parlerais en
détail de :
* Barricata n° 12
(juin 04), avec un gros dossier Palestine, beaucoup
d'infos politiques, culturelles, etc. Et surtout le
ton marque la fin d'une époque, les rédacteurs
critiquant un certain nombre de fois les attitudes mythos
qui caractérisent cette scène RASH, et
l'édito critique rappelle qu'un cyber-redskin
qui se contente de lever le poings lors des concerts
red (NDY : c'est à dire indiénablement
l'affiche suivante : Brigada / Ya Basta / Brixton Cats
/ Stage Bottle / Los Fastidios) n'est qu'un consommateur.
Ouvrage politique et culturel indispensable, donc, par
contre musicalement, ça ne s'améliore
pas, à voir les malheureuses questions posées
à Inner Terrestrials, ça ne pouvait pas
donner de bonnes réponses ! Enfin, la zique,
c'est tout de façon pas le plus important dans
ce zine à comparer du reste, qui représente
un super boulot . BARRICATA, c/o CRASH Disques, 21 ter,
rue Voltaire, 75011 Paris
* BRA n° 5 (mai
04), redzine bordelais bien complet, avec une longue
interview de Bolchoi, énormément d'infos,
juste une BD complètement mytho (les reds lancent
régulièrement des cocktails molotiv en
manifs, explosent des fafs tous les week-end et "sont
fiers des origines prolétaires de leur mouvement"
(sauf qu'ils sont généralement tous en
fac d'histoire !). Le n° 6 est sorti depuis. Phaco
Rds (BRA), BP 89, 33037 Bordeaux Cedex.
* We're gonna fight n°7
(sept 04), gros zine International Political Vegan SxE,
en anglais facile à lire (dixit). N° spécial
Amérique du Sud + interview de Monokoke zine.
WGF est également une distro de groupes exotiques.
W.G.F, 8 crs Gambetta , 69007 LYON.
| Et
maintenant, que vais-je lire ? |
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