DYNAMITE N°22
Chroniques zines

BAVARDAGES n° 5 / FULL OF SHIT n° 4 - 64p A5 - prix libre -
Avec ce gros pave de lecture proposé par deux zines stéphanois, je me suis vraiment régalé. Coté Bavardages, c'est un zine assez perso, qui ne reste pas du tout bloqué sur le schéma classique interviews + chroniques. C'est beaucoup plus personnel, rempli d'infos, de questionnements, de dessins, et d'une aspiration profonde à la vraie communication. Sans tout reprendre par la menu, on y retrouve entre autres un compte-rendu de séjour en Allemagne et Belgique (occasion bien sûr de moult concerts et festivals), et un autre sur un séjour en Irlande (occasion d'évoquer quelques actions militantes, et une remise en perspective du conflit catholiques/protestants qui n'est justement pas vraiment un conflit de religion), un article sur le génocide rwandais (avec explication de l'histoire coloniale du pays depuis les années 30, indispensable pour comprendre la situation). S'ajoutent à cela une interview d'Ecowar, un article sur les risques liés aux tampons et serviettes industrielles, des chroniques, plus moult autres petits points. Parfois joyeux, parfois très sombre, mais en tout cas terriblement humain et attachant. Pas très humain par contre, le crane de squelette qui orne la partie Full of Shit. Au sommaire, on retrouve une interview de Sharon Stoned (HxC malaisien) qui n'a pas été traduite. Je trouve ça un peu dommage, mais ça reste facile à lire quand même. Les deux autres interviews sont celles de CTB (anarcha-punk, Sainté), et l'asso La Source Furieuse, avec entre autres Trash du défunt zine Trashzone, qui évoque plein de choses passionnantes, notamment sur l'esprit de son asso (organisation de concerts) et sur l'évolution de la scène. Dommage que sur la fin, il s'emballe tout seul, fait son chaud prêt à en découdre physiquement (devant un stade de foot bien sûr…), mais n'est même pas capable d'assumer ses propos ne serait-ce que par mail interposé. D'autant plus gonflé qu'il avoue lui-même 10 lignes au-dessus être sujet aux erreurs d'interprétation dans son zine (comme n'importe qui, évidemment) ! Enfin, pas si grave, laissons les supporters de foot batifoler dans leur fange avec leur jolies banderoles à défendre et la mentalité qui va avec. La suite est consacrée à un gros scene-report de la tournée Retch / Twist sur les pays de l'Est, puis moult chroniques HC/crust. Et en petit dans l'avant dernière page, on apprend que le rédacteur arrête, dommage j'aimais beaucoup le ton général, et visuellement, c'est vraiment super esthétique. Elsa Chevrier, 8 rue Etienne Boisson, 42000 St-Etienne./ Guillöm Bougerol, 41 rue de la Jamayère, 42100 Saint-Etienne.

EARQUAKE n° 86 - 28 p A5 - 3 timbres pc - Less Kro, Attack Book
Chaque nouveau n° de Earquake est l'occasion d'un très agréable moment de lecture. Le contenu est d'autant plus tassé que l'auteur a plein de choses à dire, la lecture attentive des petites phrases qui égrènent les nombreuses chroniques (plus de la moitié du zine) ne laisse aucun doute à ce sujet, même si vous n'avez encore jamais eu l'occasion de lire aucune des interviews que Fred a régulièrement l'occasion de donner à des fanzines. Personnellement, je suis un fan absolu de ces chroniques de zines, sur lesquelles je me jette invariablement en premier. D'ailleurs, au vu de l'édito de Fred, certaines personnes n'apprécient pas qu'un rédacteur de fanzine ose écrire ce qu'il pense (et pourtant Earquake reste assez subtil en ce domaine), et laisseraient entendre quelques menaçantes représailles. Arf, ces individus (et les entités qu'ils représentent), on devrait en faire une black-list ; maintenant que la paix sociale est totalement de mise dans le punk, je rêve du retour d'un zine de la trempe du Early-Raleur. Du coté des interviews, le rédacteur ouvre ses pages à Less Kro (bonne interview), et plus atypique, à Attack Book, petite maison d'édition anglaise dont le ton cynique et provocateur du responsable est des plus rafraîchissants : "nous nous proposons de transformer en stars les idiots anémiques qui végètent dans le monde du fanzine ou sur Internet" ; Assez dit pour cette fois, ce zine est incontournable. Frédéric LECA, 55 rue St-Jean, 88300 Neufchateau.

HUMAN DISASTER n° 5 - 32p A5 - Prix libre - Lean On Me, Bad nasty, Rude Boy Unity.
Ce nouveau n° est à mon avis le meilleur paru, et quand chaque n° est meilleur que le precedent, ça augure bien de la suite (si suite il y a, ce qui ne semble pas 100% garanti). Les trois inteviews sont bien menées et amènent de bonnes réponses des intervenants. A commencer par Bad Nasty où quand on leur demande des anecdotes de concerts, on est pas déçu de la réponse, la plus savoureuse étant quand même celle-ci : "le chanteur de Order complètement bourré se fait kidnapper par une bande de punks pouilleux, obligé de parlementer au téléphone gràce à un chauffeur de taxi interprète, ancien punk". Il est clair que partir en tournée avec son groupe punk, c'est pas bon pour le cœur, et ça doit faire baisser l'espérance de vie ! Le reste de l'interview est très plaisant également, Fredz est affable, a pas mal d'expérience et beaucoup de points de comparaison par rapport aux scènes étrangères. Et pour info, Bad nasty a splitté depuis, et s'est reformé après quelques changements de formation sous le nom de D-React. Le reste des interviews est constitué de Lean On Me (intéressant) et Steph-Rude Boy Unity qui explique pas mal de choses sur le fonctionnement de l'Usine et sur la scène suisse. Et entre les interviews, moult chroniques de zines, toujours très longues et fouillées (un vrai p'tit douanier dans son genre !). Pour les disques, c'est à peu près la même formule, toujours bien long, présentant en détail un bon paquet de disques, essentiellement street-punk, décochant quelques boutades et incisives sorties au fil des pages. Et visuellement, ça gagne en qualité également, sans parler de la dernière page qui est artistiquement terrible. MOREY Philippe, 29 rue des Ormes, 38070 St-Quentin Fallavier.


NO GOVERNMENT n° 49 - 24p A4 - 3 € pc - Final Blast, Haine Brigade, biographies…
4ème volet du zine consacré à la scène punk française des années 80, montrant bien que la scène punk de cette époque, ce n'est pas uniquement les groupes affiliés "chaos en France", beaucoup d'autres ont suivi un mouvement anarcho-punk plus hardcore, plus ceci ou plus cela, ou tout simplement en tant qu'indépendants qui faisaient leur truc sans trop regarder ce que faisaient leurs voisins. Au sommaire, une quainzaine de biographies très plaisants à lire (Distrurb, Drei Oklok, Gangrene, Scraprs, Raff, etc) auquels d'ajoutent quelques interviews récentes de vieux groupes parmi lesquels Final Blast et Haine Brigade. Au final un chouette travail d'histoire punk, dont un nouveau volet est déjà visiblement en préparation.
NO GOVERNMENT n° 50 - 24p A4 - 3 € pc - Washington Dead Cats, Attentat Sonore, Skud and panic People, Dirty Punk, Julien Terzics.
Pour ce n° 50, vous espériez quelque chose de spécial ? Et bien, vous en serez pour vos frais, car tout ce que ce n° a de spécial, c'est un contenu particulièrement chargé et complet, c'est vraiment un chouette boulot, subtilement illustré d'éléments graphiques. Commençons par le plus atypique, à savoir l'interview de Julien Terzics, actuel batteur de la Brigada et ancien Red Warrior (à l'époque les cyber-warriors n'existaient pas, et les redskins n'avaient pas encore remplacés la barre à mine par la barre d'espace pour terroriser les fafs), et c'est essentiellement au titre de cette activité passée qu'il est interrogé, expliquant le fonctionnement de leur guérilla antifaf (même si on aurait pu attendre encore plus de souvenirs mouvementés évoqués). Le bon coté, c'est qu'on ne trouve pas de généralisation abusive sur le point de vue red-mytho actuellement à la mode comme quoi tous les fafs se planquent dès que les reds sont là. C'est sûrement vrai dans certaines villes (et tant mieux !), mais ce n'est pas le cas partout, est très dangereux de nier ce fait. Le reste de l'interview est consacré à Cuba où il a vécu un moment et à la Brigada. L'interview d'Attentat Sonore est très bien aussi, voire salutaire sur certains aspects, montrant que dans la scène, tout le monde ne s'est pas ralliée à l'étendard engagé à la mode. Dans un style radicalement différent s'ensuivent Washington Dead Cats, puis Dirty Punk qui expliquent le fonctionnement d'un label punk qui a choisi d'en vivre via une possibilité d'emploi-jeune, et ça démystifie forcément les avis que certains pourraient en avoir. On clot le tout avec une petite interview sympa de The Briefs. Par contre, l'interview de Skud and panic People est presque sans intérêt, ça détonne à coté du reste. On retrouve bien sûr également les habituelles chroniques, dont beaucoup de fanzines. Avec une qualité comme ça, on en espère encore 50 autres ! Adrenaline Records, BP 2176, 51081 Reims Cedex.

POURVU XA DURE #6 - 12p A5 - 3 timbres - No Reason Voices
J'aime bien recevoir un nouveau n° de Pourvu Xa Dure, mais pourtant je suis à chaque fois un peu déçu. Déjà l'interview de No Reason Voices n'est pas des plus mémorables, les réponses auraient pu être plus développées et la réponse "tout à fait d'accord avec toi" à une intelligente question, ça me laisse toujours un peu amer, les questions sont le support pour voir ce que le groupe a à dire, pas à savoir s'il pense comme le rédacteur ! Cortex (le rédacteur susnommé) s'attaque ensuite à l'art difficile du scene-report, et ne s'en sort pas encore trop mal. Quoique, parler de son propre groupe (brièvement quand même) en se plaçant d'un point de vue extérieur, c'est assez surprenant. Au fait, le "Blue Banana, lieu incontournable de la Cité des Gones", c'est une blague ou un propos empreint de cynisme, j'espère ? Le zine se termine par quelques pages de chroniques, dont le temps constamment enthousiaste ne me convient qu'à moitié (et encore, je suis large !), car il y a là-dedans quelques albums qui me méritent pas tant d'éloges. Tiens, ça c'est quelque chose qui ne me manquera pas du tout quand j'aurais arrêté le zine : devoir exprimer sa déception devant un zine chroniqué, par honnêteté intellectuelle (je sais, ça c'est pas mal perdu dans la scène punk actuelle !), tout en ayant de la sympathie pour le rédacteur, dommage que ce soit aussi dur à faire comprendre !
Pourvu Xa Dure, 483 bis route de Frans, 69400 Villefranche s/ Saone.

ROTTEN EGGS SMELL TERRIBLE #11 - 38p A4 - Dirty Punk, Cider Breakfast, Solitude Urbaine, Hey you, Thierry Tuborg, Fred Earquake - prix libre
ROTTEN EGGS SMELL TERRIBLE #12 - 38p A4 - Paris Violence, Ya Basta, Kangourou, Karok, Fogzine, Worst, etc… - prix libre

Un acharné, le mec ! Un n° boosté à l'amour (la sœur de Virginie est une star !) et paf, il interroge plein d'activistes qui causent de leurs petits bizness. Et les chroniques, hein, z'avez vu les chroniques ? Le nombre et la façon de les rédiger, pas courant, hein ? Rien n'arrête le gonze du Larzac, pied au plancher sur le Massey Fergusson ! Tiens, le v'là qui vient décharger son nouveau n° ! Ceux qui sont d'dans ? Ben, Ya Basta qui sont plaisant à lire, Kangourou zine qui parle de son zine et de l'histoire punk clermontoise (le rédacteur n'est pas le perdreau de l'année), Les Janitors bloqués au stade pré-ado qui parle que de cul (ça me permet de me dispenser de chroniquer leur EP, bonnard), Paris Violence qui parle beaucoup, Marc de Worst qui parle beaucoup également (avec parfois un ton distant qui peut surprendre quand on ne connaît pas du tout le gars), Youn Karok qui parle du fonctionnement de son label (et qui prend sa canette pour la longue-vue d'un navigateur au long cours sous prétexte qu'il est breton !), plus plein d'autres, enfin, tu verras, y' sont un car entier ; OK, dis-leur de s'asseoir en m'attendant, faut encore que j'indique quelques infos rébarbatives au camarade lecteur : Mundodrama, BP 17, 12450 La Primaube. (j'ai essayé de faire la chronique dans le style du rédacteur de Rotten Eggs, mais ce n'est pas concluant !).

UNE VIE POUR RIEN n° 6 - 68p A4 - Janitors, last Resort, Hard Times, Analogs, Runnin' riot, Dropkick Murphys, Esclaves Salariés, Bérurier Noir.
Zine de référence dans la scène oi et street-punk, Une Vie Pour Rien garantit à chaque fois un gros volume de lecture passionnante. Les interviews sont vraiment longues, abordant longuement les textes des groupes, en cherchant toujours à creuser les propos. Le meilleur exemple étant celle de Hard Times, il y avais longtemps que je n'avais pas lu une interview de groupe aussi intéressante. Quoique celle des Dropkick est chouette, c'est même plus une discussion qu'une interview, c'est très fluide et passionnant, le rédacteur est très bon pour ça. Le seul point qui crée un blanc dans la discussion, c'est quand Ben évoque la politique extérieure américaine, le batteur bafouille un peu et préfère parler d'autre chose. L'interview des Béru est bien aussi, mais quand on en a trop lu, ça deviens lassant. Il y a également un 45T qui accompagne le zine, avec un morceau de 4 groupes interviewés dans ce n° : hard Times, The Analogs, Esclaves Salariés, The Janitors. Malheureusement, je suis incapable de retrouver où cette tranche de vinyl a bien pu se glisser ! En tout cas, c'est une bonne initiative. Juste dommage que les couvertures de ce zine incontournables ne soient jamais trop jolies, mais au vu de la richesse du contenu, ça devient totalement accessoire.
Une Vie Pour Rien, BP 80138, 75623 Paris Cedex 03.

VENDETTA N°9 - 60p A5 - 3€ pc - Urban Blight, Fœtus Party, Apatride -
Ce n°, vu qu'il date de juillet 2004, je vais en écourter rudement la chronique, d'autant plus que je vois le bas de la dernière page approcher dangereusement.! Au niveau des interviews, le rédacteur s'attarde sur des gens qui ont toujours plein de choses à dire, ça facilite le travail ! D'ailleurs, je me suis toujours demandé comment le gars d'Urban Blight trouvait du temps pour faire des chansons avec toutes les interviews ultra-poussées auxquelles il a eu à répondre ! Les questions sont toujours nombreuses, et sont souvent orientées, mais ça a le mérite de ne pas être consensuel (ex : "ne trouves tu pas que dans les zines "politisés" ou anarkopunks il y a y un singulier manque de critique politique dans les chroniques ? Et que la réflexion politique se résume souvent a du slogan ?")
Enfin, sur les interviews, z'avez qu'à le lire. Par contre, sur les chroniques, ça m'a gavé. On dirait que le principe de ce n° est de balancer le maximum de vacheries sur le RASH. Dans une certaine mesure, je suis assez d'accord, et heureusement qu'il y a des zines comme ça pour casser la fantasmagorie dans laquelle une partie de ces gens-là se trouvent (ça me permet de relâcher moi-même un peu la pression dans ces pages, cool !), mais là, c'est vraiment trop, c'est de l'acharnement systématique provoqué à partir de n'importe quel détail, et l'effet obtenu est totalement contraire aux buts visiblement recherchés par le rédacteur. Mais sur le reste, c'est hyper pointu, instructif, essayez de le choper si ce n'est pas déjà fait pour voir un peu mieux de quoi je cause. Vendetta, 9 rue des Champs-Elysées, 31000 Toulouse.

Faute de place, j'ai du faire sauter plusieurs anciennes chroniques, ce n'est donc pas cette fois que je vous parlerais en détail de :
* Barricata n° 12 (juin 04), avec un gros dossier Palestine, beaucoup d'infos politiques, culturelles, etc. Et surtout le ton marque la fin d'une époque, les rédacteurs critiquant un certain nombre de fois les attitudes mythos qui caractérisent cette scène RASH, et l'édito critique rappelle qu'un cyber-redskin qui se contente de lever le poings lors des concerts red (NDY : c'est à dire indiénablement l'affiche suivante : Brigada / Ya Basta / Brixton Cats / Stage Bottle / Los Fastidios) n'est qu'un consommateur. Ouvrage politique et culturel indispensable, donc, par contre musicalement, ça ne s'améliore pas, à voir les malheureuses questions posées à Inner Terrestrials, ça ne pouvait pas donner de bonnes réponses ! Enfin, la zique, c'est tout de façon pas le plus important dans ce zine à comparer du reste, qui représente un super boulot . BARRICATA, c/o CRASH Disques, 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris
* BRA n° 5 (mai 04), redzine bordelais bien complet, avec une longue interview de Bolchoi, énormément d'infos, juste une BD complètement mytho (les reds lancent régulièrement des cocktails molotiv en manifs, explosent des fafs tous les week-end et "sont fiers des origines prolétaires de leur mouvement" (sauf qu'ils sont généralement tous en fac d'histoire !). Le n° 6 est sorti depuis. Phaco Rds (BRA), BP 89, 33037 Bordeaux Cedex.
* We're gonna fight n°7 (sept 04), gros zine International Political Vegan SxE, en anglais facile à lire (dixit). N° spécial Amérique du Sud + interview de Monokoke zine. WGF est également une distro de groupes exotiques. W.G.F, 8 crs Gambetta , 69007 LYON.


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